MANUEL OPÉRATOIRE DE LA RASIOTRIPSIE
6® temps. Articulation de la seconde branche (fig. 555).
Elle ne présente en général aucune diCficulté, d’autant mieux que rien n’empêche de mobiliser la tête et de faire tourner le perforateur, de manière
Fig. 5S2. — Deuxième temps de la basiotripsie.
La branche gauche G du basiotribe est placée sur la tête fœtale et articulée avec le perforateur P. Le petit broiement va s'exécuter eu rapprochant avec la main les manches de la branche gauche et du perforateur.
Fig. 553. — Sixième temps de la basioti’ipsie.
Le petit broiement est effectué, le perforateur P et ta branche gauche G étant presque au contact. La branche droite D est articulée avec la branche gauche; la vis est mise en place pour opérer le grand broiement, qui s’exécute en faisant tourner l'ailette A.
à mettre le pivot de la branche gauche au niveau de la mortaise de la branche droite.
7® temps. Grand broiement. — Lorsque les trois branches du hasiotrihe sont appliquées sur la tête fœtale, il s’agit de broyer la partie de la tête comprise entre la face interne de la .cuiller droite et le perforateur. On se sert pour cela de la vis dont l’extrémité perforée embrasse le piton qui se trouve à l’extrémité du manche de la branche gauche, puis on rabat la vis horizontalement de façon que le volant A vienne s’appliquer contre l’extrémité de la branche droite. A l’aide du pouce et de l’index, on fait
MANÜEL OPÉRATOIRE DE LA BASIOTRIPSIE.
manœuvrer le volant de manière à rapprocher l’extrémité de la branche droite du perforateur; ces mouvements imprimés au petit volant doivent être lents, avec des temps d’arrêt, de manière que les os s écrasent peu à peu, et que la tête se vide. Il s’écoule bientôt le long de l’instrument d abord du sang noir, puis de la substance cérébrale.
Une petite précaution à prendre au moment du broiement est de veiller à ce qu’un repli de la paroi vaginale postérieure ne se trouve pas pincé entre le manche et le perforateur ; aussi est-il nécessaire, en opérant le broiement avec lenteur, de passer de temps en temps le doigt entre la face inférieure de l’instrument et le vagin, pour s’assurer qu’il n’y a pas de pincement de la paroi vaginale.
Le broiement doit être pratiqué à fond (fig. 554), c’est-à-dire que l’écrou doit rapprocher autant que possible la branche droite du perforateur ; on ne s’arrête que lorsqu’on éprouve une trop grande résistance et qu’on craint de briser l’instrument.
8' temps. Extraction du foetus.
— Lorsque le broiement est effectué, les cuillers peuvent avoir gardé la position qu’elles occupaient au début du broiement, c’est-à-dire être orientées, par exemple, suivant le diamètre transverse du bassin, ou bien elles peuvent avoir dévié parce que la tête fœtale a subi un mouvement de rotation.
Le plus habituellement ies cuillers occupent à peu de chose près le diamètre du bassin suivant lequel elles ont été appliquées ; il est très important, avant d’exercer la moindre traction sur l’instrument, de se rendre bien compte de la situation qu’occupent les cuillers et la tête fœtale. Cette dernière, après broiement, est aplatie et présente ses grands diamètres perpendiculairement à l’instrument ; si les cuillers sont dans le diamètre transversal, les grands diamètres de la tête occuperont le diamètre antéro-postérieur. C’est ce qu’on observe habituellement : au fur et à mesure que s’opère le broiement, on voit se dessiner sous la région hypogastrique une saillie très marquée qui s’accentue à mesure que la tête s’aplatit.
Il va de soi que, si l’on tirait directement sur la tête présentant ainsi ses grands diamètres au diamètre antéro-postérieur du détroit supérieur, on
Fig. 554. — Septième temps de la basiotripsie.
Le broiement est exécuté complètement; les trois branches de l’instrument sont presque au contact.
MANUEL OPERATOIRE DE LA BASIOTRIPSIE.
éprouverait les plus grandes difficultés à l’extraire; il faut, pour y parvenir, commencer par imprimer à l’instrument — et par suite à la tête fœtale — un mouvement de rotation qui mette le disque aplati formé par la tête en rapport avec le diamètre transverse. Ce mouvement de rotation s’accomplit souvent spontanément; une fois le broiement effectué, la tête tombe pour ainsi dire dans l’excavation, entraînée par le seul poids de l’instrument, sans que l’opérateur ait besoin d’exercer de traction sérieuse.
Si l’on éprouve quelques difficultés pour l’extraction du tronc, il ne faut
Fig. 563. — Télé broyée avec le basiotribe (vue de profil).
Une cuiller a été appliquée sur la région occipitale, l'autre sur la face.
Fig. 536. — Tête broyée avec le basiotribe (vue de face). La cuiller gauche qu’on ne voit pas a été appliquée sur la région mnsloidienne du côté droit; la cuiller droite est un peu à gauche de la suture sagittale.
pas trop tirer sur la tête ; mais employer la manœuvre de Ribemont-Dessaignes, c’est-à-dire aller à la recherche de l’épaule la plus accessible et dégager un bras, puis l’autre en les cassant au besoin. Les deux bras dégagés, l’extraction devient extrêmement aisée.
Si, à la suite d’un premier broiement, la' tête ne descend pas, il faut se garder de pratiquer des tractions énergiques; mieux vaut pratiquer un second broiement. « Pour cela, on désarticule les deux branches, que l’on retire successivement, mais on laisse en place le perforateur : puis on introduit la branche gauche directement à gauche, la branche droite directe-