LYMPHATIQUES DE L’UTERUS ET DU VAGIN
Nous avons vu que Mierzejewski les divisait en superficiels et profonds, il a, en outre, découvert dans cette couche des sortes de stomates qui paraissent établir une communication directe entre la cavité péritonéale et les lymphatiques de Tutérus.
Poirier décrit des lymphatiques de la couche sous-endothéliale du péritoine, très superficiels, qui forment par leurs anastomoses de très riches réseaux et qui s’abouchent avec des gros troncs sous-séreux. Il existe donc deux réseaux superposés : le réseau sous-séreux, composé par les gros troncs qui sortent de l’organe, et le réseau superficiel, formé par des capillaires extrêmement fins. Ce réseau superficiel, que Poirier appelle réseau du péritoine utérin, existe sur toute la partie de l’utérus qui est recouverte par le péritoine.
Les recherches de Wallich lui ont montré que :
1“ Sur V utérus non gravide le système lymphatique paraissait constitué par un certain nombre de réseaux très fins aboutissant à des troncs situés à des niveaux divers dans la couche sous-séreuse. En outre, il existe des ramifications lymphatiques extrêmement fines aboutissant à des espaces qui, dans d’autres organes, ont pu être considérés comme un système lacunaire originaire.
2“ Le système lymphatique sous-séreux étudié chez la femme sur un utérus gravide et sain, tout en présentant une augmentation dans le calibre des vaisseaux qui le constituent, ne semble pas atteindre en volume l’importance qu’on lui a attribuée
Ce système lymphatique paraît également constitué par des réseaux très fins (qui sont des capillaires largement anastomosés) et par des troncs lymphatiques dont les uns sont superficiels et les autres profonds.
Les lymphatiques du col utérin se réunissent en deux ou trois gros troncs lymphatiques qui accompagnent les vaisseaux utérins ; ils passent avec l’artère utérine en arrière de l’uretère, et suivent le bord inférieur du
couche musculaire de l’utérus , puis, en se réunissant, ils forment de gros troncs dans la couche sous-séreuse et se rendent dans les vaisseaux lymphatiques du ligament large.
En 1874, paraît un important mémoire de Léopold, qui, à l’aide d’injections bien faites, peut suivre les lymphatiques dans les dillérentes couches de l’utérus des animaux et de la femme et les examine histologiquement dans leurs formes et dans leurs rapports avec les vaisseaux sanguins.
En 1879, Mierzejewski décrit chez les animaux les vaisseaux lymphatiques sous-séreux de l’utérus et leur reconnaît deux réseaux, l’un profond, l’autre superficiel en anses.
Plus récemment, Poirier [Lymphatiques des organes génitaux de la femme. Progrès médical, 1889) a fait une étude d’ensemble des lymphatiques des organes génitaux de la femme; il donne une description détaillée, mais un peu schématique, des lymphatiques de l’utérus. Il s’est servi, dit Wallich, à qui nous empruntons cet historique, de « l’injection au mercure, et l’on sait que celle-ci ne permet que les constatations macroscopiques très importantes et très caractéristiques, quand il s’agit de gros troncs, mais elle ne permet pas d’étudier les fines ramifications et les capillaires lymphatiques dans l’intimité des tissus » .
Wallich [Recherches sur les vaisseaux lymphatiques sous-séreux de l'utérus gravide et non gravide. Thèse de Paris, 1891) a fait la critique historique des procédés employés pour l’élude des lymphatiques utérins et étudié macroscopiquement et microscopiquement les vaisseaux lymphatiques d’utérus non gravides et d’utérus (de femme) sains et gravides. Sa description porte surtout sur le système lymphatique sous-séreux : il fait remarquer avec raison que, « sauf pour ce qui regarde les gros troncs afférents d’un système lymphatique, on ne saurait que difficilement affirmer sans examen histologique si un vaisseau a les caractères d’un vaisseau lymphatique ou d’un vaisseau sanguin. »
MENSTRUATION
ligament large en occupant l’interstice des deux feuillets péritonéaux qui se relèvent à ce niveau pour former ce ligament. Ils se dirigent ensuite transversalement en dehors pour gagner la paroi latérale du bassin, puis un peu en haut et en arrière pour se jeter dans les deux ou trois ganglions lymphatiques situés dans l’angle de bifurcation de l’artère iliaque primitive.
Le ganglion sous-pubien, décrit par plusieurs auteurs, n’existe pas, non plus que celui vu par L. Championnière à l’union du corps et du col : ce qui existe à ce niveau, comme d’ailleurs l’a constaté cet auteur, c’est ui> plexus lymphatique au niveau duquel les vaisseaux se pelotonnent les uns^ sur les autres.
Quant aux lymphatiques du corps, ils se rendent, les plus nombreux, aux ganglions lombaires, quelques-uns à la partie interne du triangle de Scarpa en suivant le ligament rond.
Les lymphatiques du vagin proviennent d’un double réseau qui naît delà couche muqueuse et de la couche musculaire : les troncs afférents naissent aux deux extrémités du vagin, surtout à l’extrémité supérieure où ils s’accolent aux lymphatiques du col utérin pour se rendre aux ganglions latéro-pelviens. Quelques lymphatiques de la région vulvo-vaginale se rendent aux ganglions pelviens les plus inférieurs.
II. Morau (Soc. de Biologie, 15 déc. 1894) a observé que d’une manière normale et constante, les lymphatiques du tiers moyen du vagin donnaient naissance à deux troncs médians situés sur la paroi postérieure de ce conduit et se résolvant en un fin réseau sur la paroi antérieure du rectum. Ce réseau communique largement avec le réseau lymphatique de la musculature du rectum dans tous les points où ce dernier est en contact avec le vagin. Lorsqu’il y a des adhérences entre l’utérus et le rectum, le tissu même de l’adhérence étant presque uniquement formé de lymphatiques, la communication entre les deux organes est encore plus lai ge. Ces données anatomiques permettent de comprendre qu’une infection vagino-utérine puisse se propager au rectum par la voie des lymphatiques et inversement.