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TRAITEMENT DE LA PIILEGMATIA ALBA DOLENS

pied se trouve plus élevé que le genou et que la hanche. Le talon doit dépasser l’extrémité du coussin, de manière à ne subir aucune pression qui amènerait facilement une eschare à ce niveau. La femme est mise dans une gouttière de Bonnet ou mieux sur un lit mécanique qui permet de la soulever, sans danger, pour glisser sous elle le bassin et pour procéder aux soins des organes génitaux.

Gomme pansement, on peut se contenter d’appliquer sur tout le membre du laudanum et de le recouvrir avec de l’ouate. Pinard préconise depuis plusieurs années un pansement qui donne de bons résultats. Il consiste, le membre étant dans l’attitude que nous avons indiquée, à l’envelopper complètement de compresses imbibées de solution saturée de chlorhydrate d’ammoniaque et recouvertes de taffetas gommé. Sans déplacer le membre, on imbibe deux fois par vingt-quatre heures les compresses avec la solution indiquée. Au bout de cinq ou six jours, quelquefois plus, on voit apparaitre sur le membre des vésicules arrondies plus ou moins grandes, remplies de sérosité purulente.

Lorsque cette éruption de vésicules est bien accusée, on cesse les pansements humides, on saupoudre le membre avec de l’amidon et on l’enveloppe d’une épaisse couche d’ouate. Si l’autre membre est à son tour atteint, on institue le meme traitement.

Une question délicate dans la pratique est celle du lever des accouchées ayant eu une phlegmatia alba dolens. Deux écueils sont à éviter : l’un consiste dans le lever prématuré, avant que le ou les caillots soient résorbés ; les mouvements de la marche pourront favoriser une nouvelle poussée de phlébite ou causer un accident beaucoup plus grave, la migration d’une partie du caillot, qui peut être mortelle. C’est généralement vers le quarantième jour après la cessation des accidents fébriles qui ont débuté en même temps que la phlegmatia, qu’on peut permettre à la femme de se lever avec quelques précautions.

L’autre écueil consiste, par crainte de la terrible embolie, à maintenir la femme au lit pendant des semaines et des mois. C’est surtout dans ces conditions que surviennent des raideurs articulaires et des troubles trophiques plus ou moins accusés. Pinard et Lepage ont observé, en 1892. deux femmes dont l’une était alitée depuis plus de six mois après la cessation d’une phlegmatia double, dont l’autre était couchée sur un lit mécanique trois mois après une triple phlegmatia qui avait atteint les deux membres inférieurs et le membre supérieur droit. Ces femmes ont été rapidement guéi’ies par la mobilisation des articulations, par le massage des membres, par l’emploi de l’éleetricité et des bains.

Rappelons enfin que certaines formes de phlegmatia s’accompagnent de suppurations périphlébitiques qu’il faut ouvrir comme les abcès ordinaires.

Une précaution utile consiste à faire porter, pendant un certain temps, un bas élastique remontant jusqu’à la racine de la cuisse, chez les femmes qui ont eu une phlegmatia. C’est la meilleure manière d’empêcher les œdèmes consécutifs qui, assez souvent, s’accompagnent de douleurs intermittentes.

Si le bas à varices est mal supporté, on applique méthodiquement sur le

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