TRAITEMENT DE LA PLEGMATIA AI.BA DOLENS
et les veines caves. De plus l’intlamination s’est propagée des veines aux artères voisines, soit par contact, soit par la voie des capillaires.
Étiologie. — Si la nature infectieuse de la phlegmatia ne fait à l’heure actuelle aucun doute pour personne, il reste encore à préciser nombre des conditions étiologiques qui en favorisent le développement. 11 est certain que si le streptocoque est nécessaire pour produire la phlegmatia, il faut un terrain pi'éparé pour sa culture ; chez certaines femmes la phlegmatia survient presque sans symptômes fébriles préalables, tandis que d’autres femmes, présentant des formes variées de l’infection puerpérale, restent indemnes. Dans certaines familles, plusieurs femmes présentent, au contraire, cette complication qui survient malgré les précautions prises.
La fréquence de la phlegmatia a diminué dans des proportions considérables depuis quelques années, ce qui tient certainement aux perfectionnements de la méthode antiseptique.
Traitement. — Nous ne parlerons pas du traitement prophylactique, qui consiste dans les précautions antiseptiques à prendre avant, pendant et après l’accouchement. Il est cependant une précaution importante sur laquelle Pinard insiste avec raison, c’est de maintenir au lit plus longtemps que les autres femmes celles qui ont présenté des suites de couches pathologiques.
L’expérience n’a-t-elle pas montré depuis longtemps que la phlegmatia débute le jour même où la femme commence à se lever prématurément vers le seizième ou le dix-huitième jour? Il est possible que le séjour prolongé au lit enraye le développement de certaines phlegmatias imminentes.
Il est important, dit Vaquez', « à la suite d’un accouchement qui aura été suivi d’une élévation thermique, si faible soit-elle, d’examiner soigneusement et à de fréquentes reprises l’état de la circulation veineuse des membres, surtout des membres inférieurs. Faire le diagnostic au moment de la période préoblitérante de la phlébite, c’est éviter souvent au malade des dangers et, tout au moins, l’ennui du long séjour au lit qu’entraînera l’oblitération définitive de la veine. L’interrogatoire du malade, la palpation des régions choisies d’ordinaire par la phlébite, la recherche de l’œdème unilatéral même, s’il n’atteint que le pied ou le mollet, permettront fréquemment de xeconnaître une phlébite qui évolue encore sourdement. Dans ce cas alors l’immobilisation du membre légèrement élevé, l’emploi de faibles révulsifs, ou d’applications chaudes, pourront enrayer l’envahissement des veines par le processus phlébitique et prévenir leur oblitération, »
Lorsque cette complication existe, le traitement général consiste à donner des sels de quinine, des toniques (extrait de quinquina, etc.), et à soutenir le plus possible les forces de la malade. Si les douleurs des premiers jours sont vives, les injections hjqiodermiques de morphine sont indiquées.
Le traitement local consiste d’abord dans l’immobilisation du membre atteint; il doit être placé dans une attitude favorable à la diminution de l’œdème et au rétablissement de la circulation collatérale. La femme est couchée sur le dos, lemembreinférieur allongé sur un coussin de balle d’avoine, de telle façon qu’il repose sur lui par toute sa face postérieure, et que le
‘ Clinique médicale de la Charité. Paris, G. Masson, 1894.