COMPLICATIONS DU CÔTÉ DES SEINS
tivement à cotte lymphangite, on peut observer des phlegmons qui sont superficiels et produisent surtout des paramastites. Ces inflammations superficielles envahissent parfois les parties profondes. De plus les lymphatiques peuvent être atteints en même temps que les conduits galactophores.
Quant à la mastite puerpérale vraie, elle serait surtout due à l’inflammation des canaux galactophores (Lannelongue, Bouchacourt, Tripier, Duplay, etc.). C’est l’opinion qui avait été soutenue autrefois par Chassaignac, qui avait fait remarquer que dès le début de l’affection, en pressant sur la glande, on fait sourdre par le mamelon, c’est-à-dire par les conduits galactophores, du pus en même temps que du lait. Cet argument a été repris récemment par Budin, qui a proposé le nom de galactophoro-mastite pour indiquer à la fois la nature et la cause de cette complication. Delbet reproche à cette dénomination de laisser croire que « les lésions ont leur siège exclusif ou principal au niveau des conduits galactophores, tandis que c’est dans les parties profondes de la glande, dans les acini qu’elles atteignent leur maximum ».
Quoi qu’il en soit, la mastite puerpérale est dans la majorité des cas une inflammation canaliculaire. « Les micro-organismes, apportés soit par la bouche ou les yeux de l’enfant, soit par les mains de la mère, sont déposés sur le mamelon. S’ils y trouvent des crevasses, ils ont plus de chance de vivre et de se multiplier. De là ils pénètrent dans les canaux galactophores, et, plus ou moins favorisés par la stase laiteuse, ils remontent jusque dans les acini, où ils provoquent le maximum des lésions » (Delbet).
L’engorgement laiteux ne suffit point, en effet, pour produire l’inflammation de la glande. 11 faut qu’il y ait pénétration de micro-organismes, ainsi que l’ont montré les recherches bactériologiques de Bumm, d’Escherich, de Piaute, de Colin, d’Emma Meritt, qui ont trouvé des micro-organismes variés, tels que des streptocoques, des staphylocoques blancs et dorés; Bumm a constaté l’existence d’un microcoque semblable au gonocoque.
11 n’y a pas d’agent microbien spécial pour la mastite : presque tous les microbes pyogènes peuvent la produire. Chez les animaux il n’en est pas de même : Nocard a trouvé, dans la mammite contagieuse des vaches laitières et dans celle des brebis laitières, des micro-organismes particuliers dont il a démontré expérimentalement la virulence.
11 est un dernier point de la pathogénie des mastites puerpérales, c’est le transport, la localisation des micro-organismes pathogènes par le sang : il semble légitime d’admettre que dans certains cas exceptionnels, chez une femme ayant eu des phénomènes d’infection, les mici'obes pyogènes peuvent produire au niveau du sein une inflammation parenchymateuse, une véritable localisation. C’est probablement lorsque la mastite se développe ainsi par infection sanguine préalable qu’on observe des lésions étendues de la glande, une mastite presque totale.
Ces notions pathogéniques font ressortir à nouveau l’importance du traitement prophylactique : dans la presque totalité des cas, l’infection se fait au niveau du mamelon. En évitant l’apport des microbes pyogènes, on empêche presque à coup sûr des accidents inflammatoires de se produire.