DE LA CONTRACTION UTÉRINE
Les douleurs de l'accouchement reconnaissent différentes causes; c'est à tort que Mme Boivin a fait de la distension des bords de l'orifice utérin la cause presque exclusive des douleurs. Tarnier et Chantreuil invoquent avec raison la compression des nerfs situés clans la paroi utérine par le fait de la contraction, puis la pression exercée sur les organes pelviens par la partie fœtale engagée dans l'excavation. Enfin, il est certain que dans la dernière période du travail, la surdistension du vagin, de l'anus, du périnée, de la vulve, cause des douleurs vives qui viennent s'ajouter à celles de la contraction utérine.
Quant à la douleur liée à cette contraction, Beau a cherché à établir qu'elle n'était pas localisée dans l'utérus, mais bien dans les nerfs lomboabdominaux, qu'en un mot les douleurs de l'enfantement n'étaient autre chose qu'une névralgie lombo-abdominale analogue a celle qui existe dans les affections utérines. — On le voit, les douleurs qu'éprouvent les femmes pendant le travail ont des causes multiples dont les principales sont la distension de l'orifice utérin et des parties molles, et la contraction utérine.
Influence de la contraction utérine sur la circulation fœtale et i maternelle. — La contraction utérine a une influence manifeste sur la circulation fœtale et sur la circulation maternelle. Au fur et à mesure que l'utérus se contracte, les battements du cœur fœtal deviennent moins fréquents et plus sourds; ils reprennent peu h peu leur énergie et leur fréquence, quand la contraction diminue ; puis ils offrent à nouveau leurs caractères normaux dans l'intervalle des contractions.
Différentes théories ont été émises pour expliquer ces modifications : augmentation de pression intra-cardiaque (Schwartz), asphyxie du fœtus produite par la compression du placenta (Schultze), ou par la compression du crâne (Kehrer), etc. Il est probable que c'est par suite de la diminution de calibre des vaisseaux utérins que la circulation i inter-utéro-placentaire est gênée et qu'il se produit un certain degré d'asphyxie fœtale.
Du côté maternel, la contraction utérine s'accompagne d'abord d'une accélération du pouls, qui devient de plus en plus fréquent à mesure que s'accroît la douleur, puis reprend son rhythme normal lorsque la contraction disparaît. Nous avons montré (p. 176) comment le souffle maternel était influencé par la contraction de l'utérus.
3° Contractions des muscles abdominaux. — Lorsque l'extrémité céphalique a franchi l'orifice utérin et pénétré dans le vagin, la contraction des muscles abdominaux entre en jeu et vient ajouter son action à celle du muscle utérin. Cette action a pour résultat de pousser i'uté-
ACCOUCHEMENT
rus gravide vers L'excavation pelvienne et de faire progresser le fœtus vers
la vulve.
Elle est en partie soumise à l'influence de la volonté, puisque la femme peut pousser plus ou moins énergiquement, modérer ou exagérer l'cflbrï d'expulsion; cependant celle contraction échappe dans une certaine mesure à cette volonté, car elle est d'ordre réflexe; la partie fœtalfl
appuyant, sur le périnée détermine des efforts puissants qui persistent! par exemple, pendant l'anesthésie chloroformique et que la femme a sou! vent beaucoup de peine à modérer au moment du dégagemenl de la tête!
Chez certaines femmes les contractions abdominales apparaissent avant que l'ovoïde céphalique ait franchi l'orifice utérin; la femme poussa malgré elle; on observe cette anomalie dans certains cas où la tète appuie fortement sur l'orifice utérin, et l'entraîne de telle sorte que la tètej encore recouverte d'une partie du segment inférieur, presse cependant déjà sur le bassin mou.
4° Contractions vaginales. — Les contractions du vagin existent certainement chez la femme, mais elles ont une action insignifiante ai point de vue de la terminaison de l'accouchement, si on les compare à la puissance des contractions abdominales. Chez certains mammifères, telle que la lapine,* les contractions vaginales semblent jouer un rôle plus important (Tarnier, Kchrer).
Elles contribuent à l'expulsion du placenta lorsqu'il est en grande partie hors de l'utérus et peut également servira l'expulsion de l'œuf dans l'avortement, lorsque cet œuf a un volume suffisant pour éveiller la conti action du vagin sans la paralyser par une distension exagérée de ce conduit.
Les phénomènes maternels que nous venons d'étudier déterminent, pour ainsi dire, la production de ceux qui vont suivre : 4° l'écoulement des glaires; 5U l'effacement du col utérin; 6° sa dilatation; 7° l'ani pliation du vagin, du périnée et de la vulve.
5° Écoulement des glaires. — Les glaires sont des mucosités filantes, épaisses qui s'écoulent des parties génitales pendant le travail. Elles proviennent de l'hypersécrétion des glandes du col et du mucus épais qui s'y accumule dans les derniers temps de la grossesse (bouchon gélatineux).
A mesure que, sous l'influence du travail, le col disparaît, ce bouchon gélatineux vient se mélanger aux sécrétions vaginales : il s'écoule de 11 vulve des glaires blanchâtres, jaunâtres et même sanguinolentes. Tarnier et Pinard admettent qu'en raison delà perméabilité des membranes une certaine quantité de liquide amniotique vient s'ajouter aux glaires poul lubrifier les parties molles.