DOULEURS DE L'ACCOUCHEMENT
La contraction utérine est in volontaire ; la femme ne la peut modifier en mienne façon, sauf dans certains cas par des changements d'attitude. Les \motions morales suspendent quelquefois la contraction; c'est ce qui arrive par exemple lorsque l'accoucheur entre dans la chambre de la patiente.
La contraction utérine est intermittente : elle revient à des intervalles à peu près réguliers pendant une même période du travail, c'est-à-dire butes les vingt minutes pendant la période d'effacement, toutes les cinq ou dix minutes au début de la période de dilatation, puis toutes les deux ou trois minutes; pendant la période d'expulsion, les contractions utérines s'espacent, se régularisent et ne se produisent plus que toutes les cinq ou six minutes. Lorsque toutefois l'expulsion va se faire, la femme éprouve à nouveau des douleurs subintrantes.
La durée de la contraction varie aussi suivant les différentes périodes du travail ; elle est de trente secondes au début, puis dure jusqu'à quarante, suivante secondes, et au delà, vers la fin du travail. Parfois ces contractions disparaissent à peu près complètement pendant une heure ou deux pour reprendre ensuite avec énergie et régularité. Tantôt elles sont très fréquentes, se succèdent presque sans interruption, deviennent subintrantes.
Enfin elles peuvent devenir continues ; l'utérus présente une sorte de tétanisation analogue à celle qu'on observait autrefois à la suite de l'emploi intempestif du seigle ergoté.
Des douleurs. — Le caractère des douleurs diffère suivant les différentes périodes du travail, comme nous le verrons en étudiant chacune d'elles.
Leur siège n'est pas non plus toujours le môme : au début de la dilatation, elles existent sur les régions latérales de l'utérus ; puis elles irra dient en ceinture vers la région pelvienne et le segment inférieur de l'utérus. Parfois les douleurs, au lieu d'être intenses au niveau de l'utérus, se font sentir en arrière, dans les régions lombaire et sacrée', ce sont les douleurs de reins qui sont particulièrement pénibles. Tantôt elles existent depuis le début jusqu'à la fin du travail; tantôt elles disparaissent pour faire place à des douleurs moins violentes. Les femmes redoutent particu aèrement d'accoucher par les reins; aussi faut-il plaindre les femmes qui, suivant l'expression de Depaul, ont le triste privilège d'éprouver de pareilles douleurs à tous leurs accouchements.
De nombreuses causes ont été invoquées pour expliquer ces douleurs de reins (obliquité de l'utérus, excès de sensibilité, pression de la paroi postérieure de l'utérus contre la colonne vertébrale (Mattcï), région fœtale n appuyant pas sur le segment inférieur par suite de vice de conformation du bassin, de présentation de l'épaule, du siège, etc.
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Depaul avait remarqué que ces douleurs dereinsse montrent volontiers « dans les présentations du sommet ou de la face dans lesquelles l'occipu* ou le menton répondent à l'une des moitiés postérieures du bassin J 11 est certain que dans les occipito-postérieures, il n'est pas rare de rencoii trer ces douleurs de reins qui rendent si pénible la période de dilatation]
La cause principale de ces douleurs résulte de ce que la tète fœtale appuie mal sur le segment inférieur, ce qui s'observe sous de multiple! influences : rétrécissement du bassin, insertion du placenta sur le sea ment inférieur, défaut de flexion de la téte, inclinaison trop al cuséc, etc.
Les douleurs portent des noms différents suivant leur intensité : au début de la période d'effacement du col elles sont courtes, rappellent les douleurs légères qui accompagnent la menstruation et la sensation désagréable produite par les piqûres de mouches : d'où le nom de mouches qu'on leur a donné. — Elles sont bientôt remplacées par les douleurs préparantes plus fortes, plus longues, revenant à intervalles plus rapprochés et amenant des cris plus ou moins violents suivant la sensibilité de la femme. Ces douleurs sont surtout marquées chez les primipares pendant le temps que la dilatation de l'orifice met à passes des dimensions de deux francs à celles de cinq francs.
Lorsque la dilatation de l'orifice utérin est complète, surviennent les douleurs expultrices, qui font progresser le fœtus; aux contractions utérines viennent alors s'ajouter les contractions des muscles abdominaux; la femme pousse des cris, fait des efforts violents auxquels succèdent des expirations prolongées. V effort joue un grand rôle dans la terminaison de l'accouchement et vient puissamment aider la contraction utérine.
Les douleurs concassantes apparaissent quand la tète fœtale est sur le point de franchir la vulve; elles sont violentes, presque continues et arrachent à la femme des cris déchirants.
Les douleurs accompagnent presque toujours la contraction utérine; cependant elles peuvent faire défaut ou du moins être peu intenses. On voit quelquefois des femmes accoucher à terme sans proférer une plainte. *ans pousser un cri. Tarnier et Chantreuil rapportent, entre autres observations, celle d'une Canadienne qui accouchait sans douleur et avait l'habitude de « semer ses enfants sans s'en apercevoir » . Cet accouchement indolore a des inconvénients; car le fœtus est souvent expulse sans qu'une personne expérimentée ait eu le temps d'en surveiller, d en modérer la sortie trop brusque, et d'éviter sa chute sur le sol, la rupture du cordon, le décollement du placenta, l'inversion et l'hémorraghie qui en peut résulter.