ENGAGEMENT DE LA TÈTE FŒTALE
En 1865, dans leur atlas, Marc Sée, Lenoir et Tarnier admettent encore au détroit supérieur une obliquité de Nœgele atténuée, qui disparaît à mesure que la tète descend et n'existe plus du tout quand le somme! appuie sur le périnée : c'est une opinion tout à fait opposée à celle de M. Duncan.
En 1869, Kùneke étudie à nouveau cette question de l'engagement et de la descente et conclut que la tète s'engage d'une manière synclitique (fig. 192) et que ce synclitisme persiste jusqu'à la sortie de la tète des parties génitales.
« Quoi qu'on dût penser de ce second point de la question (synclitisme ou a synclitisme au fond du bassin), presque tout le monde se trouvait d'accord pour admettre que la tête pénétrait d'aplomb au niveau du détroit supérieur de manière que le diamètre bi-pariétal fût parallèle au plan du détroit supérieur.... Mais cet accord ne dura pas longtemps. Contre la, doctrine nouvelle, s'élevèrent à peu près en même temps Schultze, Schatz et Robert Barnes, dont les recherches tendaient à remettre en honneur lasynclitisme au détroit supérieur, par inclinaison de la tête sur le pariétal antérieur comme le voulait Nœgele. Schatz tente de démontrer... ipie l'axe de l'utérus, à l'état de repos ou à l'état de contraction, est incliné en arrière par rapport à l'axe du détroit supérieur, et forme avec lui un angle d'environ 10 degrés ouvert en haut et en avant » (Pinard et Yarnier) 1 .
La théorie du synclitisme ainsi menacée, est défendue à nouveau par M. Duncan (1872), par Schrœder (1875 et 1888), par Tarnier et Chantmiil(1888) qui disent: « ...Le vertex descend le premier dans le bassin et correspond à l'orifice utérin, la suture sagittale se maintient à égale distance du pubis et du sacrum. Les deux bosses pariétales descendent ensuite, en restant dans le même plan, par conséquent à la même hauteur; enfin la tête continuant à descendre, sa circonférence occipito-frontale vient à son tour dans le plan du détroit supérieur.... La tête descend de manière que le diamètre bi-pariétal soit parallèle au plan du détroit supérieur, et aux différents plans de l'excavation qu'il traverse successivemont de haut en bas. En d'autres termes, le mouvement de progression de la tète est synclitique. — D'après Kùneke le synclitisme persisterait jusqu'à la sortie de la tète des parties génitales, tandis qu'il n'existerait selon MM. Duncan, Playfair, etc., que dans la moitié supérieure de l'excavation. Dans la moitié inférieure et particulièrement au détroit périnéal, la l tète serait inclinée et la bosse pariétale antérieure se trouverait plus basse, par rapport aux plans du bassin qu'elle traverse, que la bosse pariétale 1 hoc. cit. p. 69.
ACCOUCHEMENT
postérieure (asynclitisme). Nous nous rallions à cette dernière opinion.»
Enfin, en 1884,11. Barnes, tout en admettant avec Smellie que l'utérus est à l'état normal incliné en arrière par rapport à l'axe du détroit supéj rieur, et que par conséquent la tête ne peut s'engager d'une manière synclitique, revient encore à défendre les idées de Naïgele.
A quoi tiennent ces divergences d'opinion si nombreuses? À deux causes, à une erreur théorique et à la méthode employée pour étudier la question. L'erreur peut être résumée ainsi : « L'attitude de la tête m
Figi, 193. — Schéma pour montrer la marche asynclitique postérieure delà tête.
A„ A2, A„ Positions successives du pariétal antérieur. P„ Ps, P3, Positions successives du pariélc^ postérieur. S,, St, S5, Positions successives de la suture sagittale. Le pariétal antérieur, le pur, tai postérieur, la suture sagittale suivent dans leur descente un chemin courbe. La ligne I\, P., P„ est la courbe du faux promontoire de Barnes. XX. Axe du détroit supérieur. DD, Plan du détroit supérieur.
détroit supérieur est solidaire de l'attitude du tronc, laquelle est ellemême sous la dépendance de l'inclinaison de l'utérus par rapport à l uxe du détroit supérieur. La tête et le tronc forment un tout, une tige rigide : ils sont comme embrochés par l'axe utérin (Pinard et Varnier) » On comme on admettait que cet axe faisait suite à l'axe du détroit supérieurs la théorie du synelitisme en découlait tout naturellement.
Quant à la méthode employée, la plupart des auteurs, sauf Smellie, liâmes, etc., se contentaient de déduire l'altitude de la tête des constatai
1 Loc. cit., p. 67.