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DE LA DÉLIVRANCE

GÉNÉRALITÉS

Lorsque le fœtus est expulsé des organes génitaux, le premier temps de l'accouchement est terminé ; il reste à accomplir le second temps, celui de la délivrance.

Si, pour la femme et l'entourage, les premiers cris de l'enfant mettent fin à l'inquiétude qui se montrait sur tous les visages, il n'en est pas de même pour l'accoucheur. Nombre de cliniciens considèrent en effet que l'accouchement en lui-même, à moins de circonstances exceptionnelles, ne peut guère présenter de complications; si l'enfant souffre, si le travail traîne trop en longueur, une application de forceps suffit à terminer l'accouchement.

Lorsque la femme a été bien surveillée pendant sa grossesse, lorsque l'examen du bassin a montré qu'il n'existe point de rétrécissement, lorsque l'analyse répétée des urines a fait constater l'absence d'albumine, le médecin est à peu près certain que l'accouchement se terminera sans grande difficulté.

Il n'en est pas de même pour la délivrance : cest une période fertile en incidents, en accidents qui demandent de la part de V accoucheur du sang-froid et une connaissance approfondie des phénomènes physiologiques qui se succèdent alors et des complications qui peuvent survenir.

En ces dernières années des notions plus précises ont été données sur la période de délivrance : de ces notions ont découlé des préceptes meilleurs sur la conduite à tenir.

520 ACCOUCHEMENT

Si es précautions antiseptiques prises pendant l'accouchement sont importantes, celles auxquelles on a recours pendanl I;, délivrance ont cncor, une influence plus considérable sur la physionomie des suites dé couches; une délivrance bien faite, bien dirigée, donne àVaccou. chée presque toutes les chances possibles de ne pas avoir de fièvre pendanl les jours qui suivent V accouchement.

Définition. - On donne le nom de délivrance à l'expulsion naturelle ou a 1 extraction artificielle des annexes du fœtus : placenta, membranes, cordon.

L'ensemble de ces annexes constitue le délivre ou arrière-faix Leur expulsion, due aux seuls efforts de la nature, nécessite trois actes différents, ou temps de la délivrance : 1° Dans un premier temps le placenta et les membranes perdent leurs attaches à l'utérus, ils se décolent; 2° dans un second temps l'arrière-faix est chassé de l'utérus dan, le vagin; 3° dans le dernier temps il est expulsé des organes génitaux externes.

Contrairement à ce qui s'observe pour l'accouchement proprement dit qui se termine habituellement par les seules forces de la nature, la délivrance n'est généralement pas due à une expulsion spontanée. '

L'intervention de l'art est la règle.

Cette intervention est plus ou moins active ; elle présente des difficultés plus ou moins grandes.

Les auteurs classiques ont depuis longtemps indiqué les distinctions qu'il convient d'établir entre les différents modes de délivrance. ^ La dénomination de délivrance spontanée, bien claire, s'applique à Y expulsion naturelle de l'arrière-faix.

Classiquement on désigne sous le nom de délivrance naturelle V extraction de l'arrière-faix décollé, soit du vagin, d'où il a été chassé par les contractions de l'utérus et les efforts de l'accouchée, soit de l'utérus a l'aide de tractions sur le cordon ou de pressions exercées sur l'utérus.

La délivrance artificielle est celle qui consiste à introduire la main dans l'utérus dans le but de décoller un placenta anormalement adhérent, ou de libérer quelques cotylédons enchatonnés, ou encore de parer à quelque accident sérieux, par exemple d'enlever le placenta décollé en cas d'hémorrhagie due cà l'inertie utérine.

Le terme de délivrance naturelle est impropre et s'applique à des faits dans lesquels la nature est insuffisante à terminer la délivrance. L'art n'intervient-il pas en effet, qu'on fasse des tractions sur le cordon, qu'on exerce une certaine pression sur l'utérus, ou qu'on associe ces deux manœuvres? La délivrance n'est donc plus naturelle au sens propre du mot.

Nous avons vu trop souvent ces différentes dénominations entraîner dans l'esprit des étudiants une confusion regrettable entre les délivrances spontanées et naturelles pour n'être pas tentés de remplacer le terme de délivrance naturelle par un autre plus conforme aux données de la clinique. La classification suivante nous semble préférable.

Lorsque la délivrance est spontanée, on dit qu'elle se fait par expulsion spontanée.

Lorsque l'accoucheur intervient d'une manière quelconque, en réalité la délivrance est artificielle ; mais cette dernière expression doit être réservée à l'opération que nous avons définie et qui consiste à introduire la main dans l'utérus pour y chercher l'arrière-faix en partie ou en totalité.

Quant à la délivrance qui se pratique le plus habituellement, celle qui consiste à enlever le placenta du vagin où il est chassé après décollement, il est préférable de lui donner le nom à' extraction simple, pour la différencier de la délivrance artificielle qui est une extraction plus difficile, plus compliquée.

V extraction simple, si on la considère par rapport à l'endroit où se trouve le placenta, peut être vaginale ou vagino-utérine (cervicale) ; la délivrance artificielle est toujours une extraction utérine.

Les différents modes de délivrance peuvent être ainsi résumés :

A Expulsion spontanée ou délivrance spontanée.

( simîle i vaSnla^e B Extraction \ Sim^ G \ vagino-utérine

( difficile utérine (délivrance artificielle).

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