‹ Précis d'obstétrique. Ptie. 1Chapitre 160 sur 173 · TRANCHÉES UTÉRINES · texte numérisé non relu

TRANCHÉES UTÉRINES

tions utérines douloureuses. Quoi qu'il en soit, il sera bon de prévenir la femme et son entourage de la possibilité de ces tranchées et d'affirmer qu'elles ne comportent point de mauvais pronostic.

Peut-on prévenir ces tranchées utérines? Quelques auteurs, convaincus qu'elles sont dues à la rétention de caillots dans l'utérus, conseillent, après la délivrance, de débarrasser le plus complètement possible l'utérus du sang coagulé qu'il peut contenir ; ils. pratiquent dans ce but une injection intra-utérine et n'hésitent pas, au besoin, à introduire la main dans l'utérus pour le vider des caillots qu'il contient. Cette pratique n'est point sans inconvénients.

Si les tranchées utérines sont fortes, si surtout elles privent la femme de sommeil, il faut recourir aux calmants : la morphine en injections sous-cutanées, le laudanum en lavements à la dose de 15 à 20 gouttes, le chloral à la dose de 2, 4, 6 et 8 grammes suivant les cas, réussiront généralement à procurer un soulagement complet pendant quelques heures; ces médicaments sont employés isolément ou associés suivant les cas, et surtout suivant la tolérance des malades. — L'antipyrine a été également employée avec succès.

Des soins à donner pendant les suites de couches. — Les soins qui doivent être donnés à l'accouchée comprennent : a, les soins antiseptiques génitaux; b, les soins hygiéniques et tout ce qui se rattache à la nourriture, au séjour au lit, etc.

a. Soins antiseptiques. — 11 ne suffit pas que les précautions antiseptiques soient prises avant et pendant l'accouchement, il faut encore les observer pendant les suites de couches.

Nous ne reviendrons pas sur les précautions à prendre par les personnes qui soignent directement les accouchées : désinfection minutieuse des mains, etc. — Tout le monde est également d'accord sur l'utilité des toilettes antiseptiques des organes génitaux externes : elles doivent être faites au moins six fois par vingt-quatre heures, de manière à ce que les liquides séro-sanguinolents qui s'écoulent des organes génitaux ne s'y putréfient pas. Nous avons vu au chapitre de l'antisepsie obstétricale comment ces toilettes doivent être faites.

Dans l'intervalle des toilettes, les organes génitaux externes doivent être recouverts d'une couche assez épaisse de coton boriqué, ou d'étoupe au sublimé; ce coton est maintenu en place à l'aide d'une serviette passée entre les deux cuisses et relevée sur l'abdomen. Ce pansement a pour double but de recueillir les liquides qui s'écoulent des organes génitaux et 'I'' mettre ceux-ci autant que possible à l'abri de l'air.

Une question plus controversée est celle de l'utilité des injections vagi-

ACCOUCHEMENT

aales Pendant les premières années où l'on s'est occupé d'antisepsie, on a fait abus des injections vaginales. Sans doute, elles nettoient le vagin, le débarrassent des caillots, des liquides qui y peuvent séjourner; sans doute elles sont plutôt agréables pour la femme; elles n'ont guère même que des avantages lorsqu'elles sont faites d'une manière parfaite; mais souvent ces injections ne sont pas laites d'une manière complètement aseptique. Elles favorisent alors la pénétration de l'air dans le vagin; les plaies du vagin, du col, de la vulve, en voie de cicatrisation, sont tiraillées par le contact de la canule et le courant du liquide. J.-L. Championnière a protesté non sans raison contre l'abus et même contre l'usage des injections vaginales pendant les suites de couches.

A notre avis, devant les difficultés qu'on éprouve à faire très bien ces injections, il nous semble préférable de ne pas y avoir recours pendant les huit ou dix premiers jours qui suivent l'accouchement et de ne les commencer qu'au moment où les plaies. produites par l'accouchement sont en voie de réparation. — Si cependant dès les premiers jours les lochies sont fétides, — si la femme perd du sang en assez grande quantité, il est préférable de recourir aux injections vaginales chaudes et antiseptiques.

Quant aux injections intra-utérines, on ne doit en donner que si les suites de couches sont pathologiques.

Pendant les premiers jours qui suivent l'accouchement la femme ne doit pas être fatiguée par des visites ; elle a besoin d'un repos complet. C'est dans ce but qu'il est bon, si les locaux le permettent, de placer l'enfant dans une pièce voisine pour qu'il ne fatigue pas l'accouchée par ses cris; cette précaution est surtout utile pour la nuit.

La femme accouchée doit être alimentée comme à l'ordinaire; pendant les vingt-quatre ou quarante-huit heures qui suivent l'accouchement, on lui fait prendre des grogs légers et on lui donne h boire en quantité suffisante pour la désaltérer. Le lait est utile en ce qu'il provoque la diurèse. Les aliments doivent être substantiels, mais il importe de ne pas soumettre la femme a une diète quelconque.

Il n'est pas nécessaire que la femme conserve une immobilité presque complète dans son lit; il est sans doute préférable que pendant les pre miers jours la femme garde le plus possible le décubitus horizontal: mais lorsque les femmes n'y sont pas accoutumées, cette immobilité sur le dos les fatigue et les empêche de dormir.

Nous savons (voy. p. 559) que lorsque la femme vient d'accoucher, elle reste pendant plusieurs heures (6, 8, 12, 24 et même plus) sans uriner : il faut considérer cette rétention d'urine passagère comme physiologique et ne point se hâter de pratiquer le cathétérisme. On ne

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