DE I/INVOLUTION UTÉRINE
mie plus ou moins accusée. D'autres l'ois celte odeur désagréable des lochies existe sans symptôme fébrile ; il est certaines femmes chez lesquelles on la retrouve à chaque accouchement. Il suffit de faire des lavages vaginaux fréquents pour que cette mauvaise odeur disparaisse ; d'aucuns conseillent alors de recourir aux lavages intra-utérins.
La réaction des lochies est alcaline pendant les premiers jours, puis devient acide ou neutre à partir du septième ou huitième jour.
Le liquide des lochies contient des globules rouges qui diminuent peu à peu de nombre, des globules blancs, des cellules épithéliales provenant du vagin, du col de l'utérus, des corpuscules de tissu conjonclif embryonnaire ou en voie de formation et qui ne sont autre chose que des débris de la caduque restée adhérente (Wertheimer), des cristaux de cholestérîne, etc.
L'examen bactériologique des lochies à l'état normal a été fait par de nombreux observateurs ; Donné et Schrœder ont signalé le trichomonas vaginalis; Ilaussmann et H. Millier ont trouvé la présence de la bactérie commune (bacterium termr>).
Doléris y a constaté le micrococcus en point double; de ses recherches Pasteur concluait, en 1885, que l'absence absolue de germes dansleslochies, ou leur apparition tardive, correspondait à l'absence de fétidité et à des suites de couches normales; qu'au contraire la présence de micro-organismes dans les lochies coexistait avec une fétidité plus ou moins marquée, et indiquait un état pathologique existant ou imminent.
D'après Dœderlein, les lochies utérines normales ne contiennent pas habituellement de micro-organismes; on n'en trouve qu'exceptionnellement (5 fois sur 30). Parfois les micro-organismes viennent s'y mélanger dans le vagin et les rendent septiques.
Winter a poussé plus loin l'analyse et a recherché les irjicro-organismes qui existent dans les divers segments du canal génital de la femme bien portante : il existe des micro-organismes au niveau du vagin et du col, mais .on n'en rencontre pas dans l'utérus et les trompes. La limite est formée par l'orifice interne.
Tranchées utérines. — Pendant les trois ou quatre jours qui suivent l'accouchement, la femme souffre de contractions utérines douloureuses plus ou moins intenses ; on donne à ces douleurs les dénominations de tranchées utérines, de coliques utérines, plus rarement d'arrièredouleurs.
Ces douleurs présentent presque les mêmes caractères que celles éprouvées au cours du travail : elles sont plus ou moins intenses, intêr-
ACCOUCHEMENT
mittentes et sont nettement dues aux contractions de l'utérus. Aussi leur siège est-il en rapport avec la place qu'occupe l'utérus dans la cavité abdominale; c'est même là un bon signe qui permet de les distinguer d'autres douleurs siégeantdans la partie inférieure de l'abdomen. Au moment où la douleur apparaît, l'utérus se durcit, devient nettement globuleux, se dessine sous la paroi abdominale; peu de temps après il s'écoule par la vulve une petite quantité de sang, quelquefois des caillots.
Les tranchées débutent généralement quelques heures après l'accouche ment et persistent pendant 24, 56, 48 heures et même davantage; elles sont parfois légères; tantôt au contraire elles arrachent des cris à la femme, la surexcitent, et cet état d'énervement peut chez des sujets très nerveux s'accompagner de délire.
La durée de chaque douleur n'est guère que d'une à deux minutes : elles reviennent à intervalles plus ou moins éloignés, toutes les dix ou vingt minutes, plus souvent toutes les heures.
Si l'on ne connaît guère la cause réelle de ces douleurs postpartum, on sait cependant dans quelles conditions elles surviennent habituellement. Un fait connu depuis longtemps et déjà mis en relief par Mauriceau, c'est que ces tranchées n'existent guère chez les primipares, qu'elles s'observent surtout chez les multipares; que, d'une manière générale, plus les femmes ont déjà eu d'enfants, plus les tranchées sont fortes et intenses ; elles sont très marquées lorsque le travail a été rapide.
Toute excitation de la sphère génitale les réveille : il suffit que la femme fasse un mouvement, que son utérus se déplace, qu'une main s'applique au niveau de l'utérus, pour qu'immédiatement survienne une tranchée; les contractions sont parfois dues à la compression de l'utérus par le rectum rempli de matières fécales ou par la vessie distendue par l'urine ; de même la succion du mamelon réveille la contraction et certaines femmes appréhendent de donner le sein en raison des douleurs plus ou moins vives qui surviennent alors du côté de l'utérus.
Dans certains cas, les tranchées utérines prennent un caractère d'acuité exceptionnel ; elles sont dues à la présence d'un caillot plus ou moins volumineux, quelquefois d'un débris placentaire ; lorsque ce corps étranger est expulsé, tout rentre dans l'ordre. Ce fait d'observation a servi à établir une théorie discutable pour expliquer pourquoi les multipares sont plus que les primipares sujettes à ces tranchées : après la délivrance, le muscle utérin, ayant perdu du fait des accouchements antérieurs une partie de sa tonicité, se rétracterait moins complètement, la plaie placentaire saignerait un peu trop abondamment, et des caillots l'accumuleraient dans l'utérus; leur expulsion nécessiterait des eontrac-