OVAIRES
Les ovaires sont les organes essentiels de l'appareil génital de la femme. On les a justement comparés aux testicules, ce qui leur a l'ait parfois donner le nom de testes muliebres. Ils contiennent, en effet, le germe femelle : Yovule, de même que les testicules contiennent le germe mâle : le spermatozoïde.
Situation. — Au nombre de deux, situés dans l'aileron postérieur du ligament large en arrière de la trompe, ils sont reliés en dedans à l'utérus par un cordon fibro-musculaire : ligament utéro-ovarien (fig. 5, LUo) ou ligament de l'ovaire; en dehors à la trompe correspondante par un petit ligament ribro-niusculaire ou ligament tubo-ovarien (fig. 5, LTo).
La situation de ces organes varie beaucoup selon l'âge de la femme et l'état de l'utérus.
Chez l'embryon, les ovaires sont, comme le corps de Wolf à côté duquel ils se sont développés, situés dans la région lombaire.
Chez le fœtus, ils se rapprochent du bassin et s'abaissent progressivement jusqu'au niveau du détroit supérieur.
Chez le nouveau-né, ils sont placés presque transversalement et sont encore hors du bassin.
Plus tard, ils descendent dans l'excavation pelvienne.
La grossesse leur fait quitter cette situation : entraînés par l'organe gestateur, ils s'élèvent comme lui dans la cavité abdominale. On les trouve alors successivement en rapport avec la région hypogastrique et plus tard dans les flancs à hauteur de la région ombilicale.
La régression de l'utérus, après l'accouchement, ramène les ovaires au niveau des fosses iliaques, niais ils ne rentrent dans l'excavation qu'un certain temps après la délivrance.
Chez la plupart des femmes, on peut atteindre par le palper les ovaires, en déprimant profondément la paroi abdominale, au niveau du bord interne du psoas-iliaque, au-dessous et près duquel se trouve la glande. En combinant le palper avec le toucher vaginal on arrive, mais difficilement, à saisir l'organe entre les deux mains.
A l'état sain l'ovaire jouit d'une mobilité assez grande, mobilité qui lui permet de se renverser dans le cul-de-sac recto-utérin, ou même de constituer certaines variétés de hernies.
Volume. — Relativement peu développés chez le fœtus, les ovaires ont la forme d'une languette blanche et aplatie, d'une longueur moyenne de 20 millimètres et d'une épaisseur de 2 à 5 millimètres; ils restent presque stationnaircs après la naissance, mais s'accroissent considérablement à la puberté et atteignent leurs dimensions définitives vers l'âge de vingt ans. Pendant toute la vie sexuelle, ils subissent des changements de volume périodiques. Au moment de la maturité de l'ovule, leur volume est souvent doublé. L'augmentation, qui porte surtout sur les diamètres antéropostérieur et vertical de l'organe, s'exagère encore après la fécondation.
Dans la vieillesse, les ovaires s'atrophient.
Les dimensions moyennes de l'ovaire chez la femme adulte sont les suivantes :
Longueur Largeur.
Épaisseur
Poids et forme. — L'ovaire droit est plus volumineux que le gauche (Puech). Un ovaire normal pèse de 6 à 8 grammes.
La forme de l'organe est variable : le plus souvent ovoïde, elle est quelquefois cylindrique, sphéiïque ou même polyédrique.
Aspect extérieur. — La surface de l'ovaire, lisse et rosée jusqu'à la puberté (fig. 5), devient anfractucuse et blanchâtre à partir de ce
i ig. 3. — Ovaire lisse de fille non menstruée. Fig. -t. — Ovaire de femme réglée
moment (fig. 4). Les ruptures successives des follicules arrivés à maturité (voy. Ovulation, p. 17) produisent, en effet, une série de plaies ovariensne
58 millimètres
dont la cicatrisation déterminé autant de dépressions linéaires ou étoilées, d'abord violacées, puis jaunâtres el plus lard blanchâtres. Plus la femme avance eu âge et plus ces cicatrices (fig. 4) son! nombreuses; plus aussi l'ovaire présente un aspect anfractueux, crevassé.
On distingue dans l'ovaire deux laces, deux bords, deux extrémités.
La lace antérieure regarde en même temps un peu en haut; la face postérieure, un peu en bas.
Les Lords dirigés transversalement sont : le supérieur convexe. Yinfé-
Fig. 5. Coupe verticale de la partie gauche de l'utérus et des annexes p issant par la trompe.
U, Utérus. CaU, Cavité utérine. MU, Muqueuse utérine. LL'o, Ligament uléro-ovarien. LTo, Ligament litho-ovarien. ALL, Ligament large. LR, Ligament rond. T, Trompe. Pa, Pavillon de la trompe. Ov, Ovaire gauche. Ci, Cicatrice de l'ovaire.
rieur rectiligne ou légèrement concave. Ce dernier représente le hile de l'organe. On l'appelle encore bord adhérent, par opposition avec le bord supérieur qui est libre. En effet, les moyens de fixité de l'ovaire se trouvent groupés au niveau de son bord inférieur. Le ligament uléroovarien s'attache à l'extrémité interne de ce bord, le ligament iuboovarien à son extrémité externe, le ligament rond postérieur s'insère sur toute son étendue. En outre, ce bord laisse pénétrer ou sortir les vaisseaux artériels, veineux, lymphatiques et les nerfs destinés à l'ovaire.
Les deux extrémités, point de réunion des deux bords, donnent attache aux ligaments de l'ovaire et de la trompe dont nous venons de parler.
Rapports. — Logés dans l'aileron postérieur du ligament large, c'est-àdire dans l'excavation pelvienne, les ovaires sont en rapport : en avant avec
1rs trompes en arrière avec le rectum, enhaut avec le paquet intestinal.
Moyens de fixité. - 1° Ligament de ïovaire ou utéro-ovcmcn (] Do B° 5). H est constitué par un petit faisceau de libres musculaires lis.,, réunies en un cordon de 55 millimètres de longueur et de 5 à 4 millimètres de diamètre. Les libres de ce cordon, inséré à l'extrémité interne du bord inférieur de l'ovaire, viennent se perdre dans les libres musculaires de la face postérieure de l'utérus. Il est recouvert par le péritoine de l'aileron postérieur du ligament large.
2° Ligament tubo-ovarien ou de la trompe. Ce ligament (LTo fig. 5) n'est autre chose qu'une frange du pavillon de la trompe qui, plus longue que les autres, s'étend en s'effilant jusqu'à l'extrémité externe du bord inférieur de l'ovaire. Elle est creusée en gouttière et contient dans son épaisseur un faisceau musculaire dont quelques fibres se continuent avec celles de l'ovaire et du ligament utéro-ovarien. Elle joue un rôle important dans la migration de l'ovule et par suite dans la fécondation.
5° Ligament rond postérieur ou lombaire. Décrit par Rouget, ce ligament, analogue au ligament rond de l'utérus par ses fonctions, ne mérite point par sa forme l'épithète de rond. Il est constitué par une mince lame de tissu musculaire dont les fibres, nées en haut du fascia sous-péritonéal, accompagnent les vaisseaux utéro-ovariens ; arrivées dans le ligament large, elles s'étalent pour doubler son feuillet postérieur et pour se répandre, les internes sur la face postérieure de l'utérus, les externes au pavillon de la trompe, et les moyennes plus abondantes au bord inférieur de l'ovaire, dans l'intérieur duquel elles pénètrent, Bt à l'aileron postérieur de la trompe (Sappey).
D'après Delbet, le principal moyen de fixité de l'ovaire n'est pas le ligament utéro-ovarien, ni le ligament postérieur, mais « un petit repli du péritoine qui remonte le long du détroit supérieur et qui a toujours du côté droit des rapports intimes avec le méso-iliaque dans lequel il semble se perdre : il loge l'artère et les veines utéro-ovariennes et mérite le nom d' ovaro-pelvien » .
Structure. — Lorsqu'on fend un ovaire du bord supérieur vers l'inférieur par une coupe parallèle aux faces de l'organe, on voit que celui-ci se compose de deux couches, l'une superficielle, blanche, ferme, bomoaène : couche corticale, l'autre centrale, rougeâtre, spongieuse : couche médullaire ou bulbaire.
Ces deux couches n'ont pas la même épaisseur aux différents âges. Chez le fœtus de trois mois, la couche médullaire est réduite au simple pédicule vasculaire de l'ovaire. La couche corticale constitue presque à elle seule l'ovaire. Vers sept ans, les deux couches ont une épaisseur à peu
près égale. La couche médullaire se développe de plus en plus, et chez les femmes âgées elle constitue presque exclusivement l'ovaire.
Les anciens décrivaient à l'ovaire trois couches :
1° Une enveloppe séreuse,
2° Une tunique albuginée analogue à Palbuginée du testicule, 5° Une substance spongieuse.
Grâce aux travaux de Sappey et de Schrœn, de Waldeyer, de de Sinéty, de Slawiansky, etc., la structure de l'ovaire est bien connue aujourd'hui. Une coupe montre qu'il comprend trois couches : 1° Une couche épithéliale (séreuse des anciens), 2° Une couche ovigène, 5° Une substance médullaire ou bulbeuse.
1° Couche épithéliale. Le revêtement épithélial de l'ovaire diffère du péritoine. A l'œil nu on voit cette séreuse s'arrêter suivant une ligne finement dentelée au niveau du bile. Tandis que la séreuse est lisse et brillante, l'ovaire présente un aspect mat.
Les cellules épithéliales qui revêtent l'ovaire, faciles à détacher par le raclage, sont cubiques et surtout cylindriques (Sappey). Cette simple couche de cellules cylindriques est le vestige de l'épilhélium germinalif de la cavité pleuro-péritonéale embryonnaire.
2° Couche ovigène. Sappey, Schrôn, Waldeyer, ont montré les premiers que cette couche, constituait la partie essentielle de l'ovaire.
Il existerait pourtant, d'après Henle et Balbiani, une mince couche albuginée composée de libres de direction différente et interposée entre la couche épithéliale et la couche ovigène.
La puberté amène dans cette dernière des modifications très importantes. Examinée chez une jeune fille un peu avant la puberté, elle a une épaisseur de 1 millimètre. Elle est composée par une trame fibreuse, dont les mailles plus serrées à la superficie se confondent, à la face prolonde, avec les éléments conjonctifs du bulbe; on n'y rencontre pas de fibres musculaires lisses.
Les mailles de cette couche contiennent les ovisacs ou follicules de de Graaf.
Chaque ovaire contient plus de 500 000 ovisacs (Sappey).
Ovisacs. — Ceux-ci, à cette époque de la vie, se présentent sous l'aspect de petits corps sphériques de 5 à 4 centièmes de millimètre de diamètre (fig. 6, Fd).
Dans l'ovisac se trouve Yovule (fig. 6, Ov.), avec son noyau (vésicule germinative) et son nucléole (tache germinative). Cet ovule "primordial est entouré d'une simple couche de cellules. Depuis la naissance jusqu'à
la puberté l'aspect de la couche ovigène ne se modifie pas. Les ovisacs ont tous le même volume et la même structure.
A la puberté et pondant toute la durée de la vie génitale, un certain nombre d'ovisacs se développent, et subissent un accroissement de volume variable. La couche ovigène devient alors irrégulière, bosselée par sa face profonde. Cette irrégularité tient à ce que les ovisacs augmentent de
Fig. G. — Coupe de l'ovaire transversale et parallèle à ses faces.
YO, Vaisseaux ovariens. C, Corps jaune. CO, Couche ovigène. Fm, Follicule arrive à maturité prêt à se rompre. Fd, Follicule en voie de développement. Ov, Ovule.
volume, refoulent le stroma de la portion bulbeuse de l'ovaire et s'y enfoncent. Ce développement de certains follicules est le résultat de profonds changements anatomiques, tant du côté de la paroi de l'ovisac que de son contenu.
Parois. — La paroi se compose : 1° d'une couche externe; 2° d'une couche interne de nature conjonctive ; et 5° d'une membrane propre (Slaviansky).
1° La couche externe (fig. 7, Fe) est confondue extérieurement avec le stroma de l'ovaire, dont elle ne diffère que par sa laxité plus grande et sa richesse en éléments cellulaires;
2° La couche interne (fig. 7, Fi) présente une structure réticulée analogue au tissu caverneux des ganglions lymphatiques. Le follicule semble donc plongé dans un vaste lac lymphatique cloisonné;
5° Slavianskya réussi à démontrer, à L'aide du procédé d'imprégnation à l'argent, qu'une couche endothéliale tapissail la face profonde de la couche interne réticulée.
Contenu. — Les cellules épithéliales du follicule se multiplient
beaucoup, et remplissent le follicule augmenté de volume. L'ovule est toujours entouré par un certain nombre d'entre elles. Mais le follicule, plein jusqu'ici, va se creuser d'une cavité.
En effet, les cellules les plus centrales de l'épithélium folliculaire se ramollissent, s'agglutinent; leur noyau disparait, et leur protoplasma se liquéfie (Waldeyer). Le liquide est constitué par de la paralbu-
Fs, Couche externe. Fi, Couche interne. V, Coupe de vaisseau, mine A (Scherer). Kg, Membrane granuleuse. CP, Cumulus proligère. 0, T ... ., ,„ ,
Ovule, A, Liquide atbumineux. Les cellules non liquéfiées
se déposent en plusieurs couches irrégulières, à la face profonde de la membrane propre, et constituent la membrane granuleuse (fig. 7, Mg). Elles sont plus nombreuses eu un point, et forment par leur amas un épaississement : disque ou cumulus proliger (lig. 7, CP) au centre duquel se trouve Yoinde 0.
Les ovisacs ainsi augmentés de volume atteignent le volume d'un grain de millet, d'un grain de chènevis, d'un petit pois.
En 1672, Régnier de Graaf, qui pensait à tort avoir découvert eu eux les ovules, en avait compté jusqu'à 20 ; Rœderer, 50 à 50 dans chaque ovaire. Nous avons vu que Sappey porte leur nombre à 550 000 environ pour chaque glande.
Structure de l'ovule. — L'ovule, découvert en 1827 chez les mammifères et dans l'espèce humaine par de Baër, occuperait, d'après cet auteur et aussi d'après Costc, une situation superficielle dans l'ovisac.
11 serait logé, au contraire, dans la partie profonde de la glande d'après Pouchct (1847), Schrœn, Henle et Kôlliker.
Waldcyer et de Sinéty admettent que, d'abord profondément situé, il devient superficiel au moment de la ponte.
L'ovule à maturité mesure ()""". 2 de diamètre, et se compose : d'une
MITIONS RELATIVES A L'OVULATION. 11
enveloppe appelée membrane vitelline ou zone pellucide, ou zone radiée (fig. 8, Zr); cette enveloppe a 0mm,0d d'épaisseur. Elle est très transparente. Sa déchirure est à bords nets. Avec un grossissement suffisant on v voit une structure rayonnée très fine dont l'observation a conduit Lindgrenà admettre l'existence de canalicules très étroits. 11 existe, en outre, une striation concentrique par couebes successives.
La membrane vitelline n'est donc pas, comme on l'a cru longtemps, une sécrétion de l'œuf, mais une formation cuticulaire produite par la soudure et le détachement des plateaux des cellules épithéliales ( épithélium folliculaire) du disque proligèrc qui entourent l'ovule. Elle mérite donc bien plutôt, le nom de chorion (Balbiani).
Valent in, R.Wagner, H. Meyer, remarquant qu'après la déchirure de la zone pellucide le protoplasma ne s'écoule pas comme un liquide, mais difflue comme une masse pâteuse enfermée clans une membrane mince, ont admis l'existence d'une seconde membrane, celle-là réellement sécrétée par l'œuf et méritant le nom de vitelline.
Bischoff a pensé qu'il sïagissait là d'une simple condensation périphérique du vitellus.
Le vitellus (fig. 8, Vi) ou jaune (protoplasma vitellin) remplit entièrement la membrane pellucide dans un œuf non fécondé. C'est une émulsion, un amas de granulations fines et pâles de matières protéiques, ;ui milieu desquelles on aperçoit çà et là quelques granulations graisseuses brillantes.
En un point excentrique du proloplasma se voit un corps découvert sur l'œuf de poule par Pùrkinje en 1825 et par Coste chez les mammifères en 1854. Ce corps (vésicule germinative) mesure 0mm,045 à 0mm,050 de diamètre (fig. 8, Vg). Son protoplasma se présente sous forme d'un réseau de filaments granuleux (nucléo-plasma de Nit 1 1 Beneden).
A l'intérieur de la vésicule germinative Wagner a découvert en 1850
Fig. 8. — Coupe d'un ovule non fécondé.
Zr, Zone radie. Vi, Vitellus. Vg, Vésicule germinalive. Tg, Tache germinative. EpV, Espace péri-viiellin.
"ii nucléole brillanl qui porte le nom de tache germinative (fig. 8, Tg) Cette tache n'a que 0 ,005 à 0fflm,006 de diamètre. Van Beneden a décrit à côté do la tache de Wagner quelques autres corpuscules plus petits qu'il a qualifiés de pseudo-nucléaires.
Enfui, en 1864, Balbiani a décrit chez la femme, sous le nom de vésicule embryogène, une formation déjà vue chez certaines araignées par Wittich en 1845 et plus tard par Leydig, par Garus et Leuckardl . liez les grenouilles, par Burmeister (1856) chez les crustacés, par Gegenbauèr •'liez les oiseaux, et désignée par Wittich sous le nom ,1e noyau vitellin. Chez la femme, la vésicule embryogène se présente sous forme d'une petite tache ronde, claire, large de 5 h 8 y., entourée de granulations qui la font reconnaître.
Pour Balbiani, c'est une cellule née par bourgeonnement d'une des cellules épithéliales qui dans l'ovisac entourent l'ovule. Cette cellule ne se confond pas avec le protoplasma vitellin. Elle jouerait vis-à-vis de la vésicule germinative un rôle analogue à celui du spermatozoïde; en déterminant une sorte de fécondation {préfécondation) suffisante chez certaines espèces animales au développement d'un être nouveau (parthénogenèse).
5° Substance médullaire ou bulbeuse. — Presque nulle chez le fœtus, elle forme au contraire cliez l'adulte la niasse principale de l'ovaire. Elle offre une couleur rougeâtre et une consistance spongieuse.
Elle ne renferme pas d'ovisacs; elle est constituée par du tissu conjonctif, des fibres musculaires lisses, provenant des ligaments uléro-ovarien et tubo-ovarien, des vaisseaux nombreux et des nerfs.
Vaisseaux et nerfs de l'ovaire. — Les vaisseaux abordent l'ovaire par le hile.
Artères. — Au-dessous du bord inférieur de l'ovaire, les artères ovariques venues de l'aorte ou de l'artère rénale, et les artères utérines, branches de l'hygogastriquc, communiquent par une anastomose en arcade (fig. 18).
De celle-ci partent une dizaine d'artérioles hélicines qui pénètrent ensuite dans le hile. Ces vaisseaux se ramifient beaucoup : réduits à un grand état de finesse, ils pénètrent dans la couche ovigène et vont former des réseaux sur les follicules.
Veines. — Elles sont volumineuses, noueuses, largement anastomosées, et forment à la périphérie un groupe de vaisseaux lins en rapport avec la zone corticale, et un autre groupe de vaisseaux plus volumineux, centraux, en rapport avec le hile. Au-dessous du hile, elles constituent un riche plexus qui communique avec le plexus pampiniforme et le plexus utérin.
NOTIONS RELATIVES A L'OVUUTION. 15
Lymphatiques. — Nés par un réseau très riche de la périphérie des ovisacs arrivés à maturité, ils se réunissent en cinq ou six troncs qui sortent du bile et vont se jeter dans les ganglions lombaires.
Nerfs. — Destinés probablement aux vaisseaux e1 au tissu musculaire
Fi<r. 9. — Coupe transversale d'un embryon au niveau des corps de Wolff (d'après Waldeyer).
Ao, Aorle. G, Glomèrule de Malpighi. CM, Conduit de Muller. \V, Canaux des corps de Wolf. Op, Ovule primordial. Ov, Sur face de l'ovaire.
ils proviennent des plexus ovariques et pénètrent dans l'ovaire en accompagnant les vaisseaux.
On ignore leur terminaison, bien que Luschka prétende avoir suivi un cylindre-axe jusque sur la paroi d'un follicule.
Développement de l'ovaire. — Dès la fin du premier mois de la vie embryonnaire, on remarque sur le bord interne du corps de Wolff une saillie blanchâtre recouverte par une épaisse couche d'épithélium germinatif. Au milieu de cet épithélium se trouvent des formes particulières à contour sphérique avec noyau très développé et un nucléole parfaitement visible. Ces corps sont les ovules primordiaux (fîg. 9, Op). Des poussées épithéiiales s'enfoncent dans le tissu conjonctif embryonnaire de la saillie sous-jacente du corps de Wolff. Ces poussées très nombreuses finissent par former des cordons pleins dans l'intérieur desquels se voient des follicules primordiaux.
Au moment de la naissance ces cordons ou tubes de Pflùger s'étranglent et prennent l'aspect d'un chapelet. Chaque grain du chapelet représente un follicule de deGraaf. Il est composé : l°au centre d'une grosse cellule avec un noyau (cette cellule constitue l'ovule) et le noyau la vésicule germinative; 2U d'une grande quantité de petites cellules presque réduites à l'état de
noyaux et qui forment les éléments de la membrane granuleuse (fig. 7, Mg).
Anomalies1. - - Elles ont trail au nombre el au volume des ovaires.
L'absence des deux ovaires esl extrêmement rare, et coïncide d'habitude avec d'autres vices de conformation ^compatibles avec la vie. Un certain nombre de descriptions d'absence des deux ovaires se rapportent plutôt à une atrophie acquise, plus ou moins considérable.
Un des ovaires peut manquer; la trompe correspondante est alors presque toujours atrophiée. On rencontre parfois la même anomalie avec un utérus bicorne dont une des moitiés est atrophiée.
Les ovaires sont quelquefois rudimentaires. Ils n'ont ni ovules ni follicules. Celle anomalie ne peut pas être reconnue d'une façon certaine pendant la vie.
Les ovaires surnuméraires seraient assez fréquents, d'après BeigeP qui en a rencontré 25 exemples sur 500 autopsies.
Fonctions de l'ovaire. Ovulation ou ponte spontanée. — L'ovule préexiste jusqu'à un certain pointa l'ovaire.
Celui-ci diffère donc des autres glandes de l'économie, en ce qu'il cesse à partir des premiers temps de la vie embryonnaire de sécréter des ovules. Son rôle réside tout entier dans la conservation et la perfection des ovules primordiaux. L'ovaire doit encore les mûrir et les expulser, c'est-à-dire les excréter à des époques déterminées qui se reproduisent habituellement tous les mois, pendant la vie sexuelle.
V ovulation ou ponte spontanée est à proprement parler la mise en liberté de l'ovule mûr. Deux phénomènes la préparent: deux autres en sont la conséquence.
Les deux premiers sont, : 1° la maturation et 2" la rupture de !'o\ isac.
Les deux derniers sont : 5° la migration de l'ovule devenu libre et 4° la formation du corps jaune due à la cicatrisation du follicule.
I" Maturation du follicule. Au moment de la puberté. 15 à c20 follicules augmentent de volume. Parmi eux il en est un qui prend un développement plus considérable (fig. 6, Fm, el fig. Kl).
Le bulbe de l'ovaire se vascularise, augmente de volume.
L'ovisac lui même se distend, devient plus saillant et finit par acquérir le volume d'une petite cerise (fig. 10).
La partie saillante à la surface de l'ovaire s'amincit. La paroi de la vésicule présente en effet à ce niveau une petite région dépourvue de
1 Puech. Des ovaires, de leurs anomalies. Paris. 1873.
1 Beigel. Path. anal, der Wciblichcn Unftuchibarkeit. Bràiinschwoig, 1878.
vaisseaux [macule) dont la vitalité et la résistance sont, en conséquence affaiblies. Le reste des parois de l'ovisac plutôt vascularisé subit delà part du bulbe congestionné et connue en érection une poussée excentrique.
La tension intérieure de l'ovisac s'accroît rapidement grâce à l'augmentation du quantité du liquor folliculi.
2° Rupture du follicule. Enfin la macule extrêmement amincie se rompt sur une étendue de 5 à 4 millimètres, et l'ovule entouré des cellules du disque proligère est projeté au dehors. La ponte est effectuée.
Que va devenir cet ovule? 11 va être recueilli par la trompe et di rigé vers l'utérus ou se perdre dans le péritoine.
3e Migration de
V OVUle La Cause ~ Ovaire présentant un follicule tic de Graaf prêt à se rompre,
de la pénétration
de l'ovule dans le pavillon de la trompe a été l'objet de recherches nombreuses de la part des physiologistes : d'où les hypothèses multiples émises à ce sujet.
Haller supposait que le pavillon de la trompe, rendue turgescente au moment de la ponte s'appliquait sur l'ovaire, le coiffait en quelque sorte de façon à recueillir l'ovule devenu libre.
Rouget admet le fait, mais l'explique par l'action du ligament rond postérieur, dont la contraction amènerait le pavillon sur l'ovaire.
La pénétration de l'ovule se ferait, pour Kchrcr et Liégeois, brusquement, et serait due à la projection de l'ovule éjaculé en quelque sorte par l'ovisac et lancé dans le pavillon de la trompe.
A ces trois théories on peut objecter avec Tarnicr et Chantreuil que les dimensions du pavillon de la trompe ne lui permettent pas de recouvrir tout l'ovaire. Il est en outre quelques espèces animales chez lesquelles le pavillon, très éloigné de l'ovaire, est fixe dans sa situation et ne saurait en aucune manière se mettre en contact avec lui.
Kivisch objecte en nulle à Retirer rpie la déchirure del'ovisac, souvent masquée par les organes voisins, ne permet pas la projection brusque de
l>ule. L'ouverture petite de l'ovisac est encore une raison pour Laquelle l'ovule doit cheminer lentement (Tarnier et Chantreuil).
Kivisch1 et après lui Hyrtl, Kûssmaul, admettent que l'ovule, mis en liberté d'ordinaire près du bord libre de l'ovaire, obéi! aux lois de la pesanteur et tombe en glissant sur l'une ou l'autre face de l'organe.
S'il glisse en avant, il rencontre le pli muqueux du pavillon el pénètre dans la trompe. S'il glisse sur la face postérieure, il s'égare) dans le péritoine et ne tarde pas à disparaître, à moins qu'il n'ait été fécondé, auquel cas une grossesse exlra-ulérine est constituée.
L'ovule serait aidé dans ce glissement, d'après Becker, par l'existence dans la région ovarienne et péri-ovarienne de courants liquides produits par une perspiration de l'ovaire, qui l'entraîneraient vers la trompe; courants assez forts, d'après Schrœder, pour faire passer l'ovule excrété par un ovaire dans la trompe du côté opposé (supermigration externe).
Hcnlc fait jouer le rôle principal à la gouttière creusée sur la frange qui constitue le ligament tubo-ovarien. Waldeyer a montré que chez le lapin et chez la femme cette région se recouvrait au moment de la ponte d'un épithélium à cils vibratiles dont les mouvements seraient la cause principale, sinon unique, du cheminement de l'ovule et de sa pénétration dans la trompe.
Une fois dans la trompe, l'ovule est poussé par les contractions de ce conduit ainsi que par le mouvement des cils vibratiles de l'épithélium tub'aire vers l'utérus, dans lequel il arrive douze à quatorze jours après sa sortie du follicule.
Les cellules du disque proligère qui l'enveloppaient se désagrègent rapidement; l'ovule s'entoure dans les deux tiers internes de la trompe d'une, couche épaisse d'albumine sécrétée par la muqueuse tubaire.
Si l'ovule a été fécondé avant son arrivée dans les deux tiers internes de la trompe, il se greffe sur la muqueuse utérine et s'y développe. Sinon il se détruit peu après son arrivée dans l'utérus.
4° Formation des corps jaunes. L'expulsion de l'ovule est suivie d'un travail de réparation, de cicatrisation du follicule rompu, quidonne lieu à la formation du corps jaune (oariule de Robin ; métoarion de Raciborsky).
Signalé dès 1561 par Fallope. considéré comme une glande destinée à sécréter l'œuf par Malpighi, le corps jaune fut bien décrit par de Graaf (1079). mais imparfaitement interprété. Cet anatomiste vit bien qu'il résultait de modifications survenant dans la vésicule rompue, mais il crut à tort qu'il était lié à l'existence d'une grossesse.
1 Mor.atschrifl. f. Gcbuit. Vol. I. p. 00 cl sqiv.
NOTIONS RELATIVES A l/OYULATIOK.
Fis
11.— Coupe transversale de l'ovaire après la rupluri d'un follicule de de Graaf.
VO, Vaisseaux ovariens. FF, Follicules en voie de développement. CJ, Corps jaune.
Haller croyait les rapports sexuels indispensables à la formation des corps jaunes. Costé démontra en 1857 que, die/ les mammifères, à l'époque du rut, les vésicules mûres se rompent indépendamment de la copulation, puisqu'on trouve des corps jaunes chez des femelles vierges.
D'après cet auteur, la rupture du follicule est suivie de l'exsudation de lymphe plastique souvent mêlée de sang, qui constitue un liquide d'abord filant connue du verre fondu, puis de plus en plus dense, qui remplit la cavité de l'ovisae. Le rôle le plus important appartient à la membrane interne du follicule (couche réticulée, tunique propre des auteurs, voy.
p. 10), qui subit une hypertrophie considérable, duc principalement à l'augmentation de la matière amorphe (Robin) et au développement des cellules géantes de l'oariule décrites par Robin en 1848. Autour de ces cellules, qui ne sont que des cellules lymphatiques augmentées de volume, et dans leur intérieur, se déposent des granulations réfringentes plus ou moins colorées, auxquelles le corps jaune doit son nom (de Sinéty).
La paroi interne hypertrophiée se plisse alors en formant des circonvolutions (fig. 11, C) de plus en plus épaisses (5 et 4 millimètres) sous l'influence de la rétraction de la paroi externe. Les bords libres des circonvolutions finissent par arriver au contact et se sondent. La lymphe sanguinolente disparait.
Le corps jaune est d'autant plus volumineux que l'animal fait moins de petits.
Chez la femme il est très volumineux
La couleur, jaune citron chez la femme, est rose chez la brebis, jaune orange chez la vache, brun sale chez la jument, gris jaune chez la lapine.
On admet, depuis Coste, que le corps jaune, lorsque la grossesse a suivi la rupture de l'ovisac, se développe jusqu'au troisième mois, puis ensuite s'atrophie. Les circonvolutions de la tunique interne se condensent et forment une masse compacte. Les vaisseaux sont comprimés et s'atrophient. Il ne reste plus à la fin qu'un noyau jaunâtre.
A la fin du quatrième mois le corps jaune a diminué d'un tiers, au cinquième mois de la moitié, du sixième au neuvième mois des deux tiers.
PRÉCIS D OBSThTIlIQUE. 2
I ne semaine après l'accouchemenl il forme parfois un tubercule de 7 à 8 millimètres de diamètre; mais dans nombre d'autopsies de femmes mortes pendant les jours qui suivent l'accouchement, il n'est pas possible de trouver de trace de. ce corps jaune.
DeSinéty s'élève contre cette opinion, vraie peut-être si l'on se contente d'un examen à l'œil nu, erronée au point de vue histologique. « En effet, dit-il, la couche réticulée dont l'hypertrophie caractérise le corps jaune va toujours s'épaississant de plus en plus, si bien qu'à trois mois elle esl à peu près égale à la couche fibreuse. Vers six mois, cette dernière ne l'orme plus que le tiers environ de la masse totale du corps jaune; enfin chez la femme à terme le tissu fibreux n'est plus représenté que par un petit noyau central, et les trois quarts du corps jaune sont constitués alors par le tissu lymphatique contenant de nombreuses cellules géantes. •
Le corps jaune de la grossesse est appelé vrai corps jaune, par opposition aux corps jaunes observés à l'état de vacuité et qu'on appelle faux corps jaunes ou corps jaunes de la menstruation.
Ces derniers évoluent plus rapidement, leur atrophie est rapide. En vingt-cinq ou trente jours la cicatrisation est achevée; il ne reste qu'un peu de tissu lamineux qui se confond avec le stroma de l'ovaire.
La différence tiendrait, d'après Coste, à l'activité plus grande des actes vitaux pendant la grossesse.