‹ Précis d'obstétrique. Ptie. 1Chapitre 36 sur 173 · ANATOMIE TOPO.GRAPHIQUE DU FŒTUS · texte numérisé non relu

ANATOMIE TOPO.GRAPHIQUE DU FŒTUS

poumon gauche : cette différence peut être do 9 millimètres (Ribemont).

Çaujw. Avant ['établissement de la respiration, le <-<i>tir C est

silué presque complètement dans le segment antérieur gaucho, ainsi qu'on pont s'en rendre compte en divisant la fig, 75 en quatre segments à l'aide de deux lignes perpendiculaires, l'une médiane et antéro-postérieure, l'autre transversale, se coupant par leur milieu.

Le cœur est très rapproché du sternum et du plan latéral gaucho, et éloigné du plan dorsal et du plan latéral droit. Sur la ligne médiane il esl séparé du sternum par le thymus au niveau des deux premières pièces et par le péricarde au niveau des troisième et quatrième pièces sternales. Le thymus le sépare encore du premier cartilage costal, mais le cœur est en rapport immédiat avec les deuxième, troisième, quatrième cartilages, avec l'extrémité antérieure des troisième, quatrième, cinquième côtes et les espaces intercostaux correspondants ; en outre, il est en contact direct avec la paroi thoracique antéro-latérale gauche, sur une étendue de 5 centimètres carrés ; plus en dehors il est séparé d'elle par le bord antérieur du poumon gauche ; la face postérieure du cœur est à 5 ou 6 millimètres en avant de la colonne vertébrale dont il est séparé par l'œsophage (fig. 75, Œ) et l'aorte Ao. — Lorsque l'enfant a respiré, le poumon gauche se dilate et refoule un peu le cœur à gauche; mais ce déplacement est minime.

Le tableau suivant, dressé par Ribemont-Dessaigncs, indique la distance minima qui sépare le centre du cœur des plans antérieur, postérieur, latéraux, et celle qui existe entre ce centre et les extrémités des deux lignes perpendiculaires qui divisent la poitrine en quatre segments :

f plan antérieur 22 mil!.

Distance minima du centre | plan postérieur 42,5

du cœur aux j plan latéral gauche 35

[ plan latéral droit. . . . - 62

I antérieure de la ligne médiane antero-posté-

rieure 25 mil!.

, postérieure de la même ligne 47

I gauche de la ligne transversale 57

\ droite de la ligne transversale 67

Le centre du cœur est plus rapproché de l'extrémité supérieure (apophyse odontoïde) que de l'angle sacro-vertébral; cette différence n'est pas de plus de 5 centimètres ; elle est souvent inférieure. — En outre, le cœur est à quelques millimètres près à égale distance de l'extrémité pelvienne et de l'extrémité céphalique fléchie ou délléchic (fig. 77).

Cavité abdominale. — Foie. Il est très volumineux et occupe la moitié de, la cavité abdominale (fig. 76, F) : son lobe droit descend à quelques

millimètres au-dessus de La crête iliaque correspondante ; transversalement il s'étend de l'hypocondre droit à l'hypocondre gauche.

Estomac. — Il (fig. 76, E) est recouvert on presque totalité par le foie et ne le déborde qu'au niveau de sa grosse tubérosité; il repose sur le paquet intestinal et recouvre par sa grosse extrémité la partie supérieure du rein gauche. D'après les recherches de Ribemont-Dessaignes, les parois de l'estomac ne seraient pas accolées l'une à l'autre pendant la vie intrautérine.

La rate (fig. 76,., Ra) est en rapport en haut avec le diaphragme, en dedans avec le pilier gauche de ce muscle, en dehors avec la paroi abdominale, en avant avec le foie.

Sa face postérieure est en rapport avec le diaphragme et recouvre en partie la capsule surrénale gauche.

L'intestin grêle (fig. 76, Ig) ne présente rien de particulier; le gros intestin Gl est rempli de méconium.

Les capsules surrénales, en partie recouvertes par le foie et la rate, sont très développées : le volume de chacune d'elles est égal au tiers de celui du rein; leur hase est excavée pour s'adapter à l'extrémité supérieure des reins qu'elles recouvrent en partie. Elles sont

Fig. 76. — Coupe verticale et transversale d'un fœtus a terme.

0. Oreille. S. Sternum. T. Thymus. /', poumon droit. I), Diaphragme. Co. Côtes. C, Cœur. Pe, Péricarde. H, Humérus. FF, Foie. Vc, Veine cane inférieure. Pa, Pancréas. E, Estomac. Ra, Raie. R. Rein. Ig, Intestin grêle. Gl, Gros intestin. 01, Os iliaque. V, Vessie. Fe, Fémur.

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constituées par des lobes que séparent des seissures peu profondes; leur partie périphérique a une teinte violacée; la partit; centrale est de couleur plus sombre pibemont-Dessaignes).

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Au fur et à mesure que l'ovule fécondé se développe et évolue, au fur et à mesure que les différents organes se forment, ils se mettent à fonctionner et arrivent à leur développement parfait lorsque le fœtus est à terme.

Pour connaître les faits principaux de la physiologie du fœtus à terme il faut étudier : la nutrition, V hématose, les sécrétions, la circulation et Yinnervation.

Nutrition. — Pendant les premières semaines de son développement, l'œuf emprunte successivement les matériaux qui lui sont nécessaires « au disque proligère , à la couche albumineuse sécrétée par la trompe, puis aux liquides que les villosités naissantes puisent dans la muqueuse utérine. Quand

l'embryon est formé, l'absorption nécessaire a son développement se fait aux dépens du contenu granuleux de la vésicule ombilicale, dont les parois renferment dans leur épaisseur des vaisseaux qui communiquent

Fig. 77. — Coupe antéro-postérieure du fœtus faite à gauche de la ligne médiane. — La ligne horizontale qui passe au milieu d'une ligne verticale représentant le fœtus traverse le cœur.

C. Cœur. P, Poumon gauche. D, Diaphragme. F, Foie. E, Estomac. Ra, Raie. [, Intestin. 0, Ombilic. Ru, Rein. Y, Vessie.

avec ceux du jeune organisme* Le contenu de cette vésicule est facilement absorbé, car il se transforme en peptone et en albuminose, qui sont l'un»' et l'autre très assimilables » (Tarnier et Chantreuil).

Lorsque la vésicule ombilicale s'est atrophiée de plus en plus vers la fin de la cinquième semaine, l'embryon se nourrit aux dépens des villosités choriales. C'est à tort que certains physiologistes ont prétendu que c'était par l'absorption du liquide amniotique que se nourrissait l'embryon el plus lard le fœtus. C'est par l'intermédiaire du placenta (voy. p. 10'2) que le fœtus reçoit de l'organisme maternel les éléments nutritifs nécessaires à son développement; c'est par les matériaux qui sont dissous dans le sang que se fait celle nutrition: de telle sorte que, suivant la remarque de Beaunis et Bouchard, il n'y a chez le fœtus ni digestion proprement dite, ni absorption alimentaire; le fœtus se trouve dans le cas d'un animal à qui Ton injecterait directement dans le sang les principes nutritifs, tels que les peptones et les sels minéraux.

Hématose fœtale. — Si l'on considère la respiration comme l'acte physiologique par lequel le sang veineux se transforme en sang artériel, oïl peut dire que la respiration existe chez le fœtus pendant la vie intrautérine ; mais il y a cette différence capitale entre ce qui se passe chez le fœtus et le nouveau-né, c'est que chez le premier l'oxygène est apporté par le sang maternel; tandis que chez le second il fait partie de l'air (jui est introduit dans les poumons.

Aussi n'est-il pas très rationnel de dire que le fœtus respire, puisqu'il n'existe chez lui qu'une partie des phénomènes qui constituent l'acte de la respiration. En réalité il y a seulement hématose, et encore cette l'onction est-elle pour ainsi dire à l'état d'ébauche : le fœtus n'a en effet besoin que de fort peu d'oxygène en raison du peu d'intensité des combustions; il perd peu de calorique puisqu'il n'y a pas de déperdition de chaleur par rayonnement et qu'il n'y a pas d'évaporation à la surface du corps ni à la surface des poumons. Aussi le fœtus résiste-t-il longtemps à l'asphyxie : il lui faut au cours du travail une suppression d'oxygène d'une certaine durée et assez complète pour qu'il succombe à l'asphyxie.

Cette question de la respiration fœtale in utero a été longtemps discutée : si quelques auteurs admettaient, sans preuve démonstrative, que la respiration a lieu au niveau du placenta et comparaient cet organe au poumon, d'autres (Schultze par exemple) croyaient à l'existence d'une respiration pulmonaire, analogue à la respiration branchiale.

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Cette opinion n'eut guère de succès : un certain nombre d'observateurs, ayant constaté une différence de coloration entre le sang de la veine et des artères, considérèrent l'hématose par le placenta comme nettement démontrée.

(Test en se basant sur d'autres considérations (présence de l'urée et de l'acide urique dans l'urine, activité musculaire et nerveuse du fœtus) Lie Schrwartz se rallia à cet avis; Schrœder admit également la respiration placentaire en s'appuyant sur ce que l'interruption de la circulation dans le cordon ombilical force le fœtus à exécuter des mouvements respiratoires.

C'est grâce aux recherches d'Hoppe-Seyler et de Zwcifel que le fait fut scientifiquement démontré : à l'aide du spectroscope ces auteurs constatèrent les raies spectrales d'absorption de l'hémoglobine oxygénée dans le sang des vaisseaux ombilicaux de fœtus n'ayant pas encore respiré.

Zweifel poussa plus loin l'analyse : en expérimentant sur des lapines pleines qu'il faisait respirer artificiellement ou qu'il rendait apnéiques à volonté, il constata que lorsque la mère respirait, le sang de la veine était rouge et celui des artères noir; lorsqu'au contraire on empêchait la mère de respirer, le sang prenait la même coloration dans les deux vaisseaux et même il devenait plus noir dans la veine que dans les artères. Ce qui tiendrait, d'après Zweifel et Zuntz, à ce que, par suite de l'asphyxie résultant de la suppression de la respiration, le sang maternel devient moins riche en oxygène que celui du fœtus et qu'alors les échanges se font en sens inverse : non seulement le fœtus ne reçoit plus d'oxygène de la mère, mais il lui en fournit un peu.

C'est ce qui explique pourquoi, dans les cas où la mère succombe par asphyxie simple sans intoxication, le fœtus meurt rapidement, parce que le sang maternel emprunte au sang fœtal l'oxygène qui ne lui parvient plus par les voies respiratoires. Aussi la mort du fœtus sùrvicnt-elle avec plus ou moins de rapidité suivant qu'il cède plus ou moins facilement de l'oxygène à la mère, suivant la composition du sang maternel. Ainsi, lorsque la mère succombe à l'asphyxie par le charbon, son sang est impropre a l'absorption de l'oxygène par les globules sanguins : la mort du fœtus arrive alors beaucoup plus lentement que si la mère meurt d'asphyxie simple.

Il y a donc « une véritable respiration se faisant au niveau des villosités placentaires et qui est constatée et par l'analyse chimique et par l'étude optique. Le fœtus, par l'intermédiaire du placenta, absorbe directement de l'oxygène et se débarrasse de son acide carbonique. La totalité des

globules sanguins maternels est h la circulation fœtale ce que l'air extérieur esl à la circulation pulmonaire. L'échange se fait de globule à globule. Si l'hématose existe chez le fœtus, elle est peu active el peu intense. Le sang du foetus contient beaucoup moins d'hémoglobine que le sang de la mère. » (Pinard).

Les recherches d'Andral, de Munster, d'Alexeef, de Fehling, ont montré que la température du foetus est un peu plus élevée que celle de la mère et que cette différence peut être même de 0,5 à 0,7 de degré : le fœtus possède donc une chaleur animale propre.

La première inspiration est due, à une contraction réflexe du diaphragme qui agrandit la cage thoracique et permet l'entrée de l'air dans les poumons.

Les mouvements respiratoires s'établissent d'une manière régulière; quant au point de départ du réflexe, il résulte peut-être de l'impression de froid qu'éprouve le fœtus en sortant des organes génitaux et surtout de la compression du cordon, de la suppression de la circulation utéro-placentaire. Les expériences de Zweifel ont en effet montré qu'il suffit d'une compression brusque du cordon pour que le fœtus fasse même in utero des mouvements prématurés d'inspiration.

Circulation. — H existe, pendant la vie intra-utérine, deux modes différents de circulation qui se succèdent, mais sont d'inégale importance : la première ou circulation de In vésicule ombilicale [circulai ion omphalo-mésentérique) ; la seconde, circulation ou circulation placentaire.

1° Circulation omphalo-mésentérique. — Elle n'apparaît guère que vers le quinzième jour du développement de l'œuf; jusqu'à cette époque il n'y a que des mouvements de flux et de reflux du liquide contenu dans la cavité cardiaque, sans communication avec les vaisseaux.

Au moment où se forme la circulation omphalo-mésentérique. le cœur est représenté par une sorte de tube renflé : de son extrémité anté rieure se détachent deux arcs aortiques qui se réunissent en un seul tronc (aorte thoracique); celui-ci se divise bientôt en descendant vers l'extrémité caudale de l'embryon en deux branches (vertébrales •postérieures) d'où naissent de nombreux rameaux artériels qui se distribuent dans les tissus de l'embryon et parmi lesquels deux artères vont à ['intestin et à la vésicule ombilicale (artères omphalo-mésenté riques).

Le san<?, chassé du cœur par la contraction, passe dans l'aorte, les artères vertébrales et les artères omphalo-mésentériques qui le conduisent

CIRCULATION FŒTALE.

clins les parois de la vésicule ombilicale; il s'y répand dans un riche réseau (aYea vase/dosa) et après s'être versé dans un sinus qui occupe la périphérie de Taira vasculosa (sinus terminal), il revient par deux veines dites ompkalo-mêsentériques à l'extrémité postérieure du cylindre cardiaque.

Celle première circulation n'a que peu de durée : la vésicule ombilicale s'atrophie de la quatrième à la sixième semaine en même temps que se développe l'allantoïde ; la partie correspondante des vaisseaux omphalomésentériques subit le même sort; les artères et les veines omphalomésentériques se réduisent à une artère mésentérique et à une veine mésentérique.

l2u Circulation placentaire. — Pour que cette circulation s'établisse il faut que le système circulatoire se modifie et se perfectionne.

Cœur du fœtus. — Le cœur, qui n'était d'abord qu'un tube rectiligne, se contourne en forme d'S, puis se divise en trois cavités : auriculaire, ventriculaire et cavité artérielle (ou bulbe aortique). De la pointe du ventricule part une cloison médiane qui divise en deux la cavité ventriculaire; d'où la formation de deux ventricules, droit et gauche.

La cavité auriculaire tend également à se dédoubler par une cloison qui part de la région auriculo-ventriculaire, est incomplète à sa partie supérieure et forme ainsi un orifice arrondi auquel on donne le nom de trou de Botal.

Dans le bulbe aortique qui se tord en spirale, se développe une cloison qui le partage en deux conduits dont l'un communique avec le ventricule droit : c'est l'origine de V artère pulmonaire future; l'autre avec le ventricule gauche : c'est l'origine de Y aorte. Un vaisseau, canal artériel, fait communiquer l'artère pulmonaire avec l'aorte thoracique.

Artères ombilicales. — Des artères vertébrales primitives partent deux branches nouvelles, les artères ombilicales qui se ramifient dans la vésicule allantoïde en voie de développement : d'où le nom d'artères allant oïdienne s . Les artères vertébrales se fusionnent en un seul tronc, l'aorte abdominale; puis, des artères ombilicales partent deux branches grêles, artères iliaques, qui prennent bientôt un développement considérable, de telle sorte qu'elles semblent plutôt donner naissance aux artères ombilicales qu'en être les branches.

Les artères iliaques primitives se bifurquent en iliaques externes et internes; les premières se rendent aux membres inférieurs; les iliaques internes ou hypogastriques donnent en réalité naissance à deux artères ombilicales qui remontent de chaque côté de l'ouraque derrière la face postérieure de la paroi abdominale antérieure.

Ainsi nées successivement des artères vertébrales, de l'aorte abdominale, des artères iliaques, les artères ombilicales vont se ramifier dans la vésicule allantoïde et par suite dans le placenta.

Veines ombilicales. - - Par quelle voie le sang fœtal, ainsi conduil dans les villosités placentaires, est-il ramené au cœur? Deux veines ombilicales ou allantoïdiennes, placentaires, partent de la vésicule allantoïde ; l'une d'elles ne tarde pas à s'atrophier, l'autre vient se jeter d ins l'extrémité postérieure du cœur en se fusionnant avec le bout central de la

veine mésenlorique.

Sur ce tronc commun se forme un bourgeon qui sera une ghnàevascu-

laire sanguine, le foie; dès que cet orgi estformé, la veine ombilicale

envoie, dans ce bourgeon glandulaire, des ramifications vasculaires (vaisseaux hépatiques afférents) qui constituent le système de la veine porte; ces ramifications vasculaires débouchent dans les veines hépatiques efférentes (veines sus-hépatiques) qui se jettent dans le tronc commun à la veine ombilicale et à la veine omphalo-mésentérique; la portion de la veine ombilicale comprise entre la veine omphalo-mésentérique et l'embouchure des veines sus-hépatiques, passe au-dessous du foie et constitue le canal veineux d'Aranzi.

C'est à la même époque que se développent les veines cardinales et les canaux de Cuvier ainsi que les deux veines caves. La veine cave inférieure est d'abord petite et se jette dans la veine ombilicale près du cœur: mais elle ne tarde pas à prendre un tel développement qu'elle est plutôt considérée comme le tronc collecteur de la veine ombilicale et qu'en réalité c'est elle qui se jette dans le cœur; à ce niveau s'abouchent de chaque côté par un canal commun (canaux de Cuvier) les veines qui ramènent le sang du corps de l'embryon (veines cardinales antérieures et postérieures) . Les veines cardinales postérieures s'atrophient et ne laissent plus comme trace de leur existence que les veines azygos.

Après avoir étudié la canalisation circulatoire chez le fœtus, voyons quel est le cours du sang : au moment de la contraction du muscle cardiaque, le sang est projeté à la fois du ventricule gauche dans l'aorte, du ventricule droit dans l'artère pulmonaire. « Le sang qui arrive dans l'aorte est en grande partie dirigé vers la tête et les bras par le tronc brachio-céphalique, par la carotide primitive gauche et l'artère sousclavière gauche. — Le sang qui a été projeté dans l'artère pulmonaire n'arrive qu'en liés petite quantité aux poumons qui sont encore inactifs; il passe en presque totalité dans le canal artériel qui le conduit dans l'aorte, au-dessous de l'émergence de l'artère sous-clavière gauche.

ClliCULATION FŒTALE;

« En ce point l'aorte contient donc du sang qui provient en partie du ventricule gauche, en partie du ventricule droit par l'intermédiaire du canal artériel; et ce liquide, en parcourant les différentes branches de l'arbre aortique, pénètre dans tous les organes situés dans le tronc, dans toutes les parties des membres inférieurs et dans le placenta, où il est apporté en grande quantité par les artères ombilicales » (Tarnier et Chantreuil).

Le sang qui a été envoyé à la tète et aux membres thoraciques est ramené par la veine cave supérieure YC S à l'oreillette droite OD, passe de là dans le ventricule droit VD qui le lance dans l'artère pulmonaire A P. La petite quantité de sang apportée aux poumons par les ramifications de l'artère pulmonaire revient à l'oreillette gauche par les veines pulmonaires sans avoir été hématosée.

Du placenta le sang fœtal, oxygéné, revient par la veine ombilicale VO; au niveau de la conjonction de cette veine avec la veine omphalo-mésentérique, le sang se partage en deux courants : l'un, très important, suit le canal veineux d'Aranzi, et passe dans la veine cave inférieure ; l'autre se rend au foie et se ramifie dans les branches de la veine porte.

La veine cave inférieure Y CI, renfermant à la fois le sang qui revient des parties inférieures, celui du canal veineux et des veines snshépatiques, verse son contenu dans .l'oreillette droite OD; mais ce sang ne tombe pas comme chez l'adulte dans le ventricule droit ; la pré sence de la valvule cVEusladie à l'embouchure de la veine cave inférieure le dirige par le trou de Botal dans l'oreillette gauche 0 G. Cette colonne sanguine croise donc (fig. 78) la colonne sanguine qui, ramenée par la veine cave supérieure dans l'oreillette droite, passe dans le ventricule droit; il y a un léger mélange de ces deux courants.

Le sang présente une oxygénation plus ou moins marquée suivant les points où il se rend; de tous les organes, c'est le foie qui chez le fœtus, reçoit, par l'intermédiaire de la veine porte, le sang le plus riche en oxygène. Après le foie, viennent le cœur, l'extrémité supérieure du corps et enfin le tronc et les membres inférieurs.

En effet, le sang qui est ramené du placenta reçoit, avant d'arriver au cœur, en plusieurs endroits du sang veineux : au niveau où la veine ombilicale reçoit la veine omphalo-mésentérique, il y a un premier mélange, puisque cette veine charrie le sang qui provient de la rate et de l'intestin; plus loin la veine cave inférieure amène le sang revenant des membres inférieurs, des reins et des veines sus-hépatiques.

Le sang hématosé continue à recevoir du sang veineux : au niveau de

l'oreillette droite, comme nous L'avons vu; dans l'oreillette gauche par le sang qui y est versé par les veines pulmonaires; enfin dans l'aorte cm

reçoit le sang du canal

Fig. 78, — Schéma île la circulation placentaire du l'œlus.

artériel.

Telle est la circulation du fœtus pendant la vie intra-utérine : il est utile de remarquer que, la veine ombilicale V(J a le rôle d'artère puisqu'elle contient du sang artériel et les artères ombilicales AO celui de veines puisqu'elles charrient du sang veineux.

Signalons encore l'épaisseur égale des parois des deux ventricules : ce fait est sans doute dû à ce que la tension est la même dans le cœur droit et dans le cœur gauche. Notons enfin que les quatre cavités cardiaques servent à la circulation générale on grande circulation.

Que se passe-t-il an moment de la naissance?

Le fœtus, aussitôt après son expulsion, se met gè> néralement à crier et l'ait de profondes inspirations; un affhîx sanguin assez

P, Placenta. CO, Cordon ombilical. VO, Veine ombilicale. F, Foie. CV, Canal veineux d'Aranxi. VsH, Vaines sus-hépathiques. VCI, Veine cave inférieure. VCS, Veine cave su. périeure. OD, Oreillette droite. VD, Ventricule droit. OC, Oreillette gauche. VG, Ventricule gauche. TB, Trou de Botal. AP, Artère pulmonaire se divisant en APD (artère pulmonaire droite) et APC (artère pulmonaire gauche) considérable SC produit ail et réunie à l'Aorte A par le Canal artériel CA . TBC, Tronc ^ 1 brachw-céphalique naissant de l'Aorte. CD, Carotide pri- niveau des pOUlUOUS ; le mitive. SC, Sous-clavicre du côté gauche. AU, Artère hypo- »„„T„X«n nu onniari

gastrique. AO, Artères ombilicales. sailg S OXVgeilC ail COMa( t

de l'air qui a pénétré dans les ramifications bronchiques; ce sang oxygéné est versé par les veines pulmonaires dans l'oreillette gauche d'où il passe dans le ventricule gauche qui le lance dans l'aorte assurant ainsi la circulation générale.

CIRCULATION FŒTALE.

Le sang, chargé d'acide carbonique, que les veines caves VCI et VCS, ont ramené dans l'oreillette droite, passe en entier dans le ventricule droit qui le lance dans le tronc de l'artère pulmonaire. L'appel fait par l'inspiration détermine le sang à s'engager dans les branches pulmonaires de l'artère de ce nom APD et APG, et à abandonne]- la voie du canal artériel CA. Aussi celui-ci est-il oblitéré en deux ou trois jours.

Il en est de même, 1 "2 à 15 jours plus tard, du trou de Botal, que ne traverse plus le sang venant de l'oreillette droite. La pression sanguine dans l'oreillette gauche est assez élevée pour s'y opposer.

Les vaisseaux ombilicaux s'oblitèrent dans leur trajet intra-abdominal et se transforment peu à peu en cordons fibreux. Leur portion funiculaire subit le même sort que le segment de cordon qui les contient; celui-ci se flétrit, se dessèche, et tombe cinq ou six jours après la naissance.

Sécrétions. — Les fonctions sécrétoires et excrétoires du fœtus sont peu développées, en raison de la faible intensité des phénomènes d'assimilation et de désassimilation.

Peau. — Ce n'est guère qu'à partir du cinquième mois qu'elle commence à fonctionner; les glandes sébacées sécrètent alors une matière grasse, qui en se mélangeant aux cellules épidermiques forme l'enduit sébacé (vernix caseosa), qui recouvre le corps du fœtus.

Il est possible que les glandes sudoripares fonctionnent également au cours de la vie intra-utérine : L. Prochownick pense que c'est elles qui fournissent une partie de l'urée et du cblore que l'on trouve dans le liquide amniotique.

Muqueuses. — De toutes les muqueuses, c'est celle du tube digestif qui sécrète de la façon la plus abondante, pendant la vie intra-utérine. Dès le troisième mois, il existe dans l'estomac un peu de mucus clair, à réaction acide, non coagulable par la chaleur.

C est à la même époque, en raison du développement énorme du foie, i qu'apparaît la sécrétion biliaire; puis vers le cinquième mois la bile vient : se mélanger au mucus formé dans l'intestin grêle et lui donne sa coloralion verdâtre. C'est ce mélange qui, dans les derniers mois de la grossesse, I forme le méconium, qui contient en outre un grand nombre de cellules ! résultant de la desquamation de l'épithélium du tube digestif.

Le méconium présente une consistance mollasse, pâteuse et une coloration brun verdàtrc; il se forme d'abord dans l'intestin grêle, pénètre ensuite dans le gros intestin et s'accumule dans le rectum.

Séreuses. — Les membranes séreuses fonctionnent faiblement pendant la vie intra-utérine. C'est surtout au niveau des méninges céré-

rr.iîcis d'oestiîtmqce. o

braies et spinales se forme la sérosité la plus abondante (liquide céphalorachidien).

Dans certains cas pathologiques, le liquide est formé dans les séreuses en trop grande abondance (hydrocéphalie, hydrorachis, hydrothorax, ascite).

Urine. — Pendant le premier tiers ou la première moitié de la grossesse, les corps de Wolff sécrètent et font l'office de reins temporaires, de reins primordiaux. Lorsque leur rôle cesse, celui des reins commence : la sécrétion urinaire est admise par tous les auteurs.

Il n'en est pas de même de l'excrétion urinaire, au cours de la grossesse; nous avons vu, à propos des origines du liquide amniotique, les arguments invoqués par ceux qui considèrent l'urine émise par le fœtus comme l'une des principales sources du liquide amniotique. L'émission de l'urine pendant la vie intra-utérine doit être un fait exceptionnel; sur la figure 154, il est facile de voir la vessie d'un fœtus remplie d'urine.

Innervation. — On ne sait rien de précis sur les fonctions du système nerveux pendant la vie intra-utérine; il semble que la sensibilité se développe d'assez bonne heure, mais les expériences entreprises à cet égard ne sont pas absolument démonstratives.

Viabilité et vitalité du fœtus. — Lorsque le fœtus n'a pas de malformation organique importante, lorsque sa vitalité n'a pas été trop compromise au cours du travail et qu'il naît à ternie, il est viable, c'est-à-dire apte à vivre de la vie extra-utérine; il n'est même pas nécessaire pour cela qu'il vienne à terme, c'est-à-dire du 265e au 270e jour après la fécondation. Tendant le huitième et le neuvième mois de la grossesse, nombre de fœtus peuvent naître, vivre et se développer, si la cause qui a produit l'interruption de la grossesse n'a point en même temps exercé une action

nocive sur le fœtus.

Ouant à la limite minima à établir au point de vue de la viabilité, elle est fixée par la loi au 180e jour après le dernier rapport sexuel; mais cette viabilité médico-légale ne concorde pas tout à fait avec la viabilité médicale, puisque ce n'est guère qu'à partir du 200e ou 210e jour que le nouveau-né est réellement bien viable.

Malgré les perfectionnements apportés par Tarnier dans ces dernières années^ à l'élevage des prématurés, c'est-à-dire des enfants nés avant terme malgré l'emploi de la couveuse, du gavage, les enfants qui naissent au cours du septième mois n'ont guère chance, de vivre; sans doute on élève ch- enfants qui ne pèsent que 1 000 grammes à 1 200 grammes au moment de leur naissance. Ainsi l'un de nous a donne ses soins a un

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