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MODIFICATIONS DU CORPS DE L'UTÉRUS

de cette minceur : il semble en effet que l'on sente les parties fœtales Immédiatement sous la paroi abdominale.

C'est encore grâce h cette minceur que l'on peut quelquefois à la fin de la grossesse reconnaître, à l'aide du toucher vaginal, les sutures et les fontanelles à travers le segment inférieur de l'utérus.

Consistance. — Pendant la grossesse l'utérus perd la consistance leneuse qu'il possède à l'état de vacuité. Les parois s'assouplissent et présentent une mollesse élastique qui donne au globe utérin une consistance particulière, d'ordinaire facile à apprécier par le palper. Cette souplesse permet au fœtus dans ses déplacements de refouler les parois utérines, et d'y imprimer des reliefs que l'on voit facilement. C'est grâce à elle que l'accoucheur peut explorer le contenu utérin, et que le palper constitue un des meilleurs moyens d'exploration et de diagnostic.

Modifications de structure de l'utérus. — Pendant la grossesse, l'utérus est dans tous ses éléments le siège d'une hyperplasie considérable que nous devons étudier dans chacune des tuniques de l'organe.

Tunique séreuse. — Bien que la surlace de l'utérus à terme soit en moyenne vingt et une fois plus considérable qu'avant la grossesse, le péritoine a les mêmes rapports et la même épaisseur à la fin de la grossesse qu'avant la conception.

S'agit-il Là d'un dédoublement du péritoine dont les replis s'effaceraient, fle façon à permettre à l'utérus d'être tapissé d'une séreuse d'emprunt?

Faut-il au contraire admettre un développement hyperplasique de la tunique péritonéale ?

Les deux hypothèses sont plausibles. Les éraillures d'ailleurs légères de la séreuse, le peu de largeur des ligaments larges plaident en faveur de la première.

Cependant c'est à la seconde hypothèse qu'il faut attribuer la plus large part de vérité. L'insertion des ligaments ronds, de la trompe et du ligament de l'ovaire empêchent en effet le glissement du péritoine des régions sous-jacentes de l'utérus vers son fond. L'hyperplasic des éléments de la séreuse permet seule d'expliquer comment le péritoine suffit à tapisser le fond de l'utérus au terme de la grossesse.

Tunique musculaire. — Deux phénomènes produisent l'augmentation de volume de la couche musculaire utérine :

1° L'accroissement de volume des fibres cellules préexistantes.

Cet accroissement est te1, que celles-ci deviennent, d'après Kôlliker, de 2 a 7 fois plus larges et de 7 à 11 fois plus longues.

An lieu de mesurer en effet 0mm,005 de largeur et de 0mm,05 à 0ram,07 de longueur, les fibres cellules ont dans la seconde moitié de la grossesse

de 0mffl,009 à 0mm,014 de largeur est de 0u,m,20 à 0 ,52 de longueur.

2° La néo-formation d'éléments musculaires; elle se produit surtout dans la première moitié de la grossesse, et siège exclusivement dans la couche la plus profonde de la tunique musculaire; Kôlliker n'en a pas trouva'1 après le sixième mois.

Les fibres musculaires de l'utérus subissent encore une autre modification. Elles prennent un aspect strié analogue à celui que présentenl les libres des muscles volontaires. Hanviera uns ce l'ait hors de doute : « Chez la femme et les femelles du chien et du lapin, les fibres utérines présentent à la fin de la grossesse une striation évidente, bien qu'elle soil loin d'être aussi nette, que sur les muscles striés ordinaires. »

L'hypertrophie du muscle, bien manifeste au niveau du corps de l'utérus, est peu marquée au niveau du col.

Ajoutons que le tissu conjonctif lui-même s'hypertrophie au point de présenter « par places, à la fin de la grossesse, des fibrilles parfaitement distinctes ». (Kôlliker.)

Texture de l'utérus pendant la grossesse. — Les anatomistes ont depuis longtemps cherché à pénétrer la disposition des faisceaux musculaires de l'utérus; cette étude de la texture du muscle utérin est des plus difficiles, en raison de l'enchevêtrement très compliqué des faisceaux qui le composent.

Les travaux de Sue (175")), de Meckcl (1791), de Galza (18:07), de Mme Boivin (1821), de Deville (1844), de Dubois et Pajot (1860), et enfin surtout ceux de Hélie (de Nantes) (1864), ont fixé au moins dans ses lignes générales cet intéressant point d'anatomic.

Trois couches de fibres sont superposées dans l'utérus sans être, tant s'en faut, absolument distinctes. Les fibres et les faisceaux passent, en effet d'une couche à une autre et s 'entrer croisent de façon à faire un ensemble dont les différents plans sont impossibles à délimiter nettement.

Étudions d'abord la texture musculaire du corps de Vutêrus.

a. Couche musculaire externe. —Elle comprend des fibres qui affectent dans leur ensemble deux directions principales : 1° longitudinale, et 2° transversale.

1° Les fibres longitudinales forment un faisceau médian décrit par Sue, Calza, Mme Boivin, Deville, Dubois et Pajot, et nomme par ilélie faisceau ansiforme.

Ce faisceau (fig. 86), né en arrière, à l'union du corps et du col, parcourt verticalement sous forme de bande assez étroite la partie médiane de la face postérieure du corps de l'utérus, se recourbe au niveau de son fond, puis descend sur la face antérieure (fig. 87 , FAn) en suivant la ligne médiane

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