LYMPHATIQUES DE L'UTÉRUS
elles forment des canaux fréquemment anastomosés, volumineux, qui portent le nom de sinus.
Les veines de l'utérus ne présentent pas de valvules.
L'extrême vascularisation de l'utérus et la disposition des vaisseaux, qui sont comme creusés dans l'épaisseur du tissu musculaire, ont fait comparer par Rouget l'utérus à un organe érectile.
Lymphatiques. — Les lymphatiques1 de l'utérus pénètrent dans ses différentes couches. Ainsi l'on peut distinguer :
1° Les lymphatiques de la muqueuse,
2° Ceux de la tunique musculaire,
5° Ceux de la couche sous-séreuse.
1° Lymphatiques de la muqueuse. D'après plusieurs auteurs (Fridolin, Léopold, etc.), le système lymphatique n'est pas représenté par de véritahles vaisseaux, mais seulement par des lacunes ou espaces lymphatiques qui communiquent avec les vaisseaux de la couche musculaire. D'après P. Poirier, les vaisseaux lymphatiques existeraient réellement, mais ils
1 Les lymphatiques de l'utérus ont clé étudiés successivement par Cruiskshank, Mascagm, à l'aide d'injections au mercure, puis par Cruveilhier, J. L. Championnière, surdes utérus de femmes ayant succombé à l'infection puerpérale el dont les lymphatiques étaient en quelque sorte injectés par le pus.
Fridolin (de Saint-Pétersbourg), en 1872, a étudié, au point de vue macroscopique et hislologique, les lymphatiques de l'utérus gravide chez plusieurs mammifères en injectant ces vaisseaux, non pas avec le mercure, mais avec une masse à injection de couleur différente pour les vaisseaux sanguins et pour les vaisseaux lymphatiques. Il admel des vaisseaux superficiels et des vaisseaux profonds :
a. Les vaisseaux superficiels sont constitués par des réseaux irréguliers, anostomotiques dans le tissu sous-séreux de l'utérus, qui s'unissent en quelques troncs communs qui communiquent avec les lymphatiques du ligament large au niveau de son insertion au bord de l'utérus.
Les vaisseaux profonds naissent dans la muqueuse, traversent la couche sous-muqueuse la couche musculaire de l'utérus ; puis, en se réunissant, ils forment de gros troncs dans là couche sous-séreuse et se rendent dans les vaisseaux lymphatiques du ligament large
En 1874, parait un important mémoire de Léopold, qui, à l'aide d'injections bien faites peut suivre les l ymphatiques dans les différentes couches de l'utérus des animaux et de la femme 'et les examine Wslologiquement dans leurs formes et dans leurs rapports avec les vaisseaux san^ins
En 18/9 Mierzejewski décrit chez les animaux les vaisseaux lymphatiques sous-séreux de 1 utérus el leur reconnaît deux réseaux, l'un profond, l'autre superficiel en anses , l'!lH1o^mmICnt' P°iriCr {LymPhatiques des organes génitaux de la femme, Progrès médical, 1889) a lait une élude d'ensemble des lymphatiques des organes génitaux de la femmeil donne une description détaillée, mais un peu schématique, des lymphaliques de l'utérus il sesl servi, dit Wallich, à qui nous empruntons cet historique, de « l'injection au mercure ' et Ion sait que celle-ci ne permet que les constatations macroscopiques 1res importantes et très caractéristiques, quand il s agit de gros troncs, mais elle ne permet pas d'étudier les fines ramiucations et les capillaires lymphatiques dans l'intimité des tissus ».
Wallich [Recherches sur les vaisseaux lymphaliques sous-séreux de l'utérus qravide el non gravide. Thèse de Paris, 1891), a lait h, critique historique des procédés employeur I é.uaë des lymphatiques utérins cl étudié macroscopiquement el microscopiquement lés vaisseaux lymphatiques ,1 utérus non gravides el d'utérus (,1c femme) sains el gravides. La description porte surtout sur e système lymphatique sous-séreux : il lait remarquer avec raison que, « sauf pur ce qui regarde les gros troncs afférents d'un système lymphatique, on ne saurai! que difficilement affirmer sans examen histologique si un vaisseau a le, caractères d'un vaisseau lymphatique ou d un vaisseau sanguin. » 1
précis d'obstétiuque. -
seraient très fragiles et ne pourraient être injectés directement; c'est en piquant la muqueuse du col que l'on voit le réseau se prolonger sur les parois de la cavité du corps utérin et envahir tout l'utérus. Ce réseau es! moins riche que celui de la muqueuse du col avec lequel il se continue; les capillaires qui le forment sont plus gros et forment de grandes mailles.
La muqueuse du col, plus dense, plus ferme que celle du corps, loge des lymphatiques plus résistants qui se continuent en haut avec ceux de la mu-
Fig. 19. — Vaisseaux lymphatiques de l'utérus (d'après 1'. Poirier).
I Lymphatiques venant du corps et du fond de. l'utérus. 2, Ovaire. 5, Trompe. 4, Ligament rond. 5, Vagin. Cet 7, Ligament large. 8, Col utérin. 9, Vaisseaux lymphatiques venant du corps tic l'utérus et se rendant aux ganglions lombaires. 11 et 12, Vaisseaux lymphatiques venant du col utérin et se rendant aux ganglions iliaques. 15, Lymphatiques de la trompe se jetant dans les lymphatiques utérins.
(pieuse du corps et en bas avec ceux de la muqueuse du museau de tanche.
2° Lymphatiques de la couche musculaire. Les trois plans musculaires (interne, moyen, externe) possèdent des vaisseaux lymphatiques.
Les vaisseaux lymphatiques sont plus nombreux dans la couche moyenne et surtout dans la couche externe. Tous ces vaisseaux communiquent largement entre eux.
Ceux de la couche externe communiquent avec ceux de la couche sousséreuse.
3° Lymphatiques de la couche sous-séreûse. Les lymphatiques du tissu sous-séreux sont extrêmement nombreux.
Nous avons vu que Micrzejewski les divisait en superficiels et profonds : il a, en outre, décrit dans cette couche des sortes de stomates qui paraissent établir une communication directe entre la cavité péiïtonéale et les lymphatiques de l'utérus.