NERFS DE L'UTÉRUS
Poirier décrit des lymphatiques de la couche sous- endothéliale du péritoine, très superficiels, qui forment par leurs anastomoses de très riches réseaux et qui débouchent avec des gros troncs sous-séreux. Il existe donc deux réseaux superposés : le réseau sous-séreux composé par K s gros troncs qui sortent de l'organe et le réseau superficiel formé par des capillaires extrêmement lins. Ce réseau superficiel, que Poirier appelle réseau du péritoine utérin, existe sur toute la partie de l'utérus qui est recouverte parle péritoine.
Les recherches de Wallich lui ont montré que :
1° SurYutérus non gravide, le système lymphatique paraissait constitué par un certain nombre de réseaux très fins aboutissant à des troncs situés à dos niveaux divers dans la couche sous-séreuse. En outre, il existe des ramifications lymphatiques extrêmement fines aboutissant à des espaces qui ont pu être considérés comme un système lacunaire originaire dans d'autres organes .
2° Le système lymphatique sous-séreux étudié chez la femme sur un utérus gravide et sain, tout en présentant une augmentation dans le calibre des vaisseaux qui le constituent, ne semble pas atteindre eii volume l'importance qu'on lui a attribuée.
Ce système lymphatique paraît également constitué par des réseaux très fins (qui sont des capillaires largement anastomosés) et par des troncs lymphatiques dont les uns sont superficiels et les autres profonds.
Les lymphatiques du col utérin se réunissent en deux ou trois gros troncs lymphatiques qui accompagnent les vaisseaux utérins; ils passent avec l'artère utérine en arrière de l'uretère, et suivent le bord inférieur du ligament large en occupant l'interstice des deux feuillets péritonéaux qui se relèvent à ce niveau pour former ce ligament (fig. 19, 11 et h2). Ils se dirigent ensuite transversalement en dehors pour gagner la paroi latérale du bassin, puis un peu en haut et en arrière pour se jeter dans les deux ou trois ganglions lymphatiques situés dans l'angle de bifurcation de l'artère iliaque primitive.
Le ganglion sous-pubien, décrit par plusieurs auteurs, n'existe pas, non plus que celui décrit par L. Championnièrc à l'union du corps et du col : ce qui existe à ce niveau, comme d'ailleurs l'a bien vu cet autour, c'est un plexus lymphatique au niveau duquel les vaisseaux se pelotonnent les un- sur les autres.
Quant aux lymphatiques du corps, ils se rendent aux ganglions lombaires.
Nerfs. — Les nerfs de l'utérus viennent de la moelle par les troisième et quatrième nerfs sacrés et du sympathique par les plexus utérins, qui sont constitues eux-mêmes par des branches du plexus hypogastrique.
Avant de pénétrer dans l'utérus, ces nerfs se réunissent presque tous
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sur les côtés du col en une masse nerveuse [ganglion cervical de Frankenhauser)', quelques-uns pénètrent directement dans L'utérus. On a beaucoup discuté sur la nature de ce ganglion de Frankenhauser : quelquesuns le considérant comme un plexus nerveux, d'autres comme un ganglion nerveux unique. Il est définitivement admis aujourd'hui, d'après les travaux de Jastrebow et de Frankenhauser lui-même, que cette masse nerveuse n'est point un ganglion, mais un lacis nerveux.
Les filets nerveux: forment trois réseaux : 1° un réseau sous-péritonéal peu important; 2U un réseau qui se rend à la couche musculaire et qui est très développé, les fibres nerveuses s'y terminent comme dans les muscles à fibres lisses; 5° un réseau qui se rend à la muqueuse et dont les fibres se terminent (d'après Patenko) les unes dans les culs-de-sac glandulaires, les autres dans la muqueuse elle-même.
Les nerfs de l'utérus s'anastomosent avec les nerfs des organes voisins.
Au point de vue physiologique, on peut attribuer aux nerfs de I utérus quatre fonctions :
1° Action glandulaire (nerfs sécrétoires) ;
2° Action trophique (nerfs vaso-moteurs) ;
5° Action sensitive ;
V Action motrice, qui n'est pas sous l'influence de la volonté. La présence de nerfs dans le col a été contestée; il est démontré que les nerfs y sont nombreux.
Le centre moteur de l'utérus est situé dans la moelle au-dessous de la
dixième lombaire.
Développement de l'utérus. — L'utérus se développe aux dépens des deux canaux de Millier. D'abord isolés, ceux-ci vers le deuxième mois de la vie embryonnaire se soudent dans toute la partie située au-dessous du ligament rond. Ce dernier établit ainsi la limite entre l'utérus et la trompe. La fusion se fait de bas en haut et, par conséquent, s'opère d'abord au niveau de la partie supérieure du vagin. La cloison qui résulte de l'accolement des deux canaux disparaît ensuite et progressivement de bas en haut. Sur un utérus d'un enfant né à ternie, on voit que le col de l'utérus est aussi long que son corps (fig. 20).
Les vices de conformation del utérus sont toujours le résultat d'un arrêt de-développement qui frappe l'utérus pendant, la vie embryonnaire ou fœtale.
Moyens de fixité de l'utérus. — L'utérus à l'état de vacuité est maintenu dans sa situation physiologique par des ligaments multiple-. Ce sont : I" les ligaments larges-, 2° les ligaments ronds; 5° les ligaments utéro-sacrés-, 4° les ligaments vésico-ùtérins. Lorsque l'utérus gravide se développe, s'hypertrophie, ces ligaments subissent les mêmes