INJECTION INTRA-UTÉRINE
langer; elle est à l'abri des dangers qui ont été signalés à la suite des injections vaginales (phénomènes de shok, syncope, rupture des culs-desac, etc.).
Ce n'est pas sans un certain étonnement qu'on voit Chamberlain |ffirmer qu'il a observé 12 cas de péritonite consécutive aux injections |a°inales chaudes; de même Frank Frerstcr et Mundé reconnaissent que
Fig. 123. — Injection vaginale laite immédiatement après la délivrance.
U, Utérus. V, Vessie. S, Symphyse. PI, Petites lèvres. Gl, Grandes lèvres. A, Anus. R, Rectum. Sa, Sacrum. Lp. Lèvre postérieure du col. La, Lèvre antérieure du col.
des injections vaginales peuvent provoquer des phénomènes dangereux. •Le seul inconvénient d'une injection même bien faite, c'est d'exposer la femme à l'intoxication médicamenteuse, lorsqu'il existe une plaie vaginale étendue et qu'on emploie une solution trop forte d'antiseptique.
Injection intra-utérine. — Elle est plus délicate à faire; c'est une petite opération, un véritable cathétérisme qui doit être pratiqué par l'accoucheur lui-même ou par une sage-femme très-expérimentée ; elle ne doit jamais être confiée à une personne ne connaissant pas l'anatomie du conduit utéro-vaginal.
2<r>4 DE L'ANTISEPSIE OBSTÉTRICALE.
La femme peut rester allongée dans son lit, le bassin relevé pour permettre d'abaisser l'extrémité de la canule; cette manœuvre est encorj plus facile à exécuter lorsque la femme esl en travers du lit dans la posa l ion obstétricale.
Toute injection intra-utérine doit être précédée d'une injection vaginale laite avec une canule vaginale; puis le doigt va à la recherche du col ou de son orifice externe; ce qui dans certains cas de délabremenl de l'orificJ utérin, à la suite d'une application de forceps ou même après un accouj chement simple, peut présenter quelques difficultés.
On pénètre avec un ou deux doigts dans l'orifice utérin et Ton conduit sur eux l'extrémité de la sonde qui a été préalablement amorcée, en I faisant passer un certain courant de liquide pour l'expurger d'air.
11 est inutile d'insister sur le danger qu'on ferait courir à la femme en engageant la canule dans l'un des culs-dc-sac et en l'y poussant sans tenir compte de la résistance éprouvée.
La sonde doit entrer sans violence dans l'utérus, comme un cathéter dans l'urèthre ; elle éprouve parfois une certaine difficulté à franchir l'orifice interne.
Avant de laisser couler le liquide dans la sonde, on s'assure qu'elle esl bien dans l'utérus : on peut, avec quelque habitude, en sentir l'extrémité à travers les parois utérine et abdominale (lig. i'2i).
L'injection est faite doucement, sans trop de pression, une main tenant la canule, l'autre appuyée sur l'utérus et surveillant s'il ne se distend pas outre mesure. Parfois le liquide ne revient pas de suite; il ne faut pas s'en effrayer, alors même que la femme accuse une douleur : c'est une contraction utérine qui oblitère les yeux de la sonde et empêche le liquide de couler. L'utérus est alors globuleux et dur.
Lorsqu'on veut débarrasser l'utérus des caillots ou des débris qu'il renferme, Pinard recommande d'imprimer à la sonde des mouvements de diduction qui brassent le liquide et en facilitent le retour.
Il est ici plus nécessaire encore que pour les injections vaginales d'éviter la pénétration de l'air; il faut donc n'introduire dans l'utérus qu'une sonde soigneusement expurgée d'air et cesser l'injection un peu avant que l'injecteur ne soit vide.
Une certaine expérience est nécessaire pour bien pratiquer une injection intra-utérine; même faite avec soin, elle peut donner lieu à des accidents plus ou moins graves (phénomènes de shok, intoxication, perforation utérine, etc.). Aussi, à notre avis, faut-il en être très sobre et ne l'employer que dans des cas déterminés. 11 nous paraît inutile, voire même dangereux, de faire systématiquement après chaque accou-