‹ Précis d'opérations de chirurgie (volume 2)Chapitre 14 sur 201 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

WLèf^en géBérales des llgatarMi d'artèretf

"Pratiquer la ligature d'une artère, c'est étreindre avec un lien le vaisseau mis à découvert, de façon à y interrompre le cours du sang. Le mot ligature sert souvent pour désigner le lien, aussi bien que l'opération qui a pour but de le placer.

LaligatuFe peut être appliquée, soit sur la continuité d'une artère, soit sur l'extrémité du vaisseau divisé. Elle est dite immédiate, si le fil est directement en contact avec la tunique externe de l'artère, médiate dans le cas opposé.

Liens. — Les fils de soie, de chanvre, de lin, préalablement cirés pour empêcher leur glissement, sont les plus employés. Les fils métalliques, les lacs de caoutchouc, les lanières de peau de daim, de corde à boyau, ont aussi leurs partisans. Lister se sert de ligatures animales^ antiseptiques,

qui peuvent être résorbées au sein des tissus, et abandonnées dans les plaies. Les liens doivent être ronds, d'une grosseur proportionnée au calibre du vaisseau, mais toujours suffisante pour assurer leur solidité, qu'il faut avoir soin d'éprouver à l'avance. Leur longueur ne doit pas dépasser 35 à 40 centimètres.

§ P^ — Ligature médiate

Malgré ses inconvénients et ses dangers bien connus, la ligature médiate des artères est quelquefois nécessaire. Ainsi dans une plaie profonde et anfractueuse, il est souvent impossible de saisir et de lier directement l'extrémité d'un vaisseau. Il faut alors embrasser dans l'anse du fil, en même temps que l'artère, les parties molles qui l'entourent.

On se sert dans ce but d'une aiguille courbe ou du ténaculum.

1° Aiguille courbe. — a. Si le vaisseau court parallèlement à la surface de la plaie, on fait passer, au-dessous de lui et à distance aussi petite que possible, l'aiguille et le fil dont elle est armée, et l'on étreint dans l'anse fermée par un double nœud les parties embrassées.

b. L'artère est perpendiculaire à la surface de la plaie. L'aiguille courbe armée d'un fil, est enfoncée dans les tissus à quelque distance de l'orifice vasculaire, et vient sortir au point directement opposé. Réintroduite par le trou de sortie, elle contourne le vaisseau et, ramenée bor*de la plaie par son premier point d'entrée, elle embrasse l'artère et les parties molles voisines dans une anse complète, que l'on ferme par un double nœud. On coupe un des chefs du fil, tout près du nœud, l'autre chef est conduit au dehors.

2° Ténaculum, — On nomme ainsi un grand crochet d'acier, mince, terminé par une pointe acérée, et monté sur un manche. Ce crochet est passé sous le vaisseau qui donne, et saisît avec l'artère et les parties molles voisines. On soulève l'instrument pour s'assurer que le sang ne coule plus, et l'on en fait saillir la pointe au-dessus de la surface de la plaie. Un aide embrasse les parties soulevées avec une anse de fil pla-

LIGATURE DES AUTÈRES i

cée SOUS la convexité du crochet et les élreint forlem^^nt. L'instrument enlevé, Taide fait un second nœud, coupe un des chefs du fll près de la ligature et conduit Tautre chef an dehors de la plaie.

§ II. — Ligature immédiate

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