A la surface d'une plaie
La ligature immédiate des bouts d'une artère divisée, à la surface d'une plaie, est une des exigences les plus fréquentes de la pratique. Pour saisir l'extrémité du vaisseau, on se sert des pinces à ligatures, des pinces à coulant ou du ténaculum.
-a. Pinces, Deux pinces sont nécessaires. Leurs mors sont cannelés en travers et suffisamment larges; ils doivent s'engrener très-exactement et ne pas glisser latéralement l'un sur l'autre ; le ressort ne doit être ni trop dur ni trop flexible. Les pinces anglaises, à branches courbes et convexes en dehors, offrent plus de sécurité.
Avec une des pinces tenue de la main droite, le chirurgien saisit l'extrémité béante du vaisseau, dans le sens de sa longueur, et l'attire au dehors par une légère traction, pendant qu'avec la seconde pince tenue de la main gauche, il l'isole avec soin des parties voisines, dans une étendue de 1/2 à i centimètre, suivant son calibre.
Cet isolement est indispensable pour éviter de comprendre dans la ligature les veines et les nerfs, d'habitude accolés très-intimement au tube artériel, et contenus dans la même gaîne celluleuse. L'artère isolée, le chirurgien la saisit en travers avec une des pinces, à quelques millimètres de son extrémité, il l'aplatit par une légère pression, et fait saillir en avant le bou^, de la pince pour la bien dégager des tissus.
Tenant entre les doigts de chaque main les chefs du fil ciré, dont la longueur ne doit pas dépasser 35 à 40 centimètres, l'aide en porte le milieu au-dessous de la pince, en faisant glisser une de ses mains sous l'avant-bras du chirurgien. Il relève alors les mains, croise les chefs du fil, et forme une
anse simple, qu'il resserre peu à peu, en rapprochant de la pince ses deux indicateurs, dont la pulpe est appliquée sur le lien solidement maintenu. Il engage ainsi Tanse du fil audessous de Textrémité des pinces, évitant avec soin de les comprendre dans la ligature, ce qui obligerait à recommencer la manœuvre. Avant de faife le premier nœud, il doit également veiller à ce que les fils ne soient pas tordus, afin d'obtenir un nœud droit.
Pour serrer le nœud, l'aide rapproche peu à peu, l'extrémité de ses index, opposés dos à dos, les faisant glisser le long du fil qui se réfléchit sur leur pulpe, et lorsqu'ils sont presque en contact, il exerce sur les chefs une traction suffisante, pour couper les tuniques internes du vaisseau. L'anse doit être placée bien perpendiculairement à l'axe de l'ar* tère.
Les doigts indicateurs, plus longs, plus minces, sont plus commodes pour porter un fil dans une plaie profonde. On peut, si la plaie est plate, se servir des pouces, que l'on rapproche peu à peu, dos à dos, en les maintenant fléchis , le lien formant poulie sur leur extrémité. Un simple mouvement d'extension de ces doigts suffit pour serrer le nœud.
Avec les pinces à coulant^ l'artère une fois saisie, on ferme l'instrument. Son poids suffit pour attirer au dehors l'extrémité du vaisseau, et permet au chirurgien de placer luimême l'anse du fil, d'après les règles indiquées.
Le premier fil bien serré, l'aide fait un second nœud pour l'assurer, et la pince est retirée. On coupe un des chefs du fil près du nœud, le second chef est conduit au dehors et fixé sur un des bords de la plaie. Si plusieurs ligatures sont appliquées dans une plaie, on réunit tous les fils vers un de ses angles, ou bien on les fait sortir isolément vers le bord le plus rapproché, suivant le mode de réunion adopté.
fc. Ténaculum, La pointe effdée de l'instrument doit traverser de part en part les parois du vaisseau, à 1 ou 2 millimètres de son extrémité. Une traction légère, fait saillir l'artère, la dégage des parties molles voisines et permet à l'aide d'appliquer le lien immédiatement au-dessous de la convexité de l'instrument. La formation de l'anse et la
LIGATURE DES ARTERES 5
conslriction du vaisseau se fait comme avec la pince. Cette constriction doit être proportionnée au volume du vais* seau.