I. — Cathétérismc
Il se pratique avec des sondes en gomme élastique,, d'un diamètre de 8 à 10 millimètres, de longueur convenable, présentant à leur extrémité œsophagienne deux yeux latéraux ou un orifice central, et légèrement évasées en forme de pavillon à leur autre extrémité. Le cathétérisme se fait parla bouche ou par le nez.
A. Par la bouche. -— Le malade est assis, la bouche larjîe ouverte, la tête fortement renversée en arrière, pour rendre le conduit aussi direct que possible. L'opérateur placé en face
CATHÉTÉRISME DE L'(ES0PHAGE 559
lu patient abaisse la langue avec Tindex et le médius gauches. De la main droite, il tient comme une plume à écrire 'extrémité stomacale de la sonde préalablement huilée, et la pousse jusqu'à la paroi postérieure du pharynx, la guidant ivec les doigts de la main gauche. 11 pousse doucement la sonde, le long de la paroi pharyngienne postérieure-, jusqu'à ce qu'elle ait dépassé Touverlure du larynx. De violents accès de loux indiquent que le bec de la sonde, resté trop en avanl, tond à s'engager dans les voies aériennes. Il faut alors le reporter en arrière, et s'attacher à bien suivre la paroi du pharynx.
Au moment où le bec de la sonde arrive à l'ouverture supérieure de l'œsophage, derrière l'anneau du cricoïde, il se produit souvent un spasme, qu'il faut vaincre, en maintenant le contact de l'instrument contre la paroi du canal, et le poussant tout doucement en bas, en le faisant tourner entre les doigts. Ce point franchi, la marche de la sonde ne présente plus de difficultés. Chez quelques personnes, la sensibilité de la muqueuse oblige à des tentatives répétées, mais avec de la patience et de la douceur on parvient toujours à franchir l'isthme du gosier.
Lorsque la sonde introduite par la bouche doit rester quelque temps en place, il est facile de la ramener par le nez {Boyer). A l'aide de la sonde de Belloc, on amène dans la bouche un fil fort et doublé, dont l'autre extrémité sort par une des narines. A l'extrémité buccale de ce lien, on fixe solidement le papillon de la sonde œsophagienne, puis ©n porte la sonde avec les doigts jusque derrière le voile du palais. En tirant sur le chef nasal du fil, on amène la sonde dans le nez, et on attache le lien au bonnet du malade.
B. Par le nez. — Le cathétérisme par le nez présente plus de difficultés, en raison de la voie moins directe qu'il faut suivre, de la sensibilité des parties, et des contractions réflexes qui en résultent.
Si l'on ne se sert pas de mandrin, la sonde tenue de la main droite est poussée d'avant en arrière, et glisse sur le plancher nasal, jusqu'à ce que son bec arrive àtoucher la paroi postérieure du pharynx. Avec les doigts de la main gauche
5(jO opérations 8UR l'œsophage
introduits dans la bouche, ou avec uq crochet mousse , on va saisir son extrémité stomacale derrière le voile du palais, el on la dirige en bas, pendant que la main droite la fait progresser lentement.
Souvent il est impossible de guider la sonde par la bouche. Dans ces cas on se sert d'un mandrin ordinaire auquel on donne une courbure convenable, ou d'un mandrin à pièces articulées, comme celui de Blanchey construit pour les aliénés. Règle générale, les sondes doivent être retirées au moins chaque quarante-huit heures, si Ton ne veut s'exposer à produire des ulcérations dans les points de contact, et par suilede graves accidents.