B. — ISOLEMENT PE L'ARTÉRE
Le paquet vasculo-nerveux mis à découvert reste enveloppé dans une toile celluleuse, habituellement de résistance médiocre. Le bistouri, désormais inutile et dangereux, doit ' être définitivement abandonné. Faisant maintenir les parties dans le relâcbement, l'opérateur place lui-même les écarteurs sur les lèvres de la plaie, puis les confie aux aides. Par la vue et le toucher, l'index gauche explorant le fond de la plaie, il reconnaît, au travei-s de la gaîne celluleuse, les éléments du paquet vasculo-nerveux.
Les nerfs se présentent comme des cordons blancs, arrondis et pleins. Les veines se distinguent par leur coloration noire ou bleu foncé, leur aplatissement facile et la minceur de leurs parois. Les grosses artères forment des rubans jaunâtres ou gris rosé, à parois épaisses. Saisies entre les doigts ou pressées contre un plan résistant, elles se laissent aplatir, donnant la sensation d'un tube de caoutchouc. Les petites artères n'offrent plus ces caractères spécifiques, et souvent leur position seule permet de les distinguer des veines collatérales.
Il faut bien se garder de mobiliser par quelques grands coups de sonde tout le paquet vasculo-nerveux, car l'absence de fixité rend beaucoup plus difficile l'isolement de l'artère.
L'opérateur prend une pince de la main gauche. Ses mors légèrement écartés sont appliqués sur la gaîne celluleuse, directement sur l'artère et suivant sa longueur, avec une certaine force. En les rapprochant, on saisit un pli de la gaîne que l'on soulève légèrement pour bien l'isoler du vaisseau. La sonde cannelée est tenue de la main droite, les doigts assez rapprochés de son extrémité pour donner plus de précision et de force aux mouvements de son bec. Avec ce bec, on accroche et on déchire la gaine celluleuse dans une petite étendue, près des pinces et sous le pli soulevé.
Pendant que la pince maintient soulevée une des lèvres de la boutonnière faite à la gaine vasculaire, on dénude avec précaution l'artère, engageant le bec de la sonde entre ges parois et les partie? Yoisines (veine oii nerf), et, par de
LIGATURE DKS AUTERKS
Irgers mouvements do va-et-vient, le faisant glisser jusque BOUS sa face profonde.
On prend alors avec la pince la lèvre opposée de l'ouvcr-
FiG. 4. — Isolement d'une artère.
A, main droite, sonde; B, main gauche, pinces.
tiire de la gaine, on la soulève, et le bec de la sonde isole l'artère de ce côté. On s'assure que l'isolement est complet par la possibilité d'engager facilement la sonde sous la face profonde du vaisseau.
L'isolement de l'artère ne doit se faire que sur une petite étendue, 1 centimètre à 1 centimètre ■1/2 tout au plus.xVucun des éléments du paquet vasculaire ne doit être tiraillé ou contus. Il ne faut donc jamais saisir entre les mors de la pince les nerfs, les veines ou l'artère elle-même. Les sondes tl'acier, droites et résistantes, nous paraissent les meilleures pour cette dénudation.
Si l'artère est fixe, sa gaine nnnce et peu résistante, la pince est inutile. L'index gauche maintient le vaisseau, pendant que le bec de la sonde, accroche, déchire et refoufe la tunique celiuleuse.
On peut également isoler l'artère, en se servant de deux ])iuces qui saisissent la gaine aussi près que possible l'une (le l'autre et la déchirent par leur écartenient ; majs eu
IQ RÈGLES GÉNÉRALES
procédé est d'une exécution plus délicate que le précédent. L'artère dénudée ne doit jamais être chargée sur la sonde cannelée pour l'amener au dehors.