‹ Précis d'opérations de chirurgieChapitre 187 sur 242 · ART. XIII. - OPÉRATION DE L'URANOPLASTIE · texte numérisé non relu

ART. XIII. - OPÉRATION DE L'URANOPLASTIE

a) Méthode par glissement.^— On décolle la muqueuse palatine dans une étendue de quelques millimètres au pourtour de la brècheà combler. Les bords avivés sont rapprochés et réunis par suture. Le peu d'extensibilité de la fibro-muqueuse de la voûte du palais fait que ce procédé n'est applicable qu'aux fissures très étroites.

b) Méthode par renversement. — Elle consiste à prendre, au voisinage de la perte de substance osseuse, un ou deux lambeaux de forme convenable, que l'on dissèque du sommet à la base, et que l'on renverse de façon que leur face muqueuse soit dans les fosses nasales, leur face cruentée correspondant à la cavité buccale. Les bords des lambeaux sont réunis entre eux, ainsi qu'auxparties voisines. Cette méthode n'est applicable qu'aux perforations peu étendues.

c) Méthode par déplacement latéral ou à ponts mobiles. — On forme par deux incisions latérales, parallèles aux bords de'la perte de substance, deux lambeaux ou ponts muqueux, que l'on mobilise en les détachant à leur face profonde.

L'appareil instrumental comprend : des écarteurs des mâchoires, des ténotomes à lame courte etsolide, des bistouris, des ciseaux coudés sur le plat, des rugines ou des grattoirs pour décoller les lambeaux, des fils métalliques et des aiguilles-tubulées, montées gur un chasse-fil, Le porte-fil à

OPERATION DE L'URANOPLASTIE 627

ressort de Lanp'enbeck et l'aiguille fixedeTrélat, cette dernière surtout, sont d'un usage très commode si on se sert de

FiG. •226. — Grattoir de La.\ge^beck.

fils végétaux ou de fils de soie; des tubes de Galli, un tordfil, des pinces, pour serrer les ligatures métalliques.

Le malade est assis, la tête solidement fixée contre le dossier do la chaise ou la poitrine d'un aide, la bouche largement ouverte. Le chirurgien s'assied en face du patient, sur un siège un peu plus élevé. En raison de l'abondance de l'écoulement sanguin qui suit la section presque forcée des artères palatines postérieures, de la glace, de l'eau glacée, des liquides hémostatiques seront à la disposition de l'opérateur.

1*^ Avivement. — On commence par aviver les bords de la perte de substance avec un ténotome solide enfoncé jusqu'à l'os, et l'on enlève une bandelette de muqueuse, de 1 millimètre au moins d'épaisseur. S'il s'agit d'une perforation et non d'une fissure, l'incision doit être prolongée de 1 centimètre environ en avant et en arrière de l'orifice, pour permettre le déplacement des lambeaux.

2° Formationet mohilisation des lambeaux — Avec le ténotome, on pratique parallèlement aux bords de la perte de substance, et plus ou moins près des arcades dentaires, suivant sa largeur, deux incisions longitudinales rectilignes ou légèrement convexes en dehors, qui restent toujours éloignées l'une de l'autre de près de 2 centimètres, à leurs extrémités antérieuies et postérieures. L'instrument doit pénétrer jusqu'à l'os, de faron à diviser toute l'épaisseur de la fibro-muqueuse palatine.

Avec la rugineou legrattoir mousse, on attaque la fibromuqueuse par les incisions latérales, et tenant toujours l'instrument contre l'os, on décolle les lambeaux de dehors en dedans et avec ménagement jusqu'à leurs extrémités.

OPÉRATION DE L'DRANOPLASTIE

Ils forment alors deux voiles mobiles qu'on peut facilement rapprocher jusqu'au contact sur la ligne médiane.

S'il est nécessaire,on prolonge les incisions latérales dans le voile du palais, on détache les insertions de cette membrane aux os palatins, et on fait la section de ses muscles d'après le procédé de Sèdillot pour la staphylorrhaphie.

3° Placement des fils. — Les fils métalliques sont d'un meilleur usage. On les place comme pour la staphylorrhaphie. La suture terminée, la perte de substance se trouve comblée par un pont fibro-muqueux dont la face saignante

PiG. 237. — Uranoplaslie. Méthode par déplacement latéral des lambeaux. A, A, incision de la flbro-muqueuse palatine ; B, B, après la suture.

est placée vers les cavités nasales. Do chaque côté, reste une plaie qu'on laisse se combler par bourgeonnement. Pour empêcher le retour des lambeaux versleur position première, il est bon de placer à demeure dans les plaies latérales un fort bourdonnet de charpie. On a même conseillé de com- • prendre les deux lambeaux dans une ligature plate qui servirait de soutien aux sutures, maison maintient ainsi une communication forcée entre la bouche et les fosses nasales, et Sèdillot dixaonivé qu'il était préférable, au contraire, d'empêcher le passage des mucosités, en maintenant les lambeaux relevés à l'aide de plaques de soutien.

La conservation du périoste, couche profonde de la fibro-

KXCISION DES AMYGDALES 029

muqueuse palatine, est d'une grande importance. Les rugosités, les aspérités de la voûte osseuse, rendent ce dégagement assez difticile. Quoique la reproduction d'une voûte osseuse nouvelle n'ait pas été démontrée, il est constant que la fibro-muqueusc acquiert avec le temps une grande dureté qui facilite ses fonctions. Plus simple est le procédé de Fcvgiisaon- Simon dans lequel, soit avec la soie, soit avec le ciseau et le maillet, on sectionne la voûte osseuse palatine, (les deux côtés, au niveau des incisions de la tibro -muqueuse. Ces deux lambeaux ostéoïdes sont rapprochés et réunis sur la ligne médiane, comblant ainsi la perte de substance.

d) Lambeau nasal (Lannelongue). — Lannelongue,ùdLi\s la lissure congénitale unilatérale, a obtenu trois succès en empruntant son lambeau à la cloison des fosses nasales.

Ce lambeau, de largeur variable, est limité par trois incisions, une supérieure, horizontale, et deux latérales, qui sont veiticales. Ses dimensions sont basées sur la largeur et l'étendue de la fissure. Ce lambeau est décollé avec une rugine de haut en bas, c'est-cà-dire de son sommet à sa base qui reste adhérente par un pédicule large et épais au bord inférieur de la cloison na?ale.

Après avoir avivé le bord latéral de la fissure, on rabat de dedans en dehors, et de haut en bas, le lambeau décollé, et on l'unit par la suture à la muqueuse palatine rafraîchie.

Page 1