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CHAPITRE PREMIER

LIGATURE DES ARTERES

Règles générales des ligatures d'artères.

Définition. — Pratiquer la ligature d'une artère, c'est étreindre avec un lien le vaisseau mis à découA^ert, de façon à y interrompre le cours du sang. Le mot ligature sert à la fois p(Uir désigner le lien et l'opération qui a pour but do le mettre en place.

Position. — La ligature est appliquée, soit sur la continuité d'une artère, soit sur l'extrémité du vaisseau divisé.

Liens. — 1" Fils de chanvre ou de lin, préalablement cirés pour empêcher leur glissement. '2'^ Fils de soie, plus résistants sous le même volume. Bouillis dans une solution jilié-

2 OPÉRATIONS GÉNÉRALES

niquée forte, ils peuvent, choisis très fins, être résorbés dans les plaies. 3° Fils de caoutchouc, peu irritants^ mais rarement utilisés. 4° Fils dits de Ca^^w^, aujourd'hui généralement adoptés comme antiseptiques et susceptibles de disparaître par résorption au sein des tissus, s'ils sont de bonne qualité et de volume convenable ( n°^ 1 et 2). Bien essuyés, puis trempés dans l'eau phéniquée, ils s'appliquent exactement sur les vaisseaux et les oblitèrent sans diviser leurs tuniques. Il faut faire ù'^xhoràlQ nœud du chirurgien et le maintenir serré pendant quelques secondes avant de pratiquer le second nœud (Bœckel). Les liens doivent être ronds, d'une grosseur proportionnée au calibre du vaisseau, mais toujours suffisante pour assurer leur solidité, qu'il faut avoir soin d'éprouver à l'avance. Leur longueur ne doit pas dépasser 35 à 40 centimètres. La ligature est : a) médiate, b) immédiate, selon que le lien est ou n'est pas en contact direct avec la tunique externe de l'artère.

§ I''. — I.IGATURE MÉDIATE

Malgré ses inconvénients et ses dangers bien connus, la ligature médiate des artères est quelquefois nécessaire. Ainsi dans une plaie profonde et anfractueuse, il est souvent impossible de saisir et de lier directement l'extrémité d'un vaisseau. Il faut alors embrasser dans l'anse du fil, en même temps que l'artère, les parties molles qui l'entourent.

On se sert dans ce but d'une aiguille courbe ou du ténaculum.

i"^ Aiguille courbe. — a) Si le vaisseau court parallèlement à la surface de la plaie, on fait passer au-dessous de lui et à distance aussi petite que possible l'aiguille et le fil dont elle est armée, et l'on étreint, dans l'anse fermée par un double nœud, les parties embrassées.

b) L'artère est perpendiculaire à la surface de la plaie. L'aiguille courbe, armée d'un fil, est enfoncée dans les tissus à quelque distance de l'orifice vasculaire et vient sortir au point directement opposé. Réintroduite par le trou de sortie, elle contourne le vaisseau, et ramenée hors de la plaie par son

premier point d'entrée, elle embrasse l'artère et les parties molles voisines dans une anse complète que l'on ferme par un double nœud. On coupe un des chefs du fil, tout près du nœud, l'autre chef est conduit au dehors.

2° Tènaculum. — On nomme ainsi un crochet d'acier, mince, terminé par une pointe acérée et monté sur unmanche. Ce crochet est passé sous le vaisseau qui donne et saisit avec l'artère les parties molles voisines. On soulève l'instrument pour s'assurer que le sang ne coule plus, et l'on en fiiit saillir la pointe au-dessus de la surface de la plaie. Un aide embrasse les parties soulevées avec une anse de fil placée sous la convexité du crochet et les étreint fortement. L'instrument enlevé, l'aide fait un second nœud, coupe un des chefs du fil près de la ligature et conduit l'autre chef au dehors de la plaie.

§ II. — L I G ,V T U R E IMMÉDIATE 1 . — A L A S U R F A C R d' U N E PLAIE

La ligature immédiate des bouts d'une artère, divisée à la surface d'une plaie, est une des exigences les plus fréquentes de la pratique. Pour saisir l'extrémité du vaisseau, on se sert des pinces à ligatures, des pinces à coulant ou du tènaculum.

a) Pinces. — Deux pinces sont nécessaires. Leurs mors sont cannelés en travers et suffisamment larges; ils doivent s'engrener très exactement et ne pas glisser latéralement l'un sur l'autre ; le ressort ne doit être ni trop dur ni trop flexible. Les pinces anglaises , à branches courbes et convexes en dehors ofi'rent plus de sécurité.

Avec une despinces tenue de la main droite, le chirurgien saisit l'extrémité béante du vaisseau, dans le sens de sa longueur et l'attire au dehors par une légère traction, pendant qu'avec la seconde pince tenue de la main gauche, il l'isole avec soin des parties voisines, dans une étendue de 1/2 à 1 centimètre, suivant son calibre.

Cet isolement est indispensable pour éviter de comprendre

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