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III. — Tumeurs vasculaires

A part les tumeurs caverneuses, qui peuvent être considérées comme des fibromes à tissu spongieux très vasculaire et dont la parfaite délimitation permet de les extraire en conservant même le globe de l'œil, il sera très important de pouvoir reconnaître les véritables tumeurs par affections vasculaires de l'orbite, le traitement devant être tout autre.

La forme la plus commune résulte d'une dilatation cir soïde des veines de V orbite et surtout de la veine ophtalmique. Une semblable dilatation des veines de la paupière supérieure et du front, surtout vers le bord orbitaire supéro-interne, mettra sur la voie du diagnostic d'une pareille affection, qui provoquera parfois une exophtalmie considérable. Un bruit de souffle intermittent, que perçoit également le malade, sera révélé par l'auscultation de la région orbitaire.

Consécutivement à un traumatisme, on voit aussi se développer dans l'orbite, par suite d'une communication entre la carotide interne et le sinus caverneux, un anèvrisme faux ou artèrio-veineux . Gomme dans la forme précédente, l'exophtalmie est très accusée, mais elle se développe plus brusquement, et la propulsion de l'œil offre des intermittences marquées. Le bruit de souffle que laisse percevoir l'auscultation est continu et

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s'accompagne d'un renforcement intermittent isochrone avec le pouls.

Quant à l'anévrisme vrai de l'artère ophtalmique, il serait des plus rares, et son existence ne paraît pas encore absolument prouvée.

Lorsque avec une exophtalmie, il existe simultanément un bruit de souffle démontrant la nature vasculaire de la tumeur, qui consiste, dans la grande majorité des cas, en une dilatation veineuse, on devra prescrire, avec le repos, l'emploi du seigle ergoté et l'application du froid, en tenant sur l'œil un petit sac contenant de la glace pilée. En outre, on pratiquera la compression de la carotide du côté malade, soit à l'aide d'un compresseur, s'il peut être supporté, soit mieux encore avec le doigt, en faisant chaque jour plusieurs séances plus ou moins prolongées.

Les injections de perchlorure de fer, même exécutées avec les plus grandes précautions et, bien entendu, en comprimant avec soin la carotide pendant l'injection, sont toujours dangereuses, et on devra leur préférer l'emploi de l'électrolyse, qui, comme les injections coagulantes, a aussi donné d'excellents résultats, et cela sans exposer le malade à aucun accident. Ce n'est qu'en désespoir de cause que l'on pourrait se décider à pratiquer la ligature de la carotide.

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