‹ Précis d'ophthalmologie chirurgicaleChapitre 122 sur 168 · I. — Sarcome de la choroïde · texte numérisé non relu

I. — Sarcome de la choroïde

Cette tumeur clioroïdienne peut se présenter sous la forme de leuco-sar corne ou de mèlano-sar corne . Le sarcome blanc montre une consistance différente suivant qu'il se développe dans les couches internes ou externes de la choroïde ; dans le premier cas, c'est surtout à un leuco-sarcome mollasse à petites cellules que Ton a affaire, tandis que les variétés dures naissent particulièrement dans les couches externes, se développent plus lentement et montrent une moindre tendance à la métastase. Quant au mélano-sarcome, si l'œil a le triste privilège d'en être fréquemment le siège primitif, il faut noter qu'il a alors une tendance marquée à déterminer une infection générale de l'organisme ; il sera donc urgent de reconnaître cette tumeur maligne à une période aussi rapprochée que possible de son début.

Lorsque la tumeur émane de la région ciliaire, elle tend à repousser l'iris vers la chambre antérieure, et se présente dans le champ pupillaire sous la forme d'un corps à contours arrondis. Au début elle ne provoque aucune irritation, mais à mesure qu'elle se développe, on voit apparaître des symptômes giaucomateux. Si la tumeur occupe la région èquatoriale, ou le pôle postérieur de l'œil, elle détermine ordinairement un décollement de la rétine (à moins qu'il ne s'agisse de sarcomes plats) qui, lorsqu'il est peu développé et transparent, ne

s'oppose pas, en ayant recours a un fort éclairage, à ce que l'on reconnaisse la tumeur sous-jacente. On distingue alors, outre le réseau vasculaire de la rétine, les vaisseaux propres à la tumeur, dont le diagnostic sera ainsi sûrement établi.

Mais il en est tout autrement, si le décollement rétinien est plus étendu et dépourvu de transparence. On se guidera alors sur le siège du décollement qui, lorsqu'il persiste dans un point autre que les parties déclives de l'œil, devra toujours être regardé comme suspect. L'accroissement de la tension intra-oculaire, en l'absence de synéchies postérieures pouvant expliquer une tendance glaucomateuse, sera aussi considéré comme une présomption en faveur d'une tumeur maligne. Plus tard, avec le développement de la tumeur, surviendront, bien que le sarcome puisse rester longtemps stationnaire, des phénomènes franchement glaucomateux. Après perforation, une apparence de phtisie peut tout d'abord apparaître, mais bientôt se montre une recrudescence du mal.

Le sarcome de la choroïde est très rare chez de jeunes sujets, et dans tous les cas n'apparaît pas avant la puberté ; le plus souvent il s'agit de malades aj^ant dépassé la quarantaine. Les hommes sont plus disposés à cette affection, dont le développement ne semble pas influencé par l'hérédité. Les traumatismes peuvent aussi jouer un certain rôle dans l'apparition du sarcome choroïdien.

La mélanose de la choroïde, de même que celle qui se développe à la surface de la sclérotique, présente d'ordinaire une évolution lente. Quant au danger d'une généralisation, il est démontré que les formes où la pigmentation est très accusée sont les plus redoutables,

TUMEURS INTB A-OCULAIRES 365

la mélanose épisclérale offrant, à cet égard, une gravité encore plus grande, surtout si, au lieu de sacrifier l'oeil, on veut tenter l'ablation des parties atteintes.

Lorsque, dans un cas de sarcome de la choroïde, on pratique rénucléation avant l'apparition de symptômes glaucomateux bien accusés, le mal n'offre guère de tendance à la récidive locale, mais le plus souvent le germe d'une tumeur métastatique a déjà été déposé dans le foie avant toute intervention chirurgicale. S'il s'était déjà produit un envahissement du tissu épiscléral, il ne faudrait opérer qu'après un examen microscopique du sang, démontrant que l'on n'a pas à redouter une métastase généralisée.

Page 1