‹ Précis d'ophthalmologie chirurgicaleChapitre 136 sur 168 · II. — Épithéliome · texte numérisé non relu

II. — Épithéliome

Parmi les tumeurs malignes qui peuvent envahir les paupières, l'épithéliome ou cancroïde est de beaucoup la plus fréquente. La forme que l'on observe le plus habituellement est l'épithéliome plat, apparaissant d'ordinaire au voisinage de l'angle interne et près du bord ciliaire, sous la forme d'une ou de plusieurs petites excroissances peu élevées au-dessus des parties voisines. Ces élevures, qui .peuvent offrir une certaine transparence, sont légèrement bosselées. Plus tard, la tumeur s'excorie et donne lieu à une ulcération taillée à pic qui saigne facilement. Dans la forme pliage (Unique, le mal occupe primitivement des parties moins voisines du bord ciliaire et se signale par le développement de bosselures très marquées. La tumeur s'ulcère au centre et gagne rapidement en étendue et en profondeur. Enfin

on peut rencontrer encore l'épithéliome papilli forme, qui n'est autre qu'une plaque de cancroïde plat sur laquelle se développent des bourgeons charnus saignant au moindre contact. En général, la marche lente de l'affection, depuis le moment où s'est développée une petite nodosité jusqu'à l'apparition d'une ulcération, et l'âge des malades qui ont d'ordinaire dépassé la cinquantaine, permettent d'établir aisément le diagnostic.

Lorsque la cancroïde n'a pas atteint un trop grand développement, le traitement consistera dans l'ablation de la tumeur, avec la précaution de porter l'instrument tranchant dans des parties parfaitement saines. On cherchera à obtenir une réunion, soit par simple attraction de la peau voisine, soit par glissement ; enfin on pourra recourir a la greffe ou à la blépharoplastie. Si l'on a affaire à des ulcérations étendues et profondes, menaçant le périoste, on devra se résigner à l'emploi du chlorate de potasse donné à l'intérieur et en applications locales, suivant le conseil de Bergeron.

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