III. — Entropion
Cette anomalie est caractérisée, non seulement par un renversement des cils en dedans, mais encore par un déplacement analogue de la charpente palpébrale.
De même que l'ectropion peut se rapporter au raccourcissement de la peau, l'entropion sera aussi, dans un certain nombre de cas, la conséquence d'un raccourcissement du tégument interne de la paupière. C'est ce qu'on observe dans la conjonctivite granulaire, ayant pour effet, par suite de la rétraction cicatricielle de la muqueuse, d'accroître la courbure du tarse et de ramasser cet organe sur lui-même. Ce résultat fâcheux est d'autant plus aisément atteint que la portion palpébrale de T'orbiculaire a mieux conservé sa contractilité, la conjonctive granulaire ayant constamment gardé sa marche chronique sans passer par des poussées répétées d'inflammation. A côté de cette forme spontanée (Y entropion cicatriciel, que l'on rencontre aussi dans la diphtérite, nous signalerons celle qui résulte de brûlures, particulièrement produites par des acides miné-
raux ayant entraîné une destruction plus ou moins étendue de la muqueuse.
L'entropion spasmodique se développe à la suite d'un gonflement rapide et très accusé des paupières. Contrairement à ce qui se passe pour l'ectropion de même désignation, c'est la portion de l'orbiculaire se répandant dans les parties molles des paupières qui, comme celles-ci, subit surtout la distension, tandis que la portion palpébrale, beaucoup moins tiraillée, tend à renverser en dedans la peau voisine du bord libre, ainsi que les cils.
Parallèlement à l'ectropion sénile, nous devons aussi placer Yentropion sénile. Ici c'est l'enfoncement de l'œil dans l'orbite, à la suite de l'atrophie du tissu graisseux de la cavité orbitaire, qui vient détruire l'exacte application des paupières sur le globe oculaire. La portion ciliaire de l'orbiculaire tend alors à se raccourcir et à porter les téguments vers la fente palpébrale ; cet effet s'accuse surtout si les malades clignent fréquemment les paupières par suite d'un état irritatif de l'œil.
C'est encore consécutivement à un spasme des fibres les plus centrales de l'orbiculaire, que l'on voit parfois, à la suite d'opérations pratiquées sur l'œil, un panse ment mal appliqué déterminer une inversion du bord palpébral qui, une fois produite, tend à s'accuser davantagec sous l'influence de l'irritation qui en résulte. Signalons encore l'entropion que provoque parfois la phtisie de l'œil, surtout lorsqu'elle s'accompagne d'un état irritatif qui appelle les clignements et le spasme des paupières.
Tandis que l'ectropion peut souvent être longtemps supporté sans qu'il en résulte d'autre inconvénient
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qu'une difformité plus ou moins choquante, I'entropion réclame un traitement d'autant plus prompt que le frottement des cils et du bord palpébral sur l'oeil détermine une irritation, ayant pour effet d'accroître les conditions favorables au développement de I'entropion spasmodique. En ne remédiant pas à la position vicieuse des paupières on s'expose à voir la cornée perdre sa transparence, devenir le siège d'un pannus plus ou moins épais, et même se détruire partiellement ou en totalité. Ici encore le traitement devra soigneusement être approprié à la forme d'entropion qu'on est appelé à combattre.