‹ Précis d'ophthalmologie chirurgicaleChapitre 153 sur 168 · ARTICLE III. - ABLATION DE LA GLANDE LACRYMALE · texte numérisé non relu

ARTICLE III. - ABLATION DE LA GLANDE LACRYMALE

En général, on préfère, pour exécuter cette opération, placer l'incision cutanée le long du sourcil que l'on peut préalablement raser, afin que la cicatrice se trouve ainsi masquée ultérieurement. On ne pratiquerait la section sur la paupière même, afin de faciliter l'opération, que s'il s'agissait d'une tumeur de la glande lacrymale formant dans ce point sa plus grande saillie. Après avoir donné à la plaie une étendue correspondante au volume de la tumeur, on diviserait l'aponévrose tarso-orbitaire et la glande dégénérée serait ensuite énucléée, en se servant surtout des doigts ou d'une spatule mousse. L'hémorragie arrêtée, la plaie bien désinfectée serait réunie par quelques sutures.

Un autre procédé, conseillé par Velpeau consiste à se créer un chemin pour atteindre la glande, en incisant la commissure externe et en prolongeant la section du côté de la tempe. Une dissection du lambeau formé par les parties situées au- dessus de cette incision permet de découvrir le pourtour de l'orbite dans sa portion externe et de mettre à nu la glande. Une semblable pratique pourra être suivie dans les cas de tumeurs très volumineuses.

La méthode, due à Halpin, consistant à choisir pour emplacement de l'incision cutanée le bord orbitaire,

1 Velpeau. Manuel pratique des maladies des yeux. Paris, 1840.

la cicatrice devant ainsi être recouverte par le sourcil, a été adoptée par Lawrence et Abadie, qui procèdent, en particulier dans les cas où il s'agit de remédier à un larmoiement rebelle à tous les autres traitements, comme nous l'indiquerons ci-dessous.

a. Procédé de Lawrence1. — Les instruments employés sont : un scalpel étroit et long, des ciseaux mousses, un crocbet double, pointu et étroit, et des pinces à ligature.

Le malade ayant été préalablement anesthésié, on incise la peau précisément au -dessus du rebord orbitaire dans une étendue correspondante à son tiers externe. Le fascia réunissant le cartilage tarse au périoste orbitaire est ensuite divisé, de façon à pénétrer par des incisions successives et exécutées avec la plus grande prudence, dans la cavité de l'orbite. Un chemin ayant ainsi été ouvert, on pourra aisément, à l'aide du petit doigt que l'on insinue en suivant la paroi de l'orbite, reconnaître la glande qui se présentera sous la forme d'un corps lisse, arrondi et consistant.

Cette manœuvre devra être pratiquée très prudemment, afin de ne pas s'exposer à luxer, avec le doigt, la glande qui ne présente du côté du périoste que de minimes adhérences. Cet accident s'est-il produit, ou ne réussit -on pas dans cette exploration à reconnaître la glande, il vaudra mieux alors sectionner la commissure externe, cette seconde incision devant à son point de départ se réunir avec la première. On découvrira ainsi, en ayant soin d'éviter l'artère temporale, toute la portion externe du rebord orbitaire, ce qui permettra de

1 Lawrence. Ophthaîm. Review, octobre, 1S67.

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