ABLATION DE LA GLANDE
rencontrer facilement la glande, celle-ci se trouvant, en pareil cas, plus éloignée de la paroi de l'orbite et s'étant rapprochée du globe de l'œil.
La position occupée par la glande bien reconnue, on introduit le double crochet, en se guidant avec le doigt dont la pulpe est appliquée sur les pointes de l'instrument. Par une demi -rotation exécutée avec le crochet, on saisit la glande de manière à l'attirer au dehors, à mesure qu'on la détache avec l'extrémité du scalpel. Il est très important de diviser les parties ainsi ramenées hors de l'orbite, afin de se convaincre qu'on a bien saisi la glande et non un peloton graisseux. La coupe doit être dense, foncée, avec structure lobuleuse des glandes en grappes.
Une hémorragie assez forte succède d'ordinaire à cette excision, mais elle s'arrête aisément sous l'influence du froid. Pour éviter une vaste infiltration sanguine de la paupière, on ne devra réunir la plaie qu'après cessation de tout écoulement de sang. Les sutures seront soigneusement appliquées, surtout si l'on a dû former un lambeau triangulaire.
Si l'on ne procédait pas avec assez de ménagements, en particulier pour ce qui concerne le fascia tarsoorbitaire, on s'exposerait à entraver les mouvements du releveur et du droit externe.
b. Procédé d'Abadie. — L'extirpation de la glande lacrymale, dit Abadie, est d'une exécution facile 1. Dans le procédé de Halpin, la paupière supérieure est attirée en bas, jusqu'à ce que le sourcil descende audessous du rebord orbitaire. Cela fait, une incision pa -
i Abadie. Traité des maladies des yeux. Paris, 2e édition, p. 34.
rallèle au sourcil et presque cachée dans son épaisseur est pratiquée au niveau de la fossette lacrymale, dont on sent facilement la dépression avec l'extrémité du doigt. Les parties molles sont divisées jusqu'au périoste, qui là se confond avec l'aponévrose orbito-oculaire. L'on sectionne ensuite aussi nettement que possible cette aponévrose au ras de l'arcade orbitaire. Si la glande est hypertrophiée, elle se présente aussitôt dans la plaie ; si elle reste cachée sous la fossette lacrymale, il faut la saisir avec des pinces et l'attirer au dehors. Quelques coups de ciseaux suffisent pour achever de l'énucléer.
L'on ne perdra pas de vue, pendant ces manœuvres, que le releveur de la paupière supérieure se trouve dans le voisinage, et les précautions nécessaires seront prises pour ne pas léser son tendon. Sans cela un ptosis souvent fort difficile à guérir serait causé par cet accident. Les lèvres de la plaie seront réunies par quelques points de suture. Inutile d'ajouter que toutes les précautions antiseptiques devront être minutieusement prises.