‹ Précis d'ophthalmologie chirurgicaleChapitre 28 sur 168 · CATARACTE. ACCIDENTS CONSECUTIFS A L'EXTRACTION · texte numérisé non relu

CATARACTE. ACCIDENTS CONSECUTIFS A L'EXTRACTION

des bords de la plaie dans les quelques heures qui sui vent son apparition. C'est pour éviter un tel accident que chaque cataracte sera tout d'abord questionné avec soin sur l'état de ses jeux. On doit s'assurer qu'il n'existe aucune sécrétion habituelle des paupières et que les voies lacrymales ne sont le siège d'aucune affection. S'il en était autrement, une extraction ne pourrait être entreprise prudemment qu'après avoir guéri les catarrhes, les blépharites, les éversions des points lacrymaux, ou les dacryocystites que pourraient présenter les malades.

L'infection médiate est moins la conséquence d'un transport de matières septiques dans la plaie que de la décomposition du sérum qu'une coaptation imparfaite peut laisser amasser dans la section, la réunion qui s'opère d'ordinaire si promptement, lorsque le contact des parties sectionnées ne laisse rien à désirer, n'ayant pu se produire. Le sérum altéré excite alors, par ses qualités irritantes, la diapédèse qui revêt le caractère de la suppuration lorsqu'elle gagne une région amplement pourvue de vaisseaux. Cette infection médiate se distingue de la première par une apparition plus tardive, une moins grande intensité des douleurs et surtout par une tendance à se limiter plus aisément, tandis que l'infection immédiate a souvent une marche foudroyante et aboutit facilement à la panophtalmie. On conçoit que pour ce qui regarde l'infection médiate, l'état général, les diathèses peuvent exercer une certaine influence en favorisant la décomposition du sérum interposé dans la plaie.

En présence d'une complication aussi grave, nos ressources thérapeuthiques sont, il faut le reconnaître,

bien faibles. L'application de ouate que Ton tiendra

constamment imprégnée de la solution de sublimé, et que nous avons indiquée plus haut comme moyen pré ventif, les irrigations sur la plaie avec cette même solution de sublimé constituent encore le pansement qui paraît agir le plus favorablement. Il présente du moins cet avantage de diminuer sensiblement les douleurs parfois si cruelles qui accompagnent la suppuration.

On a aussi conseillé de traiter la plaie infectée à la façon d'un ulcère rongeant. C'est ainsi que Alf. Graefe préconise l'ouverture de la plaie avec un stylet que l'on fait glisser d'un angle a l'autre de manière à laisser écouler l'humeur aqueuse. On peut encore racler avec la curette tranchante, d'après le conseil qu'en a donné Horner, les bords de la section ; ou suivant Abadie, pratiquer avec le cautère galvanique la cautérisation des parties infiltrées le long de la plaie *.

ÏRITIS ET IRIDO-CHOR01DITES. — ENCLAVEMENTS IRI- DIEN ET GAPSULAIRE. — HERNIE DE i/lRIS. — Si des

iritis ou des irido-choroïdites peuvent se développer aune époque plus ou moins éloignée de l'opération sous des influencés variées, imprudence des malades, refroidissements, irritation produite par des masses corticales encombrant la pupille, il faut remarquer que la plupart de ces accidents sont consécutifs à l'enclavement de l'iris ou de la capsule et s'observent particulièrement dans les cas où on a eu recours à un procédé combiné. Ainsi il peut se faire que, même avec un champ pupillaire parfaitement noir, il apparaisse assez brusquement une iritis, ou une irido-choroïdite, qui marche

1 Abadie. Annal. cTocuL, t. XG, p. 120.

Page 1