CHOIX DES LUNETTES. KÉRATOSCOPIE
Lorsque, par une extraction heureusement conduite, on a réussi à obtenir une pupille parfaitement noire, il faut encore, pour que l'opéré tire tout le bénéfice de son opération, que des lunettes parfaitement appropriées lui soient données. Si exactement que soit exécutée une extraction, celle-ci laisse, en général, après elle un astigmatisme qui pendant les premiers temps est souvent considérable (6, 8 dioptries et plus). A mesure que la
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cicatrice cornéenne se resserre, le rayon de courbure de la cornée qui, dans le sens vertical (il s'agit d'une extrac tion à lambeau pratiquée en haut ou en bas), s'était sensiblement allongé, tend à se rapprocher dans une mesure variable de celui du méridien horizontal, qui par contre s'était alors raccourci. Il y aura donc tout avantage à retarder autant que possible le choix des lunettes afin que l'œil acquière les conditions stables dans lesquelles il se trouvera définitivement placé. Cette déformation, inverse dans le méridien suivant lequel l'opération a été pratiquée et le méridien perpendiculaire, décroît parallèlement, en sorte que lorsqu'avec le temps, on diminue le cylindre correcteur, on se trouvera dans" l'obligation d'accroître proportionnellement le verre sphérique (c'est-à-dire d'une dioptrie environ pour deux dioptries de réduction de l'astigmatisme).
L'examen devra toujours commencer par la détermination objective de l'astigmatisme dont l'œil se trouve atteint. Le cylindre propre à corriger cet astigmatisme étant placé dans la monture d'essai, il suffira de chercher par tâtonnements le verre sphérique qui, superposé au cylindre, fournit la meilleure acuité visuelle, pour donner à l'opéré le maximum de vision qu'il peut atteindre. Les lunettes pour voir de loin ainsi trouvées seront accrues pour la vision de près de 3 ou 4 dioptries, suivant que l'on voudra adapter l'œil pour 33 ou 25 centimètres.
C'est grâce à la kératoscopie, introduite dans la pratique par Placido et Javal que nous pouvons objectivement déterminer l'astigmatisme cornéen, et éviter les longs tâtonnements de la méthode subjective, qui ne fournit souvent que des résultats bien incomplets chez