CHAPITRE DEUXIÈME IRIS
L'iris représente la partie antérieure et libre dutractus uvéal. Il faut distinguer dans l'iris un bord pupillaire, qui contourne l'ouverture centrale formant la pupille, et un bord ciliaire qui le fixe auw corps ciliaire et à la cornée. Nous avons en outre à considérer une surface antérieure et une surface postérieure.
Il existe à la surface antérieure de l'iris une ligne en zigzag qui la divise en deux zones. La zone pupillaire mesure environ 1 millimètre de largeur, et présente de petits plis ramassés et rayonnants. La zone ciliaire, de 3 millimètres d'étendue à peu près, offre dans sa moitié externe cinq à sept plis concentriques, dont la saillie s'accuse principalement lorsque la pupille se dilate. Un épithélium qui représente la continuation de celui de la membrane de Descemet, recouvre la surface antérieure de l'iris.
La surface postérieure de l'iris montre une coloration noire résultant de la présence d'une épaisse couche
pigmentaire, ou uvée, ainsi qu'on la désigne. L'uvée commence au bord de la pupille, et forme pendant la contraction de celle-ci un ourlet très net. Elle finit près du corps ciliaire en passant dans la couche pigmentaire des procès ciliaires (fig. 37).
La limite entre ces deux espèces de pigment s'accuse toujours nettement , le pigment des procès ciliaires, jusqu'à son point de jonction avec celui de l'uvée, étant en effet recouvert d'une partie de la portion ciliaire de la rétine. La surface libre de l'uvée montre une série de plis peu saillants et disposés en rayons, qui s'étendent, au nombre de 70 à 80, du bord pupillaire vers le bord ciliaire.
Le tissu de l'iris comprend des vaisseaux, des muscles, des nerfs et un stroma. Les vaisseaux se distinguent surtout par l'extrême épaisseur de leurs parois et en particulier de la membrane adventive. Ces vaisseaux offrent, en outre, un développement remarquable de leur musculature. Les mouvements de l'iris s'exécutent sous l'action de deux muscles : le sphincter, qui resserre la pupille, et le dilatateur, dont l'action est la dilatation de la pupille.
Le sphincter de la pupille occupe la zone pupillaire de l'iris. Au voisinage du bord de la pupille, il est peu épais ; mais il va en s'épaississant et atteint, près de son bord externe, une épaisseur deOmm,25.Il est plus voisin de la surface postérieure de l'iris, de manière à n'être séparé de l'uvée que par une mince couche de tissu cellulaire et aussi par des trames musculaires extrêmement tendres qui appartiennent au dilatateur.
Le dilatateur de la pupille prend son développement des faisceaux du sphincter dont il forme ainsi la conti-
Masselon. Ophtalmologie. 7.
nuation. A son origine, il affecte la forme d'une zone de faisceaux disposés en arcades entrelacées, siégeant en partie dans l'épaisseur du sphincter, en partie à sa surface interne. Ces faisceaux se réunissent, au delà de la zone occupée par le sphincter, en une plaque continue recouvrant toute la surface postérieure de l'iris. Les fibres de cette plaque affectent une disposition régulière, parallèle et rayonnée du bord pupillaire au bord ciliaire. A un demi-millimètre de son point d'insertion, le muscle se divise en faisceaux isolés qui se placent suivant deux couches superposées. Tout près du bord ciliaire, les fibres de ces faisceaux changent encore de direction pour se recourber en arc et former, en s 'entrelaçant, un mince plexus musculaire qui embrasse sous forme d'anneaux le bord ciliaire.
Les nerfs de l'iris sont constitués par des branches des nerfs ciliaires de la choroïde qui, après leur pénétration dans l'iris, se divisent dichotomiquement pour former des arcs et se perdre en un réseau dans lequel on aperçoit un échange de fibres entre les troncs nerveux. De ces points d'entrecroisement émanent trois sortes de fibres nerveuses : 1° des fibres pâles, appartenant proba blement au sympathique, se dirigent vers la surface postérieure de l'iris et sont destinées au dilatateur; 2° des fibres à moelle se portent vers la surface de l'iris et constituent les fibres sensibles de cette membrane; 3° enfin un dernier réseau se répand dans le sphincter, et les nerfs qui le forment sont pour la plupart moteurs.
Les vaisseaux et les nerfs de l'iris se répandent dans un stroma composé surtout de fibrilles et de cellules de tissu cellulaire. Dans les yeux foncés, la plus grande partie du stroma se compose de cellules pigmentées ,
trouvent surtout entassées dans la couche la plus super-
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fiiCielle de l'iris. Dans les yeux clairs, au contraire, on trouve ces cellules êtoilêes dépourvues de pigment.