GLAUCOME 1.S
au glaucome chronique irritatif ; c'est alors que peu à peu la papille se laisse refouler par l'excès de pression, en même temps que l'acuité usuelle et la vision périphériqué décroissent progressivement après chaque attaque.
Ordinairement l'attaque glaucomateuse n'apparaît pas absolument d'emblée, mais elle est précédée de prodromes qui annoncent au malade le danger qui le menace. Ces symptômes prodromiques sont la conséquence de l'accroissement de tension intra-oculaire qui commence déjà à se manifester. C'est ainsi que l'on observera la réduction de l'accommodation, la presbytie exagérée, résultant de la parésie du muscle ciliaire, l'apparition intermittente d'arcs-en-ciels àutour des flammes ou de nuages, de fumée, ce qu'il faut attribuer à de légères altérations de l'épithélium cornéen.
2o GLAUCOME CHRONIQUE IRRITATIF
Cette forme peut succéder à l'attaque aiguë, comme nous l'avons dit plus haut, ou se montrer primitivement, une grande intensité dans les signes irritatifs faisant défaut. On constate que les veines ciliaires antérieures sont plus ou moins dilatées et tranchent sur la sclérotique qui prend un aspect terne, en même temps que la cornée montre un reflet opalin, qui pourrait faire croire à un défaut de transparence des milieux de l'œil. Peu à peu la cornée perd sa sensibilité, la pupille se dilate de plus en plus et cesse d'obéir à l'action de la lumière. L'iris s'atrophie et tend à se réduire à une étroite bandelette occupant la périphérie de la cornée.
L'état légèrement rugueux de la cornée est susceptible, par intervalle, de disparaître, de façon à permettre
Masselon. Ophtalmologie 8
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un examen ophtalmoscopique très net du fond de l'œil ; on constate alors une excavation plus ou moins profonde de la papille dont les vaisseaux semblent coupés sur l'anneau sclérotical. Les veines sont le siège d'une réplétion sensible, tandis que le pouls artériel apparaît spontanément ou à la moindre pression exercée sur l'œil.
Un examen fonctionnel montre, avec rabaissement de l'acuité centrale, un rétrécissement progressif du champ visuel qui marche constamment de dedans en dehors, de manière que lorsque toute vision est près de s'éteindre, c'est seulement dans un point situé tout à fait en dehors, du coté de la tempe, qu'il subsiste encore un vestige de vue. On observe aussi qu'à certains jours ou à certaines heures de la journée la vision se relève quelque peu temporairement.
Quant aux douleurs, elles sont très variables suivant la marche qu'affecte la maladie, et elles peuvent faire presque complètement défaut ; mais si la marche est assez rapide et surtout procède par intermittences, on constate pendant les poussées des douleurs péri- orbitaires analogues à une névralgie.