I. — Cataracte congénitale
On distingue particulièrement trois formes de cataractes congénitales, ce sont les formes zonulaire , polaire et généralisée .
1° CATARACTE ZONULAIRE
La cataracte zonulaire est caractérisée par une opacité qui enveloppe le noyau de la lentille , tout en laissant celui-ci transparent ainsi que les couches cristalliniennes périphériques. Il en résulte donc, à partir du bord du cristallin, qu'un anneau plus ou moins large, suivant l'étendue de la cataracte zonulaire , conserve une transparence parfaite. Pour reconnaître la présence de cet anneau transparent et par suite la nature de la cataracte, il est souvent besoin de faire une instillation d'un mydriatique.
Le trouble visuel sera bien différent suivant l'étendue de la zone cataractée, et le diamètre de la pupille. Si la cataracte zonulaire est de minime largeur, le sujet pourra se livrer sans trop de difficultés à des travaux de lecture; mais si la pupille est très contractée, au soleil par exemple , cette même persorne se trouvera excessivement gênée. Lorsque la couche opaque est très étendue, même avec des mj driatiques, on n'arrive à ne permettre qu'une très imparfaite vision.
Après dilatation de la pupille, le diagnostic de cette
forme de cataracte est très aisé. Le miroir plan permettra de reconnaître la transparence parfaite des parties périphériques du cristallin, en même temps que l'on constatera au centre une opacité plus ou moins forte, surtout accentuée vers ses bords, suivant que la zone opaque sera elle-même plus ou moins épaisse. L'éclairage oblique laissera d'ailleurs directement constater ]e siège de l'opacité.
La cataracte zonulaire est, à de très rares exceptions près, toujours binoculaire et reconnaît pour causes les convulsions, les traumatismes ; on a aussi accusé le rachitisme et l'hérédité. Elle est en général stationnaire et n'affecte de tendance à s'étendre qu'à l'âge ou apparaît la cataracte séniie.
La conduite que doit tenir le chirurgien vis-à-vis de ces malades est essentiellement variable suivant l'étendue de la cataracte zonulaire. Si celle-ci ne dépasse pas un diamètre de 3 à 3 millimètres et demi, c'est k la pupille artificielle qu'il faut recourir. Lorsque la cataracte est plus étendue et surtout menace par des prolongements les parties périphériques, il sera nécessaire d'agir sur le cristallin lui-même, et alors la discision sera préférable, discisiou qui, dans le cas ou la résorption cristallinienne marche trop lentement, pourra être suivie d'une extraction linéaire simple. On pourra toujours d'ailleurs, par un examen de la vision pratiquée après dilatation pupillaire, se renseigner approximativement sur l'acuité visuelle que pourrait rendre une simple pupille artificielle, cette dernière, on le conçoit, devant toujours permettre un fonctionnement meilleur qu'une large mydriase.