ACCIDENTS DE L'IRIDECTOMIE
a tout autre changement de forme du globe oculaire, regarde d'une façon permanente l'opérateur, et aide ainsi beaucoup celui -ci à s'orienter sur la position de la cornée, recouverte presque entièrement par les paupières.
Lorsqu'on a atteint le maximum de pression, cette dernière est maintenue de une à une minute et demie, afin de permettre la reproduction de l'humeur aqueuse, à laquelle se mêle généralement un peu de sang ; mais celui-ci disparaît dans les quatre à six heures qui suivent, ce qui démontre que les voies de filtration se sont de nouveau rétablies. Un bandeau légèrement compressif et le repos dans le décubitus dorsal pendant vingtquatre heures assurent complètement ce replacement du cristallin. Ce n'est que si le corps ciliaire est très sensible que l'emploi du chloroforme est indiqué ; on se sert aussi avec beaucoup plus de succès de la curette de de Graefe, qui est en outre d'un usage plus commode.
De Wecker préfère combattre la subluxation du cristallin qui, heureusement, est très rare après une exécution correcte del'iridectomie, parla sclérotomie, répétée au besoin, et pratiquée du côté opposé à l'iridectomie. iOn peut d'ailleurs, comme il le fait observer, en pratiquant la sclérotomie et pendant que l'œil se trouve ainsi solidement fixé par le couteau, combiner cette opération avec des manœuvres de réduction du cristallin, que l'on exécute en exerçant une pression continue à travers la paupière supérieure sur le point vers lequel le cristallin s'est déplacé, c'est-à-dire sur la plaie de l'iridectomie.
On conçoit que pareilles tentatives ne peuvent être suivies d'un résultat que si elles ont lieu peu de temps
après l'iridectomie, lorsque des adhérences ne se sont pas encore formées entre l'iris et le cristallin déplacé.
Un opérateur quelque peu exercé, surtout s'il fait usage du couteau droit, n'aura pas à craindre une blessure du cristallin. Dans le cas d'irido-choroïdite, lorsqu'il existe une solide adhérence du bord pupillaire à la cristalloïde et que l'on doit faire usage de pinces courbes munies de griffes sur leur convexité pour arracher l'iris des points où il s'est fixé, on n'a pas non plus à redouter une rupture de la capsule, l'iris se déchirant plutôt (iridorhexis) si les adhérences sont très résistantes.
Il peut se présenter des cas où l'exécution de l'iridectomie est rendue impossible par suite d'un accotement de toute la face postérieure de l'iris, et de l'atrophie plus ou moins accusée de cette membrane qui représente un plan tendu sur lequel glissent les griffes de la pince, celles-ci réussissant parfois à ramener quelques minimes débris de l'iris, mais sans entamer la croûte exsudative qui le double. C'est surtout à la suite d'iridochoroïdites sympathiques que l'on rencontre une pareille difficulté. Le cristallin étant alors le plus souvent opaque, il sera préférable en pareil cas d'ouvrir une pupille artificielle par irito-ectomie, après avoir préalablement pratiqué l'extraction du cristallin.