ACCIDENTS DE L'IRIDECTOMIE
ACCIDENTS DE L' I R I D E CTO M I E
Eu général, on n'a guère à craindre d'accidents dans l'exécution d'une iridectomie. Des complications fâcheuses peuvent toutefois se présenter lorsque l'accroissement de la pression intra-oculaire est considérable, et qu'aux phénomènes de glaucome se joint une altération des vaisseaux qui, lors de la détente produite par la section, sont susceptibles de se rompre et de donner lieu à des hémorrhagies parfois considérables réclamant l'usage de la compression et du froid et qui laissent, après leur disparition, un œil déformé par ectasie des parties avoisinant la plaie. Aussi lorsqu'on aura pu prévoir cette tendance aux hémorrhagies, sera- 1- il pré férable d'abandonner l'iridectomie pour la sclérotomie.
Pour ce qui regarde Y insuffisance de la plaie dans l'exécution de la section, on peut, en général, y remédier assez aisément. Ainsi, dans l'établissement d'une pupille optique, la section se trouve-t-elle trop étroite pour que l'on puisse saisir l'iris avec la pince dont les branches n'arrivent pas à prendre un écart suffisant? on substitue alors aux pinces un petit crochet mousse avec lequel on attire aisément le sphincter iridien au dehors. L'excision de l'iris pratiquée, on instillera aussitôt une goutte de collyre d'ésérine et on procédera à quelques frictions sur la plaie cornéenne pour obtenir une exacte rentrée de l'iris.
Si, procédant à l'exécution d'une pupille antiphlogistique, on s'aperçoit, par le peu d'écartement que prennent les branches de la pince, que l'on a fait une section trop étroite, on devra renoncer à achever l'opération
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dans de pareilles conditions, car le but, qui est alors de faire une large iridectomie, serait manqué. Il faudra agrandir la section avant de procéder à l'excision de l'iris. A cet effet, on fera usage de petits ciseaux coudés de préférence aux couteaux mousses, avec lesquels on n'obtient que très péniblement un élargissement de la plaie, par la raison qu'on ne peut les faire agir par un mouvement de scie, mais qu'ils doivent couper par une simple pression, rendue encore inefficace par la rotation qu'exécute l'œil sous l'effort que l'on fait.
Pour élargir la plaie cornéenne avec les ciseaux dont les extrémités sont mousses, il suffit de faire glisser une branche dans l'encoignure de la chambre antérieure plus ou moins loin suivant l'agrandissement que l'on veut obtenir, et dans la direction de la plaie déjà formée, et de fermer les ciseaux d'un coup sec.
Il peut encore arriver que le couteau ne pénètre pas du tout dans la chambre antérieure, l'instrument ayant cheminé dans l'épaisseur de la cornée. Cet accident serait surtout fâcheux, si l'on s'était servi d'un couteau lancéolaire, à cause de l'étendue du trouble cornéen qui pourrait en résulter, et cela particulièrement dans le cas où l'on se serait proposé d'établir une pupille optique, l'opacité cornéenne devant se trouver ainsi en face de la pupille à créer. Mais si l'on fait usage d'un couteau étroit, l'accident peut aisément être réparé sans grand dommage ultérieur, le trouble cornéen n'ayant jamais qu'une minime largeur. Pour cela, après avoir attendu que tout écoulement sanguin venant du limbe ail cessé, on reprend sur le tranchant du couteau les parties profondes de la cornée qui avaient échappé à la première section.
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Une grave complication résulte de la tendance à se scléroser, que peut présenter la cornée dans le point sectionné, ainsi qu'on l'observe dans certains cas d'iridochoroïdite glaucomateuse ou de scléro-çhoroïdite anté rieure. Cet accident serait surtout fâcheux, s'il n'existait plus déjà qu'une minime portion de la cornée dont la transparence ait été conservée et qui, à son tour, deviendrait aussi opaque. Lorsqu'on aura à redouter la sclérose, on s'efforcera de faire glisser le moins possible le couteau dans l'épaisseur de la cornée, en cherchant à superposer les lèvres interne et externe de la section qui sera placée exactement dans la jonction sclérocornéenne. Si, en voulant ménager la cornée, on portait la section trop du côté de la sclérotique, on s'exposerait alors à une cicatrisation cystoïde ou ectatique, surtout s'il s'était produit un enclavement de l'iris que favoriserait notablement l'écart entre les lèvres interne et externe de la plaie. Il sera donc urgent de rester dans la ligne de jonction de la sclérotique et de la cornée.
Les hèmorrhagies ne devront être redoutées que si elles sont la conséquence d'un glaucome hémorrhagique, ainsi que nous l'avons dit plus haut. Mais en dehors de cette circonstance, la présence, après une iridectomie, d'une quantité plus ou moins considérable de sang dans la chambre antérieure n'a que peu d'importance. On se contentera d'entre-bâiller la plaie avec la spatule ou la curette de Daviel, en même temps qu'au besoin on exercera une légère pression sur l'œil à l'aide de la paupière; on fera ainsi sortir le sang qui ne s'est pas coagulé et on appliquera le pansement.
Un très sérieux accident, que l'on observe, parfois dans les cas de glaucome, est la subluxation du cris-
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tallinqm se produit au moment de là détente brusque de la tension, par suite de la rupture de la zonule, lorsqu'on n'a pas réussi à obtenir un écoulement très lent et graduel de l'humeur aqueuse. Cet accident se révélera par l'augmentation de la tension et des douleurs, l'absence de formation de la chambre antérieure et la déviation plus ou moins marquée de la pupille naturelle vers la section.
Les souffrances du malade ne s'apaisent qu'à la longue, et l'œil présente finalement un iris complètement atrophié avec un cristallin opaque appliqué contre la cornée. Il est donc amplement justifié que l'on fasse dans ces cas des tentatives pour réduire le cristallin, ou au moins pour remédier aux graves effets de la subluxation.
Weber, dans le but de réduire la subluxation du cristallin, conseille1 de procéder de la façon suivante: avec une broad-needle (large aiguille), à double rainure, on ponctionne la sclérotique à 8 ou 10 millimètres du bord externe de la cornée, cette distance étant celle qui doit être préférée, en un point situé sur le diamètre horizontal, et avec la précaution d'imprimer ensuite à l'instrument un quart de rotation autour de son axe, de façon à faire entre-bâiller la plaie scléroticale. En même temps, on exerce au moyen de la paupière supérieure une pression sur la cornée dirigée dans le sens vertical à la surface du coloboma, et du côté vers lequel le cristallin s'est ordinairement déplacé. Cette pression, tout d'abord faible, est augmentée graduellement, pendant que le malade, afin d'éviter toute autre fixation avec des instruments, et pour s'opposer
1 Weber. Archiv fv.r Ophtalmologie, Band XXIII, I, p. 86.