IV. — Gorélyse
Le dégagement du bord pupillaire, dans le cas d'adhérences, a déjà été autrefois pratiqué par Wenzel et Arnemann, dans le but de permettre l'extraction du cristallin opacifié. Streatfîeld et Weber, qui ont repris la corélj-se, se sont proposé, en agissant au-devant d'un cristallin transparent, d'améliorer l'état fonctionnel de l'œil et de prévenir les récidives d iritis, lorsque celles-ci reconnaissaient surtout pour cause, à part l'influence exercée par un état diathésique, la présence de synéchies postérieures.
Voici en quoi consiste leur procédé opératoire : A l'aide d'une large aiguille à paracentèse, ou d'un couteau lancéolaire étroit, on incise, après instillation de cocaïne, la cornée à une distance de 4 millimétrés de son centre environ ou, suivant Weber, dans un point correspondant au milieu du rayon cornéen. L'ouverture externe de la section aura de 4 à 5 millimètres, tandis que la lèvre interne, qui devra correspondre à la circonférence d'une pupille moyennement dilatée, mesurera de 2 à 3 millimètres.
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Quant au rayon de la cornée au travers duquel on placera la section, il sera variable, d'après Streatfield, suivant les cas. S'il s'agit d'une synéchie isolée, on le choisira vis-à-vis de celle-ci, et, si les synéchies sont multiples, on fera en sorte qu'il se trouve en face d'un point où le bord pupillaire est demeuré libre. "Weber pratique de préférence la section du côté externe, et donne le conseil d'évacuer l'humeur aqueuse, contrairement à Streatfield, qui retire brusquement l'aiguille dans le but de conserver l'humeur aqueuse.
Pour ce qui regarde le détachement du bord pupillaire, on l'exécute, soit avec la petite spatule échancrée de Streatfield (fig. 39), soit à l'aide du crochet aplati de Weber (fig. 40). On insinue ces instruments par de légers déplacements latéraux, entre l'iris et le cristallin. Lorsqu'ils ont pénétré sous l'iris, on leur imprime des mouvements de circumduction par une pression douce, de façon à rompre les adhérences et à rendre libre le diaphragme indien. On instille alors une goutte d'un collyre d'atropine et de cocaïne et on applique le bandeau ; les instillations d'atropine seront répétées à chaque pansement.
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OPÉRATIONS. CORELYSE 179
Un procédé beaucoup plus simple est celui imaginé par Passavent, qui donne le conseil de pratiquer une petite incision correspondante au méridien occupé par la synéchie1. Cette étroite incision doit se trouver par sa lèvre externe dans le Lord cornéen, tandis que la lèvre interne occupera un point assez éloigné de ce bord, afin de rendre moins aisé le prolapsus de l'iris. Il saisit alors, comme pour une iridectomie, l'iris avec de fines pinces, mais il le lâche aussitôt que la synéchie s'est rompue.
Ces procédés, d'une exécution toujours délicate, peuvent trouver leur application quand il s'agit d'une ou deux synéchies, mais dans le cas d'adhérences étendues, le but sera beaucoup plus sûrement atteint par l'iridectomie, qui aura encore l'avantage de n'exposer à aucun accident.
— Spatule échancrèe de Streatlield. A, grandeur naturelle. B, le même instrument amplifié 6 fois.
Fig. 40. - Crochet de Weber.
i Passavent. Archiv fur Ophtalm., Band XV, p. 257.
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