I. — Infiltration profonde
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L'infiltration profonde circonscrite apparaît par foyers ayant une tendance toute particulière à la sclérose, à ce point que si l'affection siège sur le bord de la cornée, celle ci semble se confondre dans ce point avec la sclérotique. Les foyers, d'un gris bleuâtre, sont souvent reliés entre eux par un lacis de lignes dirigées superficiellement et qui s'entre-croisent. L'épithélium paraît piqueté et légèrement soulevé par places audessus des points atteints. Cette affection, le plus souvent indolore, se montre surtout chez des rhumatisants et offre une tendance marquée à laisser des taches de sclérose indélébiles.
A part le traitement médical consistant dans l'usage du salicylate de soude, des transpirations obtenues avec la pilocarpine, et localement des fomentations chaudes, on aura recours, si la sclérose persiste en dépit de ces moyens, à une syndectomie partielle, à une application de pointes de feu galvaniques péricornéennes, ou encore à la sclérotomie. Cette dernière opération sera préférée à Tiridectomie qui expose à une extension de la sclérose dans le voisinage de la section cornéenne. La scléroto-
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mie possède en effet un pouvoir éclaircissant incontestable sur des parties de la cornée devenues opaques par sclérose de cette membrane.
L'infiltration profonde diffuse, ou kératite parenchymateuse, réclame surtout un traitement médical approprié à la nature le plus souvent spécifique de l'affection. Les moyens chirurgicaux ne sauraient trouver place que contre les résidus de l'affection et sont les mêmes que ceux que nous venons de signaler pour l'infiltration circonscrite.
Avec pareille infiltration profonde diffuse se combine parfois la kératite huileuse. Elle est caractérisée par le développement intermittent, au-devant d'une portion infiltrée de la cornée, d'un soulèvement dans une large étendue de l'épitliélium et du ciment. Chaque apparition de bulle est précédée de violentes douleurs. Cette affection dénote une tendance glaucomateuse marquée et termine d'ailleurs souvent des phénomènes de glaucome consécutifs à une irido-choroïdite ancienne. On prescrira le sulfate de quinine et les instillations d'un collyre d'ésérine. Les douleurs cessant dès qu'après la rupture de la vésicule, la couche épithéliale s'est régénérée, il pourra être indiqué de pratiquer l'abrasion de la vésicule avec les pinces-ciseaux, On pourra encore, à l'aide de fines pinces, saisir la paroi de la vésicule, dans laquelle on a préalablement fait une piqûre, et procéder à son arrachement. Si, après plusieurs récidives, il est établi que cette médication est insuffisante on n'hésitera pas à pratiquer l'iridectomie.