POSSÉDANT PLUSIEURS SUCCURSALES
Pour terminer ces questions de comptabilité, il nous reste à examiner la situation d'une maison de commerce possédant plusieurs succursales, établies, soit dans la même ville, soit dans des régions plus ou moins éloignées.
La manière de centraliser toutes les opérations, telle qu'elle existe aujourd'hui, ne fait que créer des confusions, souvent regrettables, et des erreurs continuelles. Elle est la source d'écritures fausses, inutiles, dangereuses, lesquelles, répétées chaque jour sur une grande échelle, sont la cause d'un travail considérable, sans aucune utilité, et, partant, sans aucune valeur et sans aucun rendement. Elle engendre la routine, elle dégage toute responsabilité, elle produit même des catastrophes.
En quoi donc consiste cette centralisation qui, poussée à l'excès, occasionne tant de déboires et d'inconvénients?
Il y a deux manières particulières de centralisation qui sont le plus souvent employées et que nous passerons rapidement en revue.
D'après une première manière, toutes les pièces comptables sont envoyées au siège central, qui, seul, les comptabilise. De cette façon, si, à un moment déterminé, les succursales ont besoin d'un renseignement quelconque, elles sont obligées de le demander au siège. De là, une perte de temps d'autant plus considérable que le siège est plus éloigné de la succursale. Et si la demande n'est pas bien formulée, il faut encore écrire à nouveau. D'autre part, les employés, occupés au siège social, n'étant presque jamais au courant des opérations des succursales, confondent souvent les comptes entre eux, commettent des erreurs, et, par la suite, perdent encore un temps considérable pour rechercher ces erreurs et les rectifier.
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Dans d'autres établissements, au contraire, on tiendra une comptabilité auxiliaire dans toutes les succursales, et on enverra ensuite au siège social toutes les opérations recopiées sur des feuilles, lesquelles, seront reprises en compte par le siège. On voit de suite à quelle quantité formidable d'écritures il faudra se livrer et de quelle utilité pourra être ce travail. Car, plus le travail sera répété, plus les chances d'erreurs seront nombreuses, surtout, lorsque, dans ce cas, les employés ne possèdent aucune connaissance spéciale, ce qui arrive fréquemment.
Comme on ne dresse qu'un seul bilan pour tous les établissements, il est impossible de connaître le résultat obtenu par chacun d'eux. Celui-ci est-il prospère ou acculé à la faillite? Il est difficile souvent de s'en rendre compte, toutes les opérations étant confondues au siège social.
Ces deux manières d'opérer, étant le plus fréquemment employées, comment pourrait-on les modifier de manière à posséder des renseignements précis sur chaque succursale et établir en même temps un bilan d'ensemble pour tous les établissements?
Pour arriver à ce résultat, il serait nécessaire que chaque maison établisse ^He-même sa comptabilité comme si elle était complètement indépendante, qu'elle dresse elle-même sa balance, son bilan et son Compte de Résultats. Ces derniers documents seraient ensuite adressés chaque mois au siège social. Celui-ci n'aurait alors qu'à les reporter, sans écriture au journal, sur un grand livre des comptes généraux, comprenant tous les comptes des succursales. Il serait facile ensuite d'établir une nouvelle balance et un nouveau bilan qui ne serait que le total de toutes les balances et de tous les bilans partiels.
Par ce système, on arriverait à supprimer un grand nombre d'écritures inutiles, soit sur les livres, soit dans la correspondance. En outre, on posséderait des renseignements plus précis. Il serait facile de contrôler rapidement les comptabilités des succursales, le siège social pouvant détacher, dans ce but, certaines personnes qui auraient pour mission de contrôler sur place toutes les opérations des divers établissements.
En dehors des livres auxiliaires, il sera avantageux de créer un livre de virement sur lequel on portera toutes les opérations effectuées entre les divers établissements; succursales et siège social. Le tracé de ce livre dépendra naturellement des opérations exécutées entre les établissements.