‹ Précis d'un cours de psychologieChapitre 24 sur 72 · CH. V, CHRONOLOGIE DE NOS FACULTES. IO · texte numérisé non relu

CH. V, CHRONOLOGIE DE NOS FACULTES. IO

après cet examen préliminaire quelle recherche l’ordre dans lequel ils se sont succédé dans notre esprit.

Quelques philosophes ont désigné la question qui nous occupe sous le titre de génération des facultés de Vâme ; ces mots semblent indiquer qu’à leurs yeux la faculté s’engendre au moment où elle entre en exercice, tandis que l’induction nous porte à croire que la faculté préexiste à l’acte qu elle accomplit, et qu elle est innée à l’âme.

Il sera donc bien entendu que si nous parlons de l’ordre chronologique de nos facultés, nous ne voudrons désigner que la date de leurs actes.

L’état primitif de notre intelligence ne peut être jugé que par induction de son état actuel.

Or, dans l’état actuel, la méthode n’arrive qu’après le raisonnement; le raisonnement qu’après le jugement. Le jugement est primitif ou ultérieur. Le jugement ultérieur n’a lieu qu’après l’intervention de la mémoire, et le fait de mémoire est précédé de l’action antérieure des facultés de connaissance et de croyance.

Maintenant l’induction et la foi ne s’exercent qu’à propos de phénomènes saisis par le sens intime ou par les sens physiques. Il en est de même de la raison intuitive, qui n’entre en exercice qu’à propos d’un fait d expérience interne ou externe.

L’induction, la foi et la raison intuitive sont donc précédées de la conscience et de la perception matérielle.

Quel est l’ordre entre l’induction, la foi et la raison intuitive? Nous avons vu que dans l’âge mur la foi s’appuie en grande partie sur l’induction. Nous pouvons observer que l’enfant a l’occasion de faire des actes d’induction bien long-temps avant de pouvoir faire acte de foi, et qu’il croit à l’autorité étrangère bien long-temps avant de connaître par lui-même le temps absolu, l’espace infini, la cause libre non-moi, la moralité et la beauté.

Ainsi la raison intuitive est précédée de la foi, et celleci de l’induction.

Il ne nous reste plus qu’à indiquer l’ordre de la conscience et de la perception matérielle.

Dans l’état actuel, la perception matérielle est toujours accompagnée de conscience; il ne nous paraît donc pas probable que la première ait pu devancer la seconde dans l’état primitif. D’ailleurs, comment une force intelligente pourrait-elle connaître sans se connaître elle-même? L’idée de non-moi n’implique-t-elle pas l’idée de moi ?

La perception matérielle n’a donc pas pu précéder la conscience. La conscience a-t-elle pu précéder la perception matérielle ?

Actuellement nous ne pouvons saisir dans notre conscience aucun fait qui n’implique la connaissance soit présente, soit antérieure du non-moi. Le fait de conscience est-il simplement une peine ou un plaisir moral? Il implique la connaissance de l’objet qui en est la cause. Estil seulement une peine ou un plaisir physique? Il implique au moins la connaissance de la partie du corps dans laquelle nous souffrons ou jouissons.

Le nouveau-né ne fait-il qu’éprouver de la souffrance ou du plaisir, sans percevoir aucune étendue tangente ni par conséquent la partie du corps dans laquelle il souffre ou jouit ?La conscience précède alors la perception matérielle ; mais nous n’avons aucun moyen de nous assurer directement de ce fait, et il est beaucoup plus probable que la perception matérielle s’exerce en même temps que la conscience. Nous les mettrons donc sur la même ligne; et tel est, d’après cela, l’ordre chronologique que nous croyons pouvoir indiquer entre les divers phénomènes de l’intelligence :

i\ Conscience et perception matérielle.

2°. Induction.

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