‹ Précis d'un cours de psychologieChapitre 31 sur 72 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

RAPPORT DE LA SENSIBILITE ET DE L’iNTELLIGENCE.

La sensibilité et l’intelligence s’exercent presque toujours ensemble, et elles réagissent l’une sur l’autre.

Tout le monde sait qu’une peine physique trop vive suspend l’exercice de la perception matérielle et des autres facultés de l’intelligence.

Il en est souvent de même d’un sentiment lorsqu’il est porté à un assez haut degré.

Quelquefois, sans suspendre l’exercice de l’intelligence, la sensibilité en gêne la marche ou bien en trouble la vue. L’émotion ou l’intérêt nous empêche de bien apprécier, non seulement les objets de la conscience et de la raison intuitive, mais même ceux de la perception matérielle, dont l’exercice est sans contredit plus facile.

A son tour l’intelligence réagit sur la sensibilité. Sou action sur la sensibilité morale est manifeste, puisque cette sensibilité présuppose toujours l’exercice de l’intelligence. Avant que le sentiment paternel se déploie il faut que le père sache qui est son fils.

Mais l’intelligence agit même sur la sensibilité physique. D’abord elle en suspend quelquefois l’exercice, c’est ce qui arrive dans la préoccupation ; mais d’autres fois, sans la suspendre, elle l’altère ou la change. Une opinion formée d’avance, ou ce qu’on appelle la prévention , n’a pas seulement pour effet de nous faire mal juger des objets de l’intelligence, elle émousse ou aiguise encore notre sensibilité physique. La même blessure nous fera plus ou moins souffrir selon l’idée que nous nous serons formée d’avance du mal qu’elle doit nous causer.

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