‹ Précis d'un cours de psychologieChapitre 40 sur 72 · DU POUVOIR DE VOULOIR, OU DE LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

DU POUVOIR DE VOULOIR, OU DE LA LIBERTÉ

Ainsi que nous l’avons dit au chapitre de la conscience, il est un pouvoir que le moi reconnaît toujours présent en lui : c’est le pouvoir de vouloir. Quand aucun bruit ne se fait autour de moi, quand je suis immobile, j’ignore si je puis encore entendre et mouvoir; mais je n’ignore pas si je puis vouloir. Ma conscience m’atteste que ma volonté modifie ma perception et les mouvemens de mon corps; et je me reconnais cause de ces modifications. J’ignore si je puis les causer encore, mais je sais que je puis vouloir les causer. Le pouvoir de vouloir est le rempart inexpugnable de ma liberté. Ma volonté, ou pour parler comme Locke, ma volition est donc toujours en mon pouvoir.

Lorsqu’après avoir fait un acte sans le vouloir , je le recommence volontairement, ma volition a toujours un jugement pour motif. En effet , je recommence l’acte, ou bien parce que je le juge agréable, ou bien parce que je le juge moral. L’intérêt et la moralité , tels sont les deux motifs de mes voûtions ; quelquefois une volition a lieu en présence d’un seul de ces motifs , quelquefois en présence de tous les deux. Mais dans l’un et dans l’autre cas ma conscience m’atteste que ma volition est toujours en mon pouvoir , et que le motif ne me la ravit pas malgré moi.

Aux philosophes qui représentent les motifs comme des poids, et la volition comme une balance emportée par le plus lourd, nous opposons le témoignage de la conscience, qui nous montre que la volition est toujours

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