‹ Précis d'un cours de psychologieChapitre 41 sur 72 · LIVRE III, DE LA VOLONTE · texte numérisé non relu

LIVRE III, DE LA VOLONTE

en notre pouvoir , ou, en d’autre termes , qu’en présence des motifs les plus pressans nous nous reconnaissons toujours le pouvoir de vouloir.

Le témoignage de notre conscience est si clair sur ce point que par l’induction nous étendons à l’avenir la liberté dont nous nous savons doués présentement , et nous formons des desseins , nous faisons des promesses et des contrats.

Bien plus, par l’induction encore nous étendons cette liberté à nos semblables, et nous leur adressons des conseils, des prières, des menaces. On ne peut expliquer tous ces phénomènes sans le pouvoir libre de se déterminer par soi-même, sans le pouvoir de vouloir.

Enfin , la notion de moralité implique l’idée d’un agent libre ; et ainsi la liberté de la voiition est prouvée par l’estime et le mépris, la louange et le blâme , la récompense et le châtiment.

Il faut supprimer tous ces faits si l’on dénie le pouvoir de vouloir ou la liberté.

Condillac a défini l’attention: une sensation prolongée. Or, une sensation prolongée s’émousse, et une perception prolongée m’endort. Ce n’est donc pas là l’attention , ou l’intervention de la volonté dans l’intelligence.

Depuis, un de ses disciples a dit : «La volonté est la faculté de sentir des désirs ; le meilleur conseil de morale qu’on puisse donner , c’est de régler ses désirs; et comme nos désirs dépendent de nos jugemens , la seule morale est donc de régler ses jugemens. »

Or, si l’on demande à cet écrivain ce qu il entend par des jugemens, il répond que ce sont des sensations , en conséquence des phénomènes involontaires, sur lesquels nous n’avons pas de prise, que nous ne pouvons régler. Il n’a donc pas le droit de donner un conseil, une règle de conduite à un être qui ne possède point de liberté ou de pouvoir libre de vouloir. Après avoir détruit l activité

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