DE LA DISTINCTION DE LAME ET DU CORPS
Nous avons vu en psychologie que le moi se sait connaissant , croyant , sentant , voulant , et qu a travers toutes ces variations il se sait identique et un. Parmi les objets non moi se trouvent des étendues tangentes que nous ne pouvons définir autrement que par ces mots , et qu’on appelle corps. Parmi ces corps il en est un qui a ce caractère particulier que , tandis que nous le touchons , nous touchons par lui ; il nous sert donc à percevoir les autres et lui-même.
Le principe intelligent qui se connaît lui-même, et qui nous suggère le mot je, est-il ce corps ? Les hommes l’ont cru d’abord ; ils n’avaient pas remarqué que si ce corps nous est nécessaire pour percevoir , il nous apparaît luimême comme un objet perçu et non-moi , et qu’il pouvait se mutiler sans que le moi cessât d etre. Toutefois ils reconnurent de bonne heure que le moi est distinct du corps pris en masse. Mais ce corps renferme une matière blanche appelée cerveau. Cette matière nous est nécessaire dans l’état actuel des choses pour percevoir le non-moi , pour mouvoir nos membres, et par conséquent pour communiquer avec le monde externe et avec nos semblables. Cette matière étant dissoute , le moi existe-t-il
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encore ? Nous ne le savons pas directement, puisque, s’il existe , il n’a plus les moyens de l’annoncer à ceux qui lui survivent, et que ni moi ni ceux à qui je parle n’ont vu s’opérer encore la dissolution de leur cerveau.
Nous n’avons donc que des moyens indirects d’arriver à la solution de ce problème.
Il faut comparer ce que nous savons du moi par la conscience, et ce que nous savons du cerveau par la perception matérielle.
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