‹ Précis d'un cours de psychologieChapitre 6 sur 72 · SENS INTIME · texte numérisé non relu

SENS INTIME

Descartes a dit : Autre chose est connaître , autre chose est connaître quôn connaît. On peut ajouter : autre chose est sentir et vouloir, autre chose est connaître qu’on sent, qu’on veut et qu’on peut vouloir. Cette connaissance est ce qiie nous appelons connaissance du moi, ou conscience. La conscience est donc le moi se connaissant lui-même.

On donne ordinairement le nom d interne à tout ce qui est identique au sujét connaissant, et le nom d’ externe à tout ce qui ne lui est pas identique. De là les mots sens intime , perception interne , pour sens de V intime, perception de V interne, signifiant, en dernière analysé, connaissance du moi; et les mots sens extérieur, perception externe, signifiant connaissance du non-moi. Mais comme ces ter mes sont métaphoriques , et représentent l’esprit sous une image matérielle, plusieurs philosophes substituent aux mots interne et externe les mots subjectif et objectif ,

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entendant par sujet le principe intelligent, sensible et volontaire, et par objet tout ce qui n’est pas lui.

Soit donc que nous employions la première de ces deux langues, qui est consacrée par l’usage, soit que nous nous servions de la seconde, qui nous paraît mieux choisie, parce qu’elle ne présente pas aussi clairement une image matérielle, il sera bien entendu que par interne ou subjectif nous exprimerons ce qui est identique au sujet connaissant , ce que je réputé moi, et par externe ou objectij ce qui n’est pas identique au sujet connaissant, ce que je réputé non- moi.

Maintenant, lorsque je vois une statue, il y a dans ce fait complexe deux élémens distincts : i° la statue, qui est objective , non-moi ; 20 la connaissance ou l’action de connaître, qui est subjective , moi. C’est ce dernier élément que nous disons saisi par la conscience.

Quand nous étendons le bras volontairement, le mouvement est aperçu par l’intermédiaire de l’œil : il est objectif; la volonté échappe à cet organe et n’est saisie que par la conscience : elle est subjective.

L’œil et la main sont objectifs , la vue et le tact sont subjectifs. En d’autres termes, l’esprit ne se distingue pas des sens : il se distingue des organes.

Ainsi nous ne confondons jamais le moi avec le nonmoi soit matériel , soit immatériel. L’esprit connaissant le premier est appelé conscience ; connaissant le second , il prend le nom de perception matérielle; et connaissant le troisième, il est nommé raison intuitive . Lorsque dans un même fait nous distinguons du moi et du non-moi, nous disons que la conscience s’exerce concurremment avec la perception matérielle s’il s’agit de non -moi matériel , et concurremment avec la raison intuitive s’il s’agit de nonmoi immatériel.

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