‹ Précis d'un théorie des rhythmesChapitre 18 sur 28 · TRACES DE LA DËCADENCE DE LA QUANTITÉ DANS LA POÉSIE LATINE · texte numérisé non relu

TRACES DE LA DËCADENCE DE LA QUANTITÉ DANS LA POÉSIE LATINE

a. Le vers saturnien.

Lorsqu'on examine la versification des vieilles inscriptions funéraires et triomphales, ainsi que celle des poèmes de Livius et de Nsvius, on ne peut se dissimu-

1er que les Romains, doués de sens moins déliés que les Grecs, saisissaient plus difficilement les différences délicates des valeurs prosodiques. Leur vraie poésie ne date que de l'imitation des chefs-d'œuvre de la Grèce. Les anciens poètes n'avaient pas devant les yeux de formule nette et précise , ils suivaient instinctivement une règle vague et flottante. Le saturnien régulier, tel qu'on le conçut plus tard,

Malum dabunt Melelii | Nsevio poetse

n'était pas pour eux un point de départ dont ils se fus^ sent écartés avec plus ou moins de liberté, mais un but obscurément entrevu, vers lequel ils avançaient, et qu'ils auraient peut-être atteint , si les mètres d'origine grecque n'avaient pas refoulé le vieux vers des Faunes et des devins (1). Dans les irrégularités du saturnien nous ne voyons pas des libertés nettement déterminées, mais une tentative imparfaite de plier à une règle métrique la matière des mots et des syllabes que la langue offrait au poète.

L'hiatus est fréquent dans le saturnien ; la première syllabe y est quelquefois retranchée. Les deux licences se

trouvent réunies dans le vers suivant :

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