POEMES ANCIENS
Elle nous apprend que le lai, déjà trèsancien, était destiné à raconter des aventures pour les fixer dans la mémoire. Les lais que nous a laissés ]\larie de France ne sont effectivement que des fabliaux ou contes en vers de huit syllabes.
Plus, tard , les poètes donnèrent au lai une forme nouvelle qui consistait à 4ntercaler, à des distances régulières, de petits vers entre d’autres vers d’une mesure plus longue; ce qui fit donner au lai le nom à' arbre fourchu. Voici un exemple du lai :
Sur l’appui du monde Que faut-il qu’on fonde D’espoir ?
Cette mer profonde ,
En débris féconde,
* Fait voir
f Calme au malin l'onde ,
Et l’orage y gronde Le soir.
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On voit que le corps de la pièce en vers plus longs est sur une même rime, et que les refrains en vers plus courts sont sur une autre. Quand cet ordre changeait dans le cours de l’ouvrage, c’est-à-dire quand ils
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faisaient tourner ou virer, comme on disait alors, la rime dominante en refrain, alors la pièce devenait un virelai.
Du reste, je ne prétends donner ici que les principes des premières pièces données dans chacun de ces genres : car souvent on ' t a donné par la suite ces mêmes noms à des pièces de poésie qui n’étaient réellement ni des lais ni des virelais, et la signification du nom changea à diverses époques.
Bu virelai. — Ainsi, dans les siècles suivans , on donna le nom de virelai à une pièce de vers également sur deux rimes, mais dont les deux premiers vers devaient se ramener plus ou moins souvent et dans leur ordre pendant le cours de la pièce.
exemple :
Adieu vous dis, triste lire •- C’est trop aprêter à rire.
De tous les métiers le pire , Est celui qu’il faut élire Pour mourir de male-faim ; C’est a poiul celui d’écrire.
Adieu vous dis , triste lire, l’avais vu dans la satire Pelletier cherchant son paiu .
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