CHAPITRE XVII STAPHYLOCOQUE
Cultivé d'abord par Pasteur en 1880 (pus de furoncle, eau de Seine), le Staphylocoque a été étudié ensuite par Ogston, par Rosen-
Fig. 436. — Pus à Staphylocoque (coloration par le Gram).
bach et nombre d'auteurs. D'ordinaire saprophyte, il estfréquemment pathogène et constitue l’agent habituel des suppurations aiguës.
Ona voulu démembrer les Staphylocoques en trois espèces, d’après leur pouvoir chromogène : Séaphylococcus pyogenes aureus, Staph. pyog. citreus et Staph. pyoy. albus. Il est aujourd'hui admis que l'espèce est une (RodetetJ. Courmont, Netter), le pouvoirchromogène ne constituant pas un caractère fixe; il existe un Staph. pyog. aureus, avec les variétés citreus et albus.
Doprer et SacquÉpée. — Bactériologir, 2° édit. 1
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Nous prendrons comme type le Staphylocoque doré ousSt. aureus, en notant au passage les particularités concernant les autres variétés.
MORPHOLOGIE
Aspect microscopique. — L'élément fondamental est un coccus, mesurant en moyenne { p.
Dans les produits pathologiques (pus), les éléments se groupent en courtes chaïînelles de trois à quatre éléments, en diplocoques, en petits amas, rarement en amas volumineux (fig. 136). Dans certaines circonstances, le Staphylocoque peut revêtir une foime plus complexe, spécialement dans les grains de botryomycose (Voy. art. Botryomycose, à la fin de ce chapitre).
Dans les cultures (fig. 137), la forme en grappes prédomine, d’où le
Fig, 137. — Slaphylocoque; culture en strie sur gélatine, quarante-huit heures. nom de l’espèce: la plupart des éléments sont tassés Les uns contre les autres en amas irréguliers, renfermant 10 à 40 éléments et souvent plus, parfois un peu aplatis par le tassement. — A côté des grappes, on trouve toujours des éléments isolés ou réunis en petit nombre sous des formes variées, diplocoques, courtes chaînettes, tétrades, etc.
Mobilité. — Immobile.
Coloration. — Le Staphylocoque se colore facilement par les couleurs d’aniline. Il prend le Gram.
Cils. — Non cilié.
Spores. — Ne donne pas de spores.
Conditions générales. — Le développement a lieu entre + 100 et + 440. Température optima : 309 à 370.
Aérobie facultatif, le Staphylocoque cultive aussi bien en l'absence qu’en présence de l'air.
Il se développe facilement sur les milieux ordinaires.
À. Staphylococcus pyogenes aureus. — Gélatine. — Culture caractéristique. La gélatine est liquéfiée.
4° COLONIES ISOLÉES SUR PLAQUES. — Vers 18° à 20°, au deuxième ou
troisième jour, colonies arrondies, grisâtres, à centre jaune ; bords réguliers. Au quatrième ou cinquième jour, la colonie primitive s’est entourée d’un cercle de gélatine liquétiée, trouble, renfermant des flocons jaunes. La liquéfaction progresse dans la suite. Assez souvent les cultures dégagent une odeur aigrelette.
20 Ex PiqureEs (fig. 1438). — En vingt-quatre heures, culture d'aspect granuleux, jaunâtre. La liquéfaction débute du deuxième au troisième jour. Vers le sixième jour, aspect typique : sac de liquéfaction tronconique, avec dépôt jaune-orange au fond, liquide trouble au-dessus ; en surface, la liquéfaction atteint le bord du tube. Dans la suite, la liquéfaction progresse lentement; elle atteint rarement le fond du tube.
La rapidité avec laquelle se produit la liquéfaction est assez variable. Elle peut être retardée au quinzième ou vingtième jour.
39 EN STRIE. — En deux à trois jours, bande luisanté, jaune d'or, large de 3 à5 millimètres. Plus tard, le milieu se liquéfie.
Gélose (fig. 139). — En strie, enduit peu épais, d'apparenée grasse. La coloration jaune est souvent nette en deux jours, parfois plus tard.
Sérum coagulé. — Comme sur gélose.
Pomme de terre. — Couche épaisse, jaune, en deux à trois jours. La coloration jaune est généralement plus intense sur pomme de terre que sur les autres milieux.
Bouillon. — En vingt-quatre heures, trouble uniforme; les jours suivants, il se produit au fond un dépôt qui, d’abord blanc, devient jaunâtre dans la suite. Le liquide demeure trouble. La teinte jaune
+ af
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est d'ordinaire moins nette en bouillon que sur les milieux solides. Lait. — Coagulé.
Fig. 139% Staphylocoque
Fig. 138. — Cultures de Staphylocoque en piqüre sur (culture sur gélose).
gélatine : au cinquième jour (à gauche) etau douzième Jour (à droite).
B. Staphylococcus pyogenes citreus. — Les différentes cultures sont jaune clair (citron) ; tous les autres caractères sont les mêmes
que ci-dessus.
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C. Staphylococcus pyogenes albus. — Cette variété ne produit pas de pigment. Les cultures sur milieux solides sont d’un blanc franc, souvent porcelaine. La liquéfaction de la gélatine est parfois très tardive et peut même faire défaut.
Vitalité. — Le Staphylocoque présente une grande vitalité. Il reste vivant plusieurs mois, parfois même un an, sur milieux liquides, plus longtemps encore sur milieux solides.
En cultures, il faut, pour le tuer, un chauffage d’une heure à 720 (Rodet), de cinq minutes à 80° (Sternberg). Mais, dans les produits pathologiques, il peut supporter 1000.
L'action des antiseptiques est importante à connaître (désinfection chirurgicale). Le Staphylocoque est tué par le sublimé à 1 p. 1000 en quinze minutes (Viquerat); par l’'aldéhyde formique à 2 p. 1 000 en quinze minutes (Pottevin); par l’eau oxygénée à 1 p. 100 en quelques
minutes; par l’alcool à 60° en une minute.
Réactions biochimiques. — Le Staphylocoque fait fermenter la lactose, la glucose, en donnant des acides (acide lactique ; proportion variable d'acide isobutyrique, valérianique et propionique).
Il provoque la peptonisation du blanc d'œuf.
L'action biochimique la plus intéressante est le pouvoir chromogène.
Pouvoir chromogene. — Le Staphylocoque sécrète un pigment jaune. La matière colorante se produit facilement dans les cultures bien aérées. Elle n'apparaît pas dans les cultures faites dans le vide ou sous l'huile; pas davantage dans les cultures additionnées d’antipyrine. Elle est en général moins abondante dans les cultures entretenues depuis longtemps sur milieux artificiels.
On peut transformer un Staphyloc que doré en Staphylocoque blanc (Rodet et}. Courmont) et inversement (Netter).
Réactions vis-à-vis des sérums. — Agglutination. — [. Expérimentalement, le sérum d'animaux inoculés avec un Staphylocoque pyogène agglutine les Staphylocoques pyogènes, non les saprophytes (Kolle et Otto, Protscher).
Cultivé dans le sérum d'animaux immunisés, le Staphylocoque pousse en gros placards de microbes agglutinés (Bezançon).
IL. Chez l’homme, l’agglutination du Staphylocoque pathogène ne semble pas avoir été beaucoup étudiée. Au cours des infections
staphylococciques, le sérum peut être agglutinant (Silvestrini,