‹ Précis de bactériologie (volume 2)Chapitre 118 sur 164 · SRE OUR EE SL RS EE · texte numérisé non relu

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= MORPHOLOGIE

MORPHOLOGIE

Caractères microscopiques. — Dans les tissus et produits pathologiques, la forme type est un diplocoque lancéolé et capsulé (fig. 145 et 148). Chaque élément, de longueur 04,5 à À en moyenne, est allongé et présente une extrémité plus grosse (forme de grain d'orge, de flamme de bougie); les deux éléments s’accolent d'ordinaire par le bout effilé. Moins souvent, le coccus est isolé, ou bien

Ca

Fig. 145. — Pneumocoque avec capsules négalives (culture en sérum liquide de lapin).

au contraire il forme de courtes chaînettes de diplocoques lancéolés. Dans tous les cas, la capsule entoure l’ensemble de Ia formation, qu'il y ait un, deux éléments ou plus. ë

Dans les milieux de culture albumineux, même aspect capsulé et lancéolé ; la capsule est particulièrement nette en sérum liquide de lapin jeune (Bezançon et Griffon; fig. 146).

Dans les milieux non albumineuxr, la capsule disparaît ; les formes en chainettes et même en petits amas sont moins rares ; les éléments sont souvent moins allongés : dispositions peu caractéristiques.

Au point de vue morphologique, les divers types de Pneumo-

coque se ressemblent beaucoup. Toutefois le type [IL (Pneumococcus s 49:

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294 PNEUMOCOQUE.

mucosus, ancien Streptococcus mucosus) est ordinairement moins nettement lancéolé, et sa capsule est à la fois plus grande et plus facilement colorable.

Coloration. — Le Pneumecoque se colore facilement par les couleurs d’aniline. 1! prend le Gram. |

On colorera la capsule par les procédés décrits Chap. XV.

Mobilité. — Spores. — Immobile. Pas de spores. CULTURES.

Conditions générales. — La culture du Pneumocoque est

assez délicate. Il se développe le mieux à 37° (limites extrêmes : 240 et 42°), en présence de l’air ‘bien qu'étant anaérobie facultatif), en milieux légèrement alcalins. Les milieux d'usage courant donnent de moins bons résultat(s que certains milieux spéciaux.

Ï. Milieux d'usage courant. — Bouillon. — La culture est peu abondante : le milieu se trouble légèrement en vingt-quatre heures, puis s’éclaircit, en même temps que se forme un dépôt poussiéreux.

Bouillon glucosé à 8 p. 100. — Culture plus abondante (Turro).

Bouillon-ascite. — C2mme en bouillon glucosé.

Lait. — Généralement coagulé et acidifié.

Gélatine. — À 24° (gélatine à 15 p. 100), il se développe des colonies maigres, blanchâtres. Pas de liquéfaction.

Gélose. — La culture, peu abendante, est assez typique.

La plupart des échantiNons donnent en vingt-quatre heures des colonies pelites, transparentes, visibles surtout pag réflexion ; aspect de gouttes de rosée (Frænkel).

Les Pneumocoques du type IIT et certains échantillons du type Il donnent en vingt-quatre heures des colonies brillantes, translucides, d'aspect muqueux, larges comme une tête d’épingle. Ces colonies confluent facilement, en formant un enduit muqueux. Prélevées aü fil de platine, elles s’étirent en filaments.

Sérum coagulé. — Comme sur gélose.

Pomme de terre. — Pas de développement. Il. Milieux spéciaux. — Milieu de His. — Les Ne

attachent une grande importance à la réaction en milieu de His: on mélange { partie de sérum de bœuf à 2 parties d’eau distillée ; après avoir ajouté 1 p. 100 de solution de tournesol à 5 p. 100, on chauffe à 1000. On ajoute enfin 1 p. 100 d'inuline, et on stérilise par chauffage discontinu à 1009. On peut substituer à l'inuline la glucose

ou tout autre sucre.

Le Pneumocoque type fermente l’inuline en milieu de Hiss : le milieu rougit et se coagule ; mais il y a de nombreuses exceptions. Le Streptocoque type ne fermente pas.

Sérum liquide de lapin jeune.— Mosny a montré que le sérum de lapin constitue un bon milieu de culture; Bezançon et Griffon ont préconisé à juste titre le sérum liquide de lapin jeune, milieu d'autant plus favorable que l'animal est plus jeune.

Dans ce milieu, le Pneumoeoque pousse abondamment en le troublant uniformément ; il prend le dessus sur les autres microbes et revèt son aspect microscopique caractéristique (diplocoque lancéolé capsulé). C’est un excellent milieu de diagnostie.

On peut utiliser également le sérum de jeune cobaye.

Par contre, le sérum de lapin âgé est beaucoup moins favorable.

Gélose-sérum glucosée à 2,5 p. 100 (Buerger). — Colonies en cratère: centre déprimé et transparent, bords surélevés et laiteux (ring forme).

Milieux au sang. — Gilbert et Fournier ont reconnu que le sang défibriné est un bon milieu de culture et de conservation, où le Pneumocoque garde assez longtemps sa vitalité et sa virulence.

Sur sang défibriné coagulé (Gilbert et Fournier), la culture en strie donne au milieu une teinte d’abord verdâtre, puis jaunechamois.

Bezançon recommande comme milieu de conservation le sang de Lupin gélosé. Colenies grisâtres, faisant virer au jaune verdâtre la teinte primitivement brune du milieu; mêmes caractères sur le sang humain gélosé (Schottmüller).

Bouillon au blanc d’œuf alcalin. — En vingt-quatre heures, culture abondante, homogène.

Milieux de Truche, Cramer et Cotoni. — Les auteurs

recommandent plusieurs formules différentes, suivant le but cherché.

Milieu pour conserver la vitalité : préparer 4 grammes de peptone Chapotaut (mélange d'albumoses et de peptone), 08,50 de sel, Ogr,2 de glucose, sompléter d'eau jusqu'à 100; alcaliniser légèrement. C’est le milieu T. —- On peut solidifier en ajoutant de la gélose; ne pas filtrer la gélose. — Sur ces milieux, le Pneumocoque pousse abondamment.

Milieu pour les premières cultures (au sortir de l'organisme) : ajouter au milieu T un tiers d’ascite.

Milieu pour conserver la virulence: cultiver d’abord dans le milieu F; à la culture développée, ajouter deux tiers de gélatine à 15 p. 100, préparée avec de l’eau physiologique et alcalinisée ; conserver à la glacière, "

296 PNEUMOCOQUE.

Vitalité. — Le Pneumocoque résiste peu à l’action de la chaleur; un chauffage de dix minutes à 56°, ou de quelques secondes à 10e, suffit à-le tuer. Il supporte, par contre, une congélation de quarantehuit heures (Mosny).

IL est très sensible aux solutions antiseptiques usuelles.

Dans les produits organiques 'crachats) desséchés, le Pneumocoque, enrobé d’albumine, vit quelque temps, en moyenne trente-cinq jours (Wood), parfois cent quarante jours (Spolverini). Il est également vraisemblable qu’il se conserve longtemps dans les poussières.

Dans les cultures, la vitalité est en connexion étroite avec les conditions de milieu.

Le Pneumocoque périt'très vite, en quelques jours, en culture sur les milieux usuels ; mais sa vitalité est beaucoup plus longue sur certains milieux spéciaux, signalés plus haut. Bezançon et Griffon l'ont trouvé vivant après un an, sur sang gélosé; ils estiment que, dans les milieux albumineux, la vitalité est en raison inverse de l'intensité du développement. Cotoni et Truche, sur leur milieu spécial, ont conservé le Pneumocoque vivant à l’étuve pendant un an, à la glacière pendant deux ans. Carnot et Fournier l'ont gardé vivant pendant sept mois en cultivant sur un liltrat de pulpe cérébrale. La prétendue fragilité du Pneumocoque est donc une légende, née d’une technique insuffisante.

Parmi les causes de déchéance du Pneumocoque dans les cultures, deux ont été discernées: l'air d’une part, l'acidité d’autre part lui sont funestes. Aussi le conserve-t-on plus facilement en pipettes closes, à l'abri de l'air: et il demeure vivant plusieurs mois dans les milieux ordinaires additionnés de carbonate de chaux, ce dernier saturant les acides formés (Würtz et Mosny).

Réactions biochimiques. — Action dissolvante de la bile (Phénomène de Neufeld). — Neufeld a constaté que la bile dissout le Pneumocoque : en versant Ccæ,1 ou Oc,2 de bile de lapin dans 2 centimètres cubes de culture de vingt-quatre heures en bouillon, le milieu s’éclaircit en trois à vingt minutes ; les microbes sont complètement dissous. On peut substituer à la bile des sels biliaires: le « choléate de soude » de Merck (Nicolle et Adil-Bey), qui agit à la dose de { p. 1 000, en présence de sulfate de magnésie : ‘ou bien le taurocholate de soude à 5 p. 100 (R. Lévy). La présence d'ascite ou des sucres fermentescibles gêne la réaction.

D'après Cotoni, seuls les Pneumocoques virulents sont solubles dans la bile; les Pneumocoques avirulents au contraire sont insolubles. Cette propriété est donc inconstante. :

Fermentation des sucres. — Le Pneumocoque, cultivé en mi-

CLASSIFICATION DES PNEUMOCOQUES. 297

lieu de His, fermente la glucose, la lactose, la saccharose. Nous avons vu que la fermentation de l'inuline est considérée par His comme un caractère constant de grande valeur différentielle (le Streptocoque type ne fermentant pas l’inuline), mais cette constance est très discutée (Berry, Buerger).

Parmi les produits de fermenfation, Würtz et Mosny ont trouvé de l'acide formique.

Action du sel. — Le Pneumocoque végète mal dans les milieux renfermant plus de 8 p. 1 000 de chlorure de sodium (Gilbert et Carnot).

Réaction à l’égard des sérums. — Agglutination. — Bezançoa et Griffon (1897) ont montré les propriétés agglutinantes du sérum chez l'homme infecté ou chez l'animal inoculé.

I faut recourir au procédé des cultures (Chap. IV). Le sang est recueilli asepliquement : chez l'homme, par ponction de veine ; on récoltele sérum, bien clair; on ensemence le Pneumocoque d’une part dans ce sérum, d'autre part dans un sérum humain normal. Alors que le Pneumocoque conserve son aspect type dans ce dernier milieu, il se modifie dans le sérum agglutinant: l'examen microscopique, après vingt-quatre heures à 57°, montre des amas ou bien des chaînettes enchevétrées, avec très peu

- de diplocoques. D’après Neufeld, les sérums forts donnent des cultures

en amas; les sérums moins actifs donnent des cultures en chaînettes.

Le pouvoir agglutinant du sérum apparaît au cours des diverses infections à Pneumocoques (Voy. plus loin) ; dans la pneumonie franche, il est bien marqué vers le sixième ou septième jour et diminue après guérison, pour disparaître après quelques semaines.

Les applications pratiques du séro-diagnostic sont limitées.

Expérimentalement, par inoculation aux animaux, on peut obtenir des sérums agglutinants spécifiques. Cette étude, devenue très importante, sera reprise plus loin (Voy. Classification). -

Autres anticorps. —-- Il existe une précipitine dans le sérum des pneumoniques (Wadsworth) et dans le sérum des animaux immunisés (Neufeld).

Les mêmes sérums, humaïn (Rümer) ou animal, renferment une sensibilisatrice.

CLASSIFIGATION DES PNEUMOCOQUES.

Quelques caractères morphologiques et culturaux, déjà signalés, permettent de soupçonner — non d'affirmer — qu'on se trouve en présence du Pneumococcus mucosus (type I).

Mais ces moyens de différenciation n'ont pas grande valeur. La classification des Pneumocoques est actuellement basée sur l’action des sérums spécifiques.

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298 PNEUMOCOQUE.

Les classifications proposées ont pris pour base les réactions d’agglutination ou de précipitation.

[. Classification des auteurs américains (Dochez et Gillepsie, etc.). — A. Dochez et Gillepsie, Avery, etc., reconnaissent quatre types: I, Il, ILE et IV (le type EL est Pneu mucosUs).

Type I. — Les sérums agglutinants spécifiques sont obtenus par inoculalion à l’animal des germes du type I.

De tels sérums spécifiques agglutinent, à un taux déterminé, les Pneumocoques du type I ; ils n'exercent au contraire aucune action sur les Pneumocoques des trois autres types.

Inversement, les Pneumocoques du:type 1 ne sont pas agglutinés : par les sérums spécifiques pour d’autres types.

Type 11. — Il existe dans ce groupe :

1° Des échantillons typiques, constituant le « type Il » proprement dit, sans épithète ;

2° Des échantillons atypiques, constituant des groupements « atypiques », dénommés sous-groupes Ils, Ilb, IIx.

Vis-à-vis d'un sérum spécilique préparé par inoculation de Pneumocoques groupe II typiques:

. Les échantillons Il typiques sont agglutinés normalement, c'est-àdire jusqu'aux environs de la limite d’action du sérum ;

Les échantillons Il atypiques, sans échapper à l’action du sérum, se montrent toutefois beaucoup moins sensibles que les précédents. Leur taux d’agglutination limite se montre moins élevé ; et pour une même dilution de sérum, les échantillons atypiques sont moins rapidement agglutinés.

Ni les échantillons typiques, ni les échantillons atypiques ne sont agglutinés par les sérums spécifiques pour les autres types, L'etlil:

Type IIT.— Mutatis mutandis, mêmes caractères que pour le type Î: les sérums IL sont a:tifs exclusivement sur les germes du type Hi; les germes de ce type ne sont pas agglutinés par les sérums d’autres types.

Notons que les sérums agglutinants II sont généralement moins actifs que les sérums | ou If.

Type IV. — N'a pas d'existence propre. C’est un gr open négalif, où sont rangés les échantillons non agglutinés par l’un ou l’autre des trois sérums précédents.

Technique de l'agglutination. — A titre d'exemple, nous reproduisons ci-dessous la technique de Blake, applicable soit aux cultures, soil aux exsudats péritonéaux pneumococciques de la souris, dont nous parlerons à propos du « Diagnostic de l'infection ».

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