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MOBILITÉ

Un certain nombre de microbes sont mobiles : c’est un caractère qui avait frappé les premiers observateurs. D’autres, au contraire, sont complètement immobiles.

Les mouvements qu'ils présentent sont ‘bien différents du mouvement brownien el des mouvements dus aux courants de la masse liquide dans laquelle ils sont plongés. Ils sont de plusieurs sortes :

Ils peuvent être extrêmement rapides, à tel point que le microbe traverse comme une flèche le champ de la préparation. En d’autres cas, le mouvement est lent et consiste à la fois en un mouvement d’oscillation et de translation. Parfois il s’agit d’une simple reptation, ou bien encore d'un mouvement de vrille, fréquemment observé chez les Spirochètes.

Le degré de mobilité des bactéries est conditionné par divers facteurs, parmi lesquels on compte tout d’abord la fluidité du liquide : moins le liquide est dense, plus les mouvements sont vifs.

Pour certaines bactéries, l'influence de l'oxygène est indéniable.

IL est facile de s’en rendre compte dans une goutte de culture liquide placée entre lame et lamelle. Il arrive un moment où, au centre de la préparation, les mouvements cessent, alors qu’à la périphérie,-où les germes puisent de l'oxygène, ils sont encore actifs. Il en est de même de la lumière et de la chaleur.

Les mouvements que présentent certains germes sont tels qu'ils leur permettent de traverser une couche de sable, voire même un filtre de porcelaine. Cette propriété a été utilisée par Cambier (filtre Chamberland), puis Carnot et Garnier (tube contenant un quartz très fin) pour séparer les microbes mobiles de ceux qui ne le sont pas, et pour déterminer le degré de mobilité des premiers.

On a pensé que les mouvements des bactéries étaient en corrélation directe avec la présence de cils vibratiles s’insérant à leur surface; chez les germes dépourvus de ces organes on admet que les mouvements peuvent être déterminés par la contractililé du protoplasma microbien.

Les cils vibratiles ne sont pas visibles à l'état frais; on ne peut les mettre en évidence que par certains procédés spéciaux de coloration (Voy. plus loin). Certaines bactéries, comme le Vibrion cholérique, ne possèdent qu'un cil, placé à l’une des extrémités. Les Spirochètes en présentent soit un seul à chaque extrémité, soit plusieurs disposés en bouquet. Les bâtonnets mobiles en sont habituellement pourvus d'un grand nombre, s’insérant sur toute l'étendue du corps bactérien (Bacille typhique, Colibacille, Bacille du tétanos, etc.).

On discute encore sur la nature des cils vibratiles. Les uns admettent qu'ils sont une émanalion de la masse protoplasmique des microbes, voire même de la couche périphérique, dépourvue de granulations et très difficile à colorer, comme les cils eux-mêmes.

D'après Van Tieghem, les ciis vibratiles dépendent de la membrane d'enveloppe : c’est aussi l'opinion de Bütschli, qui, par pression, fait éclater la membrane du Bacterium lineola; alors que le contenu du microbe sort tout entier par l’orifice de rupture, le cil que cette bactérie possède persiste avec la membrane d'enveloppe.

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